mardi 27 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2213683 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | BASSALER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 juin 2022, et un mémoire enregistré le 5 septembre 2022 M. C A, représenté par Me Bassaler, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 mars 2022 par lequel le préfet de police lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions et mêmes délais ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient :
Sur le refus de titre de séjour :
- que la décision est entachée d'incompétence ;
- que le préfet a méconnu sa propre compétence ;
- que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 6 de l'accord franco-algérien ; qu'elle méconnaît ces dispositions ;
- qu'elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- que la décision est entachée d'incompétence ;
- qu'elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- qu'elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 août 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens sont infondés.
L'OFII a produit une lettre le 30 août 2022.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 1er septembre 1973, est entré en France le 5 octobre 2012 sous couvert d'un visa valable jusqu'au 27 janvier 2013. Le 4 octobre 2021, M. A a demandé son admission au séjour sur le fondement du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Le préfet de police, par l'arrêté attaqué, a refusé de délivrer le titre de séjour sollicité par M. A, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
2. Par un arrêté n° 2021-00991 du 27 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation à la cheffe du 9ème bureau, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'elle a signé la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.
Sur le refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué ni des pièces du dossier que le préfet de police se serait cru en situation de compétence liée au vu de l'avis du collège de médecins de l'office du 17 janvier 2022. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : " () au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ".
5. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration allant dans le sens de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
6. La décision par laquelle le préfet de police a rejeté la demande de certificat de résidence présentée par le requérant a été prise en tenant compte de l'avis du 17 janvier 2022 par lequel le collège des médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que si l'état de santé de M. A nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de celle-ci ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine. Il ressort des pièces du dossier et des certificats médicaux que M. A est atteint de pathologies orthopédiques ayant nécessité plusieurs interventions chirurgicales, la pose et la reprise de prothèses, qui appellent, selon les termes du certificat établi par le praticien hospitalier le 28 août 2018, un suivi " de manière régulière, à un rythme annuel en raison du risque de récidive infectieuse ". Le requérant produit également un certificat médical, daté du 6 juillet 2021, faisant état d'une atteinte au nerf acétabulaire, avec examens demandés en vue d'une chirurgie transfert palliatif tendineux et un certificat médical du 10 mai 2022 indiquant qu'une chirurgie de transfert tendineux est à prévoir dans les mois à venir. Si l'intéressé a effectué un bilan neurologique en mai 2022, sans que soient précisées les conclusions de cette consultation, cette circonstance est postérieure à la décision attaquée. Toutefois, les pièces précitées ne sont pas de nature à remettre en cause les appréciations du collège des médecins de l'Office et du préfet de police quant à l'absence de conséquence d'une exceptionnelle gravité en cas de défaut de prise en charge médicale de la maladie dont s'est atteint l'intéressé. Enfin, si M. A fait valoir le caractère lacunaire du rapport médical sur lequel s'est basé le collège de médecins de l'OFII, le rapport médical comporte les mentions requises par l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, ce rapport n'avait pas à justifier le choix du médecin de ne pas procéder à des examens complémentaires eu égard à l'état de santé du requérant. Par suite, sans que M. A puisse utilement se prévaloir de l'impossibilité dans laquelle il serait de bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Algérie, le préfet de police n'a pas entaché l'arrêté attaqué d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations citées de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien visé ci-dessus en refusant à M. A un certificat de résidence algérienne d'un an en qualité d'étranger malade.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a vécu au moins jusqu'à l'âge de 39 ans en Algérie, qu'il est célibataire et sans charge de famille en France, où il ne justifie pas d'une intégration particulière ou d'activité professionnelle et où il est hébergé grâce à l'association Emmaüs. Dans ces conditions, et en dépit de la durée de sa présence en France, le préfet de police, en refusant de lui délivrer un titre de séjour n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale au regard des buts poursuivis par ces deux décisions. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est par conséquent infondé.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision de refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. A ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
10. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, l'obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme portant une atteinte excessive au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou être entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris et par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Hermann-Jager, présidente,
Mme Beugelmans-Lagane, première conseillère,
Mme Renvoise, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.
La rapporteure,
T. B
La présidente
V. HERMANN JAGER
La greffière,
S. DICK
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2213683
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026