vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2213999 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2022, M. A C, représenté par Me Collas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 mars 2022 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait susceptible d'être éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dans un délai de 7 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 15 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'il renonce à percevoir la contribution de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
M. C soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- est entachée d'un vice de procédure tenant au défaut de saisine de la commission du titre de séjour ;
- méconnaît les stipulations de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre qu'elle assortit ;
La décision fixant le pays de destination :
- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire.
Par un mémoire en défense, enregistré les 20 juillet 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Collas, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant algérien né le 5 janvier 1978, a sollicité le 30 juillet 2021 la délivrance d'un certificat de résidence algérien sur le fondement des stipulations de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien modifié. Par un arrêté du 18 mars 2022, le préfet de police lui a refusé la délivrance de ce titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de ces décisions.
Sur le refus d'admission au séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme E D, adjointe à la cheffe du pôle AES, qui disposait d'une délégation de signature à cet effet consentie par un arrêté en date du 27 septembre 2021 du préfet de police, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour. Par conséquent, le moyen tiré de ce que cet arrêté aurait été signé par une autorité incompétente manque en fait.
3. En deuxième lieu, la décision contestée, qui vise notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article L. 611-1-3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 6-1 de l'accord franco-algérien, mentionne également les éléments de la situation personnelle et familiale de M. C. Elle est ainsi suffisamment motivée en droit et en fait. Par ailleurs, il ne ressort ni de cette motivation, ni des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas procéder à un examen de la situation personnelle du requérant.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : 1. Au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant ". M. C soutient qu'il réside habituellement sur le territoire depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté attaqué. Toutefois, le requérant se borne à produire des documents médicaux et attestations de domiciliation qui ne sont pas suffisamment probants et variés pour justifier de sa présence habituelle en France depuis plus de dix ans. Il suit de là que la condition de résidence en France depuis plus de dix ans n'étant pas remplie, le préfet de police n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour. Le moyen tiré du vice de procédure doit donc être écarté. Pour les mêmes raisons, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police aurait entaché d'une erreur de droit en ne lui délivrant pas un certificat de résidence sur le fondement de l'article 6-1 de l'accord précité.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. M. C invoque à l'appui du moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées ses attaches en France, où il soutient résider depuis plus de dix- neuf ans. Ainsi qu'il a été indiqué au point 4, il n'établit le caractère continu de son séjour en France. En outre, il ne produit aucun élément de nature à démontrer qu'il a noué en France des liens personnels. Enfin, il est constant qu'il est célibataire, sans charge de famille en France et ne justifie pas être démuni d'attaches familiales dans son pays d'origine. Ainsi, la décision par laquelle le préfet de police a refusé à M. C son admission au séjour ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de ce dernier au respect de sa vie privée et familiale.
Sur la décision d'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 2, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
8. En second lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant refus d'admission au séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. C ne peut se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Sur la décision fixant le pays de destination :
9. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision de refus d'admission au séjour et celle portant obligation de quitter le territoire ne sont pas entachées d'illégalité. Par suite, M. C ne saurait se prévaloir par voie d'exception, de l'illégalité de ces décisions, pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du préfet de police du 18 mars 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Marino, président,
M. Le Broussois, premier conseiller,
M. Thulard, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
Le président rapporteur,
Y. B
L'assesseur le plus ancien,
N. Le Broussois
Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2213999/6-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026