vendredi 12 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2216051 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET MINIER, MAUGENDRE ET ASSOCIES (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2022, Mme C B, représentée par Me Laffourcarde Mokkadem, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 20 mai 2022 par laquelle le directeur de l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de l'hôpital universitaire Pitié-Salpêtrière, qui relève de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, l'a définitivement exclue du centre de formation à compter du 20 mai 2022 ;
2°) d'enjoindre à l'IFSI de l'hôpital universitaire Pitié-Salpêtrière de la réintégrer sans délai, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'IFSI de l'hôpital universitaire Pitié-Salpêtrière une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence tient à la situation administrative précaire dans laquelle la place la décision attaquée, qui l'empêche de se présenter aux examens de fin de troisième année, met un terme brutal à son projet professionnel et lui cause un préjudice financier important ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux, dans la mesure où elle n'a été informée ni de l'objet de la réunion de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants, ni des mesures pouvant être édictées à la suite de la réunion, ni de la possibilité de présenter des observations écrites ou orales, et où elle n'a pas eu communication de son dossier au moins sept jours calendaires avant la réunion de cette section ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 16 du même arrêté dans la mesure où la section ne s'est pas réunie dans le délai maximum d'un mois à compter de la survenue des faits reprochés ;
- la décision attaquée, qui ne pouvait légalement être fondée sur des retards d'acquisitions non envisagés par l'article 16, est entachée d'erreur de qualification juridique des faits, dès lors que, contrairement à ce qui lui est reproché, elle n'a accompli aucun acte incompatible avec la sécurité des personnes prises en charge ;
- la décision attaquée est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2022, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, représenté par Me Lacroix, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite et que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête n°2215804 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision litigieuse.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de Mme Guignard, greffière d'audience :
- le rapport de M. Sorin, juge des référés,
- les observations de Me Mascré, représentant Mme B, et les observations de Me Guardiola, représentant l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, aide-soignante titulaire à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, a débuté une formation à l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de l'hôpital universitaire Pitié-Salpêtrière au mois de septembre 2019. Elle demande au juge des référés de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 20 mai 2022 par laquelle le directeur de cet institut l'a définitivement exclue du centre de formation à compter de cette même date.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne le moyen propre à créer un doute sérieux :
3. Aux termes de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux : " La section rend, sans préjudice des dispositions spécifiques prévues dans les arrêtés visés par le présent texte, des décisions sur les situations individuelles suivantes : 1. Etudiants ayant accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge (). / Le dossier de l'étudiant, accompagné d'un rapport motivé du directeur, est transmis au moins sept jours calendaires avant la réunion de cette section. / L'étudiant reçoit communication de son dossier dans les mêmes conditions que les membres de la section. La section entend l'étudiant, qui peut être assisté d'une personne de son choix. / L'étudiant peut présenter devant la section des observations écrites ou orales. " Aux termes de l'article 16 du même arrêté : " Lorsque l'étudiant a accompli des actes incompatibles avec la sécurité des personnes prises en charge, le directeur de l'institut de formation, en accord avec le responsable du lieu de stage, et le cas échéant la direction des soins, peut décider de la suspension du stage de l'étudiant, dans l'attente de l'examen de sa situation par la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants. Cette section doit se réunir, au maximum, dans un délai d'un mois à compter de la survenue des faits. / Lorsque la section se réunit, en cas de suspension ou non, elle peut proposer une des possibilités suivantes : -soit alerter l'étudiant sur sa situation en lui fournissant des conseils pédagogiques pour y remédier ou proposer un complément de formation théorique et/ ou pratique selon des modalités fixées par la section ; / -soit exclure l'étudiant de l'institut de façon temporaire, pour une durée maximale d'un an, ou de façon définitive. "
4. Pour demander la suspension de la décision attaquée, Mme B soutient qu'elle méconnaît les dispositions précitées de l'article 15 de l'arrêté du 21 avril 2007, dans la mesure où elle n'a été informée ni de l'objet de la réunion de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants, ni des mesures pouvant être édictées à la suite de la réunion, ni de la possibilité de présenter des observations écrites ou orales, et où elle n'a pas eu communication de son dossier au moins sept jours calendaires avant la réunion de cette section, que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 16 du même arrêté dans la mesure où la section ne s'est pas réunie dans le délai maximum d'un mois à compter de la survenue des faits reprochés, qu'elle est entachée d'erreur de qualification juridique des faits, dès lors que, contrairement à ce qui lui est reproché, elle n'a accompli aucun acte incompatible avec la sécurité des personnes prises en charge, et, enfin, qu'elle est disproportionnée.
5. Toutefois, en l'état de l'instruction, aucun de ces moyens n'apparaît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il résulte notamment de l'instruction que, quand bien même la mention figurant sur le compte-rendu de l'entretien du 22 avril 2022 ayant précédé la suspension de son stage et précisant qu'elle viendrait elle-même chercher son dossier serait erronée, Mme B n'établit pas ne pas avoir reçu son dossier, qui était joint au courrier du 9 mai 2022 reçu le 12 mai suivant, alors que, si elle soutient que ledit dossier n'était pas joint à ce courrier, elle n'a procédé à aucune démarche auprès de l'IFSI de l'hôpital universitaire Pitié-Salpêtrière tendant à l'en informer. Ce n'est qu'à l'occasion d'un appel téléphonique du 19 mai 2022 de la directrice de l'IFSI, sans nouvelle de l'intéressée et souhaitant s'assurer de sa présence à la séance de la section compétente devant se tenir le lendemain, que Mme B a soutenu ne pas avoir reçu son dossier. La directrice de l'IFSI le lui a alors à nouveau adressé le jour-même en diligentant un coursier qui le lui a remis en mains propres à son domicile à Provins (77). Dans ces conditions, Mme B ne saurait sérieusement soutenir avoir été privée d'une garantie en l'absence de réception de son dossier au moins sept jours avant la tenue de la séance de la section compétente. Par ailleurs, le délai d'un mois mentionné par les dispositions de l'article 16 précité n'est pas prescrit à peine d'irrégularité de la procédure. Enfin, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport circonstancié du 12 avril 2022 dont le contenu n'est pas sérieusement contesté par l'intéressée qui se borne à soutenir qu'elle n'a commis aucun acte de nature à mettre en danger la sécurité des patients, qu'elle a au contraire, notamment au cours de son dernier stage, multiplié les erreurs tant théoriques que pratiques et que la gravité des nombreuses fautes commises était de nature à mettre en danger la sécurité des personnes prises en charge.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête de Mme B doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B une somme de 300 euros au titre des frais exposés par l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris une somme de 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Fait à Paris, le 12 août 2022.
Le juge des référés,
J. A
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026