vendredi 9 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2213995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juin 2022, M. A B, représenté par Me Carbonetto, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 juin 2022 du préfet de police en tant qu'il l'a obligé à quitter le territoire français.
M. B soutient que :
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation,
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet de police a retenu que son comportement représenterait une menace pour l'ordre public alors qu'il n'a été ni condamné ni poursuivi pénalement,
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de la menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société que représenterait sa présence en France, ainsi que de l'existence d'un abus de droit ou de son intention de bénéficier du système d'assistance sociale français ;
- elle méconnait les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2022, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant roumain né le 29 janvier 1996, demande l'annulation de l'arrêté pris à son encontre le 26 juin 2022 par le préfet de police en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français.
2. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, au regard notamment de la motivation de l'arrêté attaqué, que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de prendre à son encontre la décision d'éloignement litigieuse.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / () / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ". D'autre part, aux termes de son article L. 233-1 : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : /1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / () ".
4. Lorsqu'elle entend prendre une mesure d'éloignement sur le fondement du 2° des dispositions précitées de l'article L. 251-1, il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
5. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant, qui s'est seulement prévalu de sa qualité de maçon sans en apporter le moindre commencement de preuve, exercerait une activité professionnelle en France. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier qu'il disposerait de ressources suffisantes pour ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale français.
6. En outre, M. B a été interpellé par les forces de l'ordre le 24 juin 2022 pour des faits de vol en réunion. Il ressort des pièces du dossier qu'accompagné de sa cousine, il a dérobé une pochette à une touriste dans un grand magasin. Il ressort également des pièces du dossier qu'il était déjà connu des forces de l'ordre pour des faits de vol en réunion commis à Paris le 4 février 2015. Il a lui-même reconnu sur procès-verbal n'être en France que depuis environ 5 à 6 mois à la date de la décision attaquée. Ainsi qu'il a été dit, il ne démontre pas être intégré socialement ou professionnellement en France. Par suite, en application des dispositions précitées, le préfet était fondé à considérer que le comportement de M. B constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française du point de vue de l'ordre public. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les dispositions précitées des articles L. 233-1 et
L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prenant à l'encontre du requérant une décision l'obligeant à quitter le territoire français.
7. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que le préfet de police n'a pas commis d'erreur de droit en tenant compte des faits pour lesquels M. B avait été interpellé le 24 juin 2022 quand bien même ils n'auraient pas donné lieu à condamnation ou même à poursuites pénales.
8. En quatrième lieu, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est dépourvu de toute précision et doit, dès lors, être écarté. Il est au surplus inopérant à l'encontre d'une décision d'éloignement, laquelle ne fixe pas le pays de destination.
9. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Ainsi qu'il a été dit au point 6, la présence en France du requérant était extrêmement récente à la date de la décision attaquée et il n'a pas démontré être intégré sur le territoire national ou y avoir tissé des liens privés d'une particulière intensité. S'il déclare être en concubinage et avoir deux enfants, il ne l'établit même pas et il ne démontre a fortiori pas que les membres éventuels de sa famille résideraient régulièrement en France ou n'auraient pas vocation à l'accompagner en cas de retour dans son pays d'origine. Enfin, il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales en Roumanie. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 25 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Marino, président,
M. Le Broussois, premier conseiller,
M. Thulard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2022.
Le rapporteur,
V. C
Le président,
Y. Marino
Le greffier
A. Lemieux
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026