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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2215249

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2215249

mercredi 23 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2215249
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1re Section - 3e Chambre
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 juillet 2022, 28 juillet 2022 et 29 septembre 2022, M. B C, représenté par Me Menage, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti son refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour dans le cadre des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de la munir, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est susceptible d'être entachée d'un vice de procédure si l'avis émis par les médecins du collège de l'office français de l'immigration et de l'intégration qu'il appartient au préfet de produire ne satisfaisait pas à toutes les exigences légales et règlementaires requises ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle résulte d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 septembre 2022, le préfet de police représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les observations de Me Bert Lazili, substituant Me Menage, représentant le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant marocain, né le 26 décembre 1981, entré en France le 24 mai 2016, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour dans le cadre des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti son refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, énonce avec suffisamment de précision les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est par conséquent, suffisamment motivé. De plus, il ressort des pièces du dossier que la décision fixant le pays de renvoi résulte d'un examen circonstancié de la situation de l'intéressé. Ces moyens doivent être écartés.

3. En deuxième lieu, l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a été produit dans le cadre de la présente instance et communiqué au requérant et il ressort des pièces du dossier que cet avis a été émis dans le respect des dispositions des articles R. 425-11, R. 425-12 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment dans le respect de la règle selon laquelle le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Ce moyen doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C, qui a levé le secret médical dans la présente instance, souffre de troubles de type schizophrénique, d'une lésion de l'artère pulmonaire opérée et d'une hernie discale causant une névralgie cervico-brachiale. Pour refuser lui délivrer un titre de séjour pour soins, le préfet de police s'est fondé sur l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration qui a estimé que si l'état de santé de M. C nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé au Maroc, bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Aucune pièce du dossier, en particulier les certificats médicaux produits par le requérant ne permettent d'infirmer l'appréciation du préfet qui justifie que les médicaments prescrits en France à M. C, en particulier le Valium et le Laroxyl, ou des molécules similaires s'agissant des antidépresseurs, antihistaminiques et neuroleptiques, sont répertoriés dans la liste nationale des médicaments essentiels au Maroc. Ainsi, c'est par une exacte application des dispositions précitées que le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour pour soins.

5. En quatrième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. M. C ne saurait utilement se prévaloir des stipulations précitées à l'appui de ses 6en annulation du refus de titre de séjour dès lors que sa demande de titre a été formée dans le seul cadre de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De plus et en ce qui concerne la mesure d'éloignement dont est assortie ce refus, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, qui ne justifie pas d'une vie privée et familiale notable en France alors même qu'il soutient y résider depuis 2016, est célibataire et sans enfant à charge sur le territoire français et qu'il n'est pas démuni d'attaches dans son pays d'origine où réside sa mère et où il a vécu jusqu'à ses 35 ans. Il n'est dès lors pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît les stipulations précitées.

7. Enfin, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Sa requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au le Préfet de police.

Délibéré après l'audience du 19 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Perfettini, présidente,

Mme Merino, première conseillère,

M. Guiader, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2022.

La rapporteure,

M. A

La présidente,

D. PERFETTINI

La greffière,

S. CAILLIEU-HELAIEM

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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