lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2214161 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET ANGLADE & PAFUNDI A.A.R.P.I |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juillet 2022, M. C D B, représenté par Me Pafundi, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile et de lui remettre une attestation de demande d'asile en procédure normale ainsi que le dossier dit A de demande d'asile, dans un délai de vingt-quatre heures suivant la notification du présent jugement, sous astreinte de 300 euros par jour de retard passé ce délai ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de le rétablir dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de vingt-quatre heures suivant la notification du présent jugement, sous astreinte de 300 euros par jour de retard passé ce délai ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite ; le refus d'enregistrement en procédure normale de sa demande d'asile a pour effet de le placer en situation irrégulière et que peut ainsi être mise en œuvre à tout moment une mesure d'éloignement ; la décision de transfert vers l'Italie peut être exécutée à tout moment alors même que les autorités italiennes n'ont eu aucune information quant au prolongement du délai de transfert ;
- l'absence d'enregistrement en procédure normale de sa demande d'asile et la décision de transfert vers l'Italie porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 juillet 2022, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La juge des référés a été désignée par le président du tribunal pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 juillet 2022 :
- le rapport de Mme Aubert, juge des référés,
- les observations de Me Kalifa, substituant Me Pafundi pour M. B.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence à statuer, il y a lieu de prononcer, en application de cet article, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
2. M. B, né le 18 septembre 1994 et de nationalité malienne, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile et de lui remettre une attestation de demande d'asile en procédure normale et au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de le rétablir dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
4. En premier lieu, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire. Enfin, à la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les 48 heures.
5. Le refus d'enregistrement d'une demande d'asile en procédure normale, révélé en l'espèce par la convocation de M. B, le 6 juillet 2022, en vue de l'exécution de la décision de transfert aux autorités italiennes prise par le préfet de police le 24 novembre 2021, dans un très bref délai atteste, au regard de ses effets sur la situation personnelle et administrative du requérant, d'une situation d'urgence au regard des dispositions de l'article L.521-2 du code de justice administrative.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 29 du règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Le transfert du demandeur ou d'une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), de l'État membre requérant vers l'État membre responsable s'effectue conformément au droit national de l'État membre requérant, après concertation entre les États membres concernés, dès qu'il est matériellement possible et, au plus tard, dans un délai de six mois à compter de l'acceptation par un autre État membre de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée ou de la décision définitive sur le recours ou la révision lorsque l'effet suspensif est accordé conformément à l'article 27, paragraphe 3. /()/. Si le transfert n'est pas exécuté dans le délai de six mois, l'État membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'État membre requérant. Ce délai peut être porté à un an au maximum s'il n'a pas pu être procédé au transfert en raison d'un emprisonnement de la personne concernée ou à dix-huit mois au maximum si la personne concernée prend la fuite. "
7. Il ressort des pièces jointes à la requête que l'absence de présentation de M. B à sa première convocation à la préfecture de police le 16 décembre 2021 est justifiée par le fait qu'il s'est présenté au service des urgences de l'hôpital Hôtel-Dieu à Paris où il a été pris en charge au titre de troubles anxieux importants. Il en ressort également que l'association Aurore a justifié le jour même de son absence de présentation et M. B soutient, sans être contredit, s'être présenté à l'ensemble des convocations ultérieures et en justifie de manière suffisante par les pièces qu'il produit. Il suit de là que le risque de fuite susceptible de justifier la prolongation du délai de son transfert vers l'Italie afin d'y déposer sa demande d'asile, en application de l'article 29 précité, n'est pas caractérisé. Dès lors, le délai de transfert de M. B vers l'Italie n'ayant pas été valablement prolongé, sa demande d'asile relève de la compétence de la France. En conséquence, le refus d'enregistrer sa demande d'asile en France, révélée par sa convocation le 6 juillet 2022 en vue de l'exécution de la décision de transfert, constitue une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de demander le statut de réfugié et dès lors au droit d'asile dont il se prévaut.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'enregistrement de la demande d'asile de M. B, de lui remettre une attestation de demande d'asile en procédure normale ainsi que le dossier dit A de demande d'asile, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, et d'interrompre toute procédure de transfert vers l'Italie à son égard. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
9. En revanche, il n'est ni soutenu ni établi que M. B remplit l'ensemble des conditions requises pour bénéficier des conditions matérielles d'accueil Par suite, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'OFII de rétablir ses conditions matérielles d'accueil doivent être rejetées.
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, si M. B est admis à titre définitif au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil, Me Pafundi, la somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve pour Me Pafundi de renoncer à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Dans l'hypothèse où M. B ne serait pas admis à titre définitif au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à son profit de la somme de 800 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de procéder à l'enregistrement de la demande d'asile de M. B, de lui remettre une attestation de demande d'asile en procédure normale ainsi que le dossier dit A de demande d'asile dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance et de d'interrompre toute procédure de transfert vers l'Italie.
Article 3 : l'Etat versera à Me Pafundi, conseil de M. B, la somme de 800 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat. Dans l'hypothèse où M. B ne serait pas admis à titre définitif au bénéfice de m'aide juridictionnelle, l'Etat lui versera la somme de 800 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D B, à Me Pafundi et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Paris, le 4 juillet 202La juge des référés,
S. AUBERT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance./9
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026