LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2215823

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2215823

jeudi 28 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2215823
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantFALALA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2022, les associations Médecins du monde et Utopia 56, représentées par Me Djemaoun, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) à titre principal, d'ordonner au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris et au préfet chargé du comité de suivi de la politique d'accueil des déplacés d'Ukraine (ministère de l'intérieur et des outre-mer), d'ouvrir l'ensemble des dispositifs d'urgence dédiés aux personnes fuyant le conflit en Ukraine, notamment le centre d'accueil dédié aux déplacés ukrainiens du Parc des expositions de la porte de Versailles, le tout dans le délai de 24h à compter de l'ordonnance à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) à titre subsidiaire, d'ordonner au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris et au préfet chargé du comité de suivi de la politique d'accueil des déplacés d'Ukraine de procéder à l'identification des situations de vulnérabilité présentes dans les campements et de leur ouvrir une solution d'hébergement d'urgence au sein des dispositifs d'urgence dédié aux ukrainiens notamment du centre d'accueil du parc des expositions de la porte de Versailles ;

3°) de mettre à la charge du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris et du préfet chargé du comité de suivi de la politique d'accueil des déplacés d'Ukraine une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- elles ont intérêt à agir ;

- la condition d'urgence est remplie, plusieurs centaines de personnes étant sans solution d'hébergement ;

- la carence de l'Etat porte une atteinte grave et manifestement illégale à l'intérêt supérieur de l'enfant ;

- elle porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile combiné au droit à la vie privée et familiale, au principe de dignité de la personne humaine et au principe de non-discrimination ;

- elle porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 4 de la charte des droits fondamentaux des droits de l'Union européenne.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2022, le préfet de la région Ile-de-France, représenté par Me Falala, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Heeralall, greffière d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Djemaoun, représentant des associations Médecins du monde et Utopia 56 ;

- les observations de Me Gorse, représentant le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de cet article, le juge administratif des référés, saisi d'une demande en ce sens justifiée par une urgence particulière, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. Ces dispositions législatives confèrent au juge des référés le pouvoir de prendre, dans les délais les plus brefs et au regard de critères d'évidence, les mesures de sauvegarde nécessaires à la protection des libertés fondamentales.

2. Les associations Médecins du monde et Utopia 56 ont respectivement pour objet le soin des populations les plus vulnérables et l'aide aux personnes migrantes, réfugiées, exilées et ou en détresse. L'invasion des forces armées russes en Ukraine et le flux de population qui en a résulté ont donné lieu à la mise en place d'un dispositif d'hébergement spécial pour les déplacés ukrainiens. Par la présente requête, les associations requérantes demandent au tribunal d'ordonner à l'Etat d'ouvrir les centres d'hébergement créés pour l'accueil des déplacés ukrainiens, notamment le centre d'accueil du parc des expositions de la porte de Versailles, à l'accueil des autres personnes migrantes, et a minima des personnes vulnérables parmi elles.

Sur l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :

3. En l'absence de texte particulier, il appartient en tout état de cause aux autorités titulaires du pouvoir de police générale, garantes du respect du principe constitutionnel de sauvegarde de la dignité humaine, de veiller, notamment, à ce que le droit de toute personne à ne pas être soumise à des traitements inhumains ou dégradants soit garanti. Lorsque la carence des autorités publiques expose des personnes à être soumises, de manière caractérisée, à un traitement inhumain ou dégradant, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, et que la situation permet de prendre utilement des mesures de sauvegarde dans un délai de quarante-huit heures, le juge des référés peut, au titre de la procédure particulière prévue par l'article L. 521-2 précité, prescrire toutes les mesures de nature à faire cesser la situation résultant de cette carence.

4. D'une part, il résulte de l'instruction que, conformément à la décision du conseil de l'Union européenne du 4 mars 2022 instaurant une protection temporaire aux personnes déplacées qui ont dû quitter l'Ukraine et de deux circulaires ministérielles en découlant, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris a mis en place un dispositif d'hébergement spécial pour la prise en charge des déplacés ukrainiens soit dans un " hébergement Sas " ou dans un " hébergement d'urgence ad hoc ". Ce dispositif est spécifique de manière à ne pas saturer les dispositifs de droit commun de l'hébergement d'urgence. Il en résulte qu'en réservant exclusivement ces dispositifs d'hébergement, et notamment le centre d'accueil et d'hébergement transitoire situé porte de Versailles, aux déplacés ukrainiens, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, ne peut être regardé comme manquant à ses obligations à l'égard des autres populations susceptibles de bénéficier d'un hébergement d'urgence. Dès lors, et pour regrettable que soit la circonstance que des places soient régulièrement vacantes dans les dispositifs en litige alors que quotidiennement, les associations requérantes recensent de nombreuses personnes dont des femmes et des enfants et des personnes en situation de handicap sans solution d'hébergement, les moyens tirés d'une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales et au principe de non-discrimination ne peuvent qu'être écartés.

5. D'autre part, les requérantes, qui se bornent à invoquer l'existence de places vacantes dans les dispositifs prévus pour les déplacés ukrainiens et à demander à l'État leur mise à disposition pour d'autres personnes, n'apportent pas la preuve d'une carence manifeste des différentes autorités compétentes s'agissant des dispositifs de droit commun d'hébergement d'urgence destinés aux populations susceptibles d'en bénéficier.

6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, la requête présentée par les associations Médecins du monde et Utopia 56 doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par les associations Médecins du monde et Utopia 56 est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Médecins du monde, à l'association Utopia 56, au préfet de la région Ile-de-France et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Paris, le 28 juillet 2022.

La juge des référés,

M.-P. A

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, où à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2/9

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions