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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2215529

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2215529

mardi 20 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2215529
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2e Section - 1re Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantCHAIB HIDOUCI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistré le 20 juillet 2022, M. C B, représenté par Me Sihem Chaib Hidouci, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2022 par laquelle préfet de police de Paris a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; subsidiairement de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de Me Sihem Chaib Hidouci sous réserve de sa renonciation au versement de la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, de l'article L.721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 août 2022, le préfet de police, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés;

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique tenue le 16 septembre 2022 en présence de Mme Canaud, greffière d'audience, le rapport de Mme A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant afghan, né le 1er mai 1993 à Baghlan, est entré sur le territoire le 27 septembre 2020 selon ses déclarations. Le 9 octobre 2020, il a déposé une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qui l'a rejetée par une décision en date du 16 décembre 2021. Par un arrêté du 1er juillet 2022, le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jour et a fixé le pays de destination. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique :" Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions l'admission provisoire du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". L'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 stipule que : " 1. Aucun des Etats Contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. / 2. Le bénéfice de la présente disposition ne pourra toutefois être invoqué par un réfugié qu'il y aura des raisons sérieuses de considérer comme un danger pour la sécurité du pays où il se trouve ou qui, ayant été l'objet d'une condamnation définitive pour un crime ou délit particulièrement grave, constitue une menace pour la communauté dudit pays. ".

5. M. B conteste la décision du préfet de police en tant qu'elle prévoit son réacheminement vers son pays de nationalité, au motif qu'il y serait exposé à des traitements inhumains ou dégradants ou à des risques de nature à porter atteinte à sa vie. Toutefois, en produisant son seul récit présenté à l'office français de protection des réfugiés et des apatrides et faisant état que de considérations générales sur la situation en Afghanistan, il n'établit pas qu'il encourrait des risques en cas de retour dans ce pays, d'autant que sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA par une décision en date du 16 décembre 2021 devenue définitive dès lors qu'il ne l'a pas contestée devant la cour nationale du droit d'asile. Dans ces conditions, le préfet de police a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation sur la situation personnelle de M. B et sans méconnaître l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et l'article 33 de la convention de Genève, qui contient le principe de non-refoulement, décider que l'intéressé serait réacheminé vers l'Afghanistan ou tout pays dans lequel il serait légalement admissible.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er: M. C B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2: Le surplus des conclusions de la a requête de M. C B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Sihem Chaib Hidouci et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.

La magistrate désignée,

J. EVGENASLa greffière,

I. CANAUD

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2215529

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