mercredi 31 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2216564 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MATUCHANSKY, POUPOT, VALDELIEVRE (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 août 2022 et le 22 mars 2023, M. A B, représenté par Me Grenier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 juin 2022 de la directrice des ressources humaines de l'Assemblée nationale ;
2°) de condamner l'Assemblée nationale à lui verser la somme de 662 506,99 euros en réparation des préjudices subis ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise ou d'ordonner une médiation ;
4°) de mettre à la charge de l'Assemblée nationale une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que le signataire de la décision attaquée disposait d'une délégation de signature régulière ;
- cette décision, en tant qu'elle rejette sa demande indemnitaire préalable, est entachée d'une défaut de motivation ;
- le recours à des contrats à durée déterminée pendant 23 ans par l'Assemblée nationale est abusif ;
- l'Assemblée nationale ne conteste pas l'illégalité des conditions d'emploi et de sa situation administrative ;
- l'Assemblée nationale a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- il a subi un préjudice de carrière qui doit être indemnisé à hauteur de 70 000 euros ;
- il doit pouvoir bénéficier d'une indemnité de requalification dont le montant ne saurait être inférieur à 4 000 euros ;
- dès lors que sa rémunération aurait été calculée différemment s'il avait été recruté comme fonctionnaire titulaire ou comme agent contractuel en contrat à durée indéterminée, il a subi un préjudice financier qui doit être évalué à 570 334 euros ;
- s'il avait eu la même carrière que ses collègues fonctionnaires, il percevrait le double de sa rémunération actuelle ;
- sa rémunération n'a plus évolué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2023, l'Assemblée nationale, représentée par la société d'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation Matuchansky, Poupot et Valdelièvre, conclut au rejet de la requête de M. B et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens dirigés contre la décision rejetant la demande indemnitaire préalable présentée par M. B sont inopérants ;
- il ne disposait pas d'un droit à être titularisé ;
- M. B ne saurait invoquer la méconnaissance de la loi du 11 janvier 1984 dès lors que celle-ci n'était pas applicable aux agents des assemblées parlementaires ;
- aucune inégalité de traitement n'a été commise ;
- la prétendue illégalité de l'arrêté du 17 avril 2002 ne saurait caractériser une faute, dès lors que seule la démonstration d'un abus pourrait le permettre ;
- M. B ne justifie pas des sommes demandées ;
- il ne démontre pas que le recours réguliers à des contrats de travail à durée déterminée lui aurait fait perdre des avantages financiers ou des opportunités de carrières ;
- sa rémunération était alignée sur la grille indiciaire des employés de restaurants titulaires de 2ème catégorie de 2ème classe, primes comprises ;
- cette rémunération a été régulièrement revalorisée tous les deux ans jusqu'à ce qu'il atteigne, en 2013, la rémunération correspondant au dernier indice de la 2ème classe des employés des restaurants de 2ème catégorie ;
- le bénéfice pour un agent contractuel d'un contrat à durée indéterminée n'a pas d'incidence sur sa rémunération et sur les conditions de revalorisation ;
- l'indemnité de requalification n'existe pas en droit de la fonction publique ;
- il ne justifie pas de la réalité du préjudice moral qu'il aurait subi dès lors que son emploi a toujours été considéré comme pérenne et que les renouvellements successifs ont toujours eu un caractère automatique, sur le seul fondement de la décision prise en réunion de Questure du 2 décembre 1998 ;
- un contrat de travail à durée indéterminée lui a été proposé dès que la réglementation le permettait.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 58-110 du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- la loi n° 2005-843 du 26 juillet 2005 portant diverse mesures de transposition du droit communautaire à la fonction publique ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat ;
- le règlement de l'Assemblée nationale ;
- le règlement intérieur sur l'organisation des services portant statut du personnel de l'Assemblée nationale ;
- l'arrêté n°128/XI du 17 avril 2002 du bureau de l'Assemblée nationale ;
- l'arrêté n° 108/XV du 20 janvier 2021 du bureau de l'Assemblée nationale
- la décision prise en réunion de Questure du 2 décembre 1998 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de M. Gandolfi,
- les conclusions de M. Lamy, rapporteur public,
- les observations de Me Garcia, représentant M. B,
- et les observations de Me Joly, représentant l'Assemblée nationale.
Une note en délibéré, enregistrée le 30 mai 2023, a été présentée pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté par l'association pour la gestion des restaurants administratifs de l'Assemblée nationale en 1985 en qualité " d'extra " avant de bénéficier d'un contrat de travail à durée déterminée à compter du 10 juillet 1989 et un contrat de travail à durée indéterminé à compter du 1er avril 1990. Le 1er janvier 1999, M. B a été recruté par l'Assemblée nationale sous contrat de travail à durée déterminée en qualité d'étager, pour une durée de trois ans, automatiquement renouvelé depuis cette date. Le 21 mars 2022, M. B a demandé à l'Assemblée nationale qu'elle le titularise ou qu'elle le considère comme étant recruté sous couvert d'un contrat de travail à durée indéterminé depuis le 2 avril 1992 ou depuis le 1er janvier 2005 et qu'elle l'indemnise des préjudices subis. Par un courrier du 3 juin 2022, la directrice des ressources humaines de l'Assemblée nationale a informé M. B qu'un contrat de travail à durée indéterminée lui serait proposé et a rejeté sa demande indemnitaire. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision et de condamner l'Assemblée nationale à lui verser la somme de 662 506,99 euros en réparation des préjudices qu'il prétend avoir subis.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La décision par laquelle la directrice des ressources humaines de l'Assemblée nationale a rejeté la demande indemnitaire préalable formée par M. B a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande du requérant qui, en formulant les conclusions sus-analysées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressé à percevoir la somme qu'il réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Ainsi, les conclusions tendant à l'annulation de cette décision ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 susvisée : " Les agents titulaires des services des assemblées parlementaires sont des fonctionnaires de l'Etat dont le statut et le régime de retraite sont déterminés par le bureau de l'assemblée intéressée, après avis des organisations syndicales représentatives du personnel. Ils sont recrutés par concours selon des modalités déterminées par les organes compétents des assemblées. La juridiction administrative est appelée à connaître de tous litiges d'ordre individuel concernant ces agents, et se prononce au regard des principes généraux du droit et des garanties fondamentales reconnues à l'ensemble des fonctionnaires civils et militaires de l'Etat visées à l'article 34 de la Constitution. La juridiction administrative est également compétente pour se prononcer sur les litiges individuels en matière de marchés publics. ".
4. Aux termes de l'article L. 1 du code général de la fonction publique : " Le présent code définit les règles générales applicables aux fonctionnaires civils. Il constitue le statut général des fonctionnaires. / () ". Aux termes de l'article L. 2 de ce même code : " Pour autant qu'il en dispose ainsi, le présent code s'applique également aux agents contractuels des administrations de l'Etat, des autorités administratives indépendantes et autorités publiques indépendantes, des établissements publics de l'Etat, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics ainsi que des établissements ou services mentionnés à l'article L. 5. ". Aux termes de l'article L. 3 de ce code : " Les fonctionnaires civils de l'Etat sont les personnes qui ont été nommées dans un emploi permanent à temps complet et ont été titularisées dans un grade de la hiérarchie administrative des administrations de l'Etat ou des établissements publics de l'Etat autres que ceux mentionnés à l'article L. 5. ". En vertu de son article L. 6, ce code ne s'applique pas " aux fonctionnaires des assemblées parlementaires, régis par un statut fixé par chaque assemblée en application de l'ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires ; / () ".
5. Aux termes de l'article 1er du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat : " Les dispositions du présent décret s'appliquent aux agents contractuels de droit public recrutés par l'une des administrations mentionnées à l'article L. 3 du code général de la fonction publique sur le fondement des dispositions des 1° et 3° de l'article L. 332-1 et des articles L. 332-2, L. 332-3, L. 332-5 à L. 332-7, L. 332-22, L. 332-24 et L. 445-5 du même code ainsi que de l'article L. 1432-2 du code de la santé publique. Elles s'appliquent également aux agents contractuels de droit public recrutés sur le fondement de l'article 16 de la loi n° 2017-55 du 20 janvier 2017 portant statut général des autorités administratives indépendantes et des autorités publiques indépendantes. ".
6. Il résulte de ces dispositions que les agents contractuels de l'Assemblée nationale n'entrent pas dans le champ d'application des dispositions précitées du code général de la fonction publique, ni dans celui de la loi du 26 juillet 2005 portant diverses mesures de transposition du droit communautaire à la fonction publique modifiant notamment l'article 4 de la loi du 11 janvier 1984, ni dans celui du décret du 17 janvier 1986
7. En second lieu, aux termes de l'article 17 du règlement de l'Assemblée nationale : " Le Bureau détermine par des règlements intérieurs l'organisation et le fonctionnement des services de l'Assemblée, les modalités d'application, d'interprétation et d'exécution, par les différents services, des dispositions du présent Règlement, ainsi que le statut du personnel et les rapports entre l'administration de l'Assemblée et les organisations professionnelles du personnel ".
8. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 17 avril 2002 du bureau de l'Assemblée nationale : " Des personnels contractuels peuvent être recrutés pour occuper des emplois à temps complet ou incomplet dans les services de l'Assemblée nationale lorsqu'il n'y existe pas de corps de fonctionnaires susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes et lorsque la nature des fonctions ou les besoins des services le justifient. / () ". Aux termes de l'article 2 de cet arrêté : " Les personnels ainsi recrutés sont engagés par des contrats d'une durée maximale de trois ans, ne pouvant être prolongés, par reconduction expresse, que dans la limite de trois années supplémentaires. / () / A titre exceptionnel, au-delà de six ans d'emploi, un contrat pourra être prolongé d'une durée supplémentaire maximale de deux ans afin de permettre à son bénéficiaire d'atteindre ses soixante ans ". Aux termes de l'article 4 de ce même arrêté : " Les dispositions du présent arrêté s'appliquent aux contrats conclus à compter du 1er mai 2002, à l'exclusion de ceux concernant les employés des restaurants recrutés sur le fondement de l'arrêté du Bureau n°44/VII du 11 mai 1982 ou de la décision prise en réunion de Questure du 2 décembre 1998 ". Par cette décision, prise en réunion de Questure le 2 décembre 1998, l'Assemblée nationale a décidé de proposer aux agents de l'association pour la gestion des restaurants administratifs de l'Assemblée nationale de les recruter directement sous couvert de contrats de droit public.
9. Aux de l'article 3 de l'arrêté du 20 janvier 2021 du bureau de l'Assemblée nationale : " I - Des personnels contractuels peuvent être recrutés pour occuper des emplois dans les services de l'Assemblée nationale dans les cas suivants : / 1° lorsqu'il n'y existe pas de corps de fonctionnaires susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes ; / Lorsque la nature des fonction ou les besoins des services le justifient : / a) soit lorsqu'il s'agit de fonctions nécessitant des compétences techniques spécialisées ou nouvelles ; / b) soit en cas d'appel à candidatures infructueux ; / 3°) pour assurer des fonctions qui correspondent à un besoin permanent mais impliquent un service à temps incomplet d'une durée n'excédant pas 70 % d'un service à temps complet. / II- Les contrats conclus en application du 1°, du a), du 2°, et du 3° du I du présent article le sont pour une durée déterminée de trois ans maximum. Ils sont renouvelables par reconduction expresse. A l'occasion de leur reconduction, ils peuvent être conclus pour une durée indéterminée ". Aux termes de l'article 8 de ce même arrêté : " Le présent arrêté s'applique aux recrutements autorisés par le Collège des Questeurs à compter de son entrée en vigueur. / () / Les contrats en cours à la date d'entrée en vigueur du présent arrêté se poursuivent (). Ces contrats peuvent être renouvelés par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans ". Aux termes de l'article 9 de cet arrêté : " Par dérogation au premier alinéa de l'article 8, les contrats des personnels contractuels en activité à la date d'entrée en vigueur du présent arrêté peuvent être reconduits pour une durée indéterminée : / 1°) à l'échéance de ceux-ci, lorsque les conditions prévues au 1°, 2° a) et 3° du I de l'article 3 sont réunies ; / () ". Aux termes de l'article 10 de cet arrêté : " Lors de leur reconduction, les contrats des personnels contractuels recrutés en application de la décision prise en réunion de Questure du 2 décembre 1998 sont renouvelés pour une durée indéterminée ".
10. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que, avant l'entrée en vigueur de l'arrêté du 20 janvier 2021, les contrats conclus en application de la décision prise en réunion de Questure du 2 décembre 1998 ne pouvaient qu'être renouvelés pour une période de trois ans, sans que ne s'applique la limitation de durée fixée à six ans par l'article 2 de l'arrêté du 17 avril 2002 et que ce n'est que par l'arrêté du 20 janvier 2021 que le bureau de l'Assemblée nationale en a autorisé leur renouvellement pour une durée indéterminée.
11. Ainsi si ces dispositions offraient la possibilité à l'Assemblée nationale de recourir, le cas échéant, à une succession de contrats de travail à durée déterminée pour les contrats conclus en application de la décision prise en réunion de Questure du 2 décembre 1998, il ne saurait en résulter qu'un contrat à durée déterminée conclu pour une durée qui, compte tenu de la durée des contrats successifs précédemment conclus avec le même agent, conduit en cours d'exécution du contrat à dépasser la durée maximale d'emploi de six années, serait tacitement transformé en contrat à durée indéterminée
12. Ces mêmes dispositions ne font cependant pas obstacle à ce que, en cas de renouvellement abusif de tels contrats, l'agent concerné puisse se voir reconnaître un droit à l'indemnisation du préjudice éventuellement subi lors de l'interruption de la relation d'emploi, évalué en fonction des avantages financiers auxquels il aurait pu prétendre en cas de licenciement s'il avait été employé dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Dans cette hypothèse, il incombe au juge, pour apprécier si le recours à des contrats à durée déterminée successifs présente un caractère abusif, de prendre en compte l'ensemble des circonstances de fait qui lui sont soumises, notamment la nature des fonctions exercées, le type d'organisme employeur ainsi que le nombre et la durée cumulée des contrats en cause.
13. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le contrat de travail conclu entre M. B et l'Assemblée nationale le 1er janvier 1999 et pour une durée de trois ans, a été renouvelé à sept reprises, jusqu'au 27 novembre 2019. M. B est dès lors fondé à soutenir que l'Assemblée nationale a, eu égard à la nature des fonctions exercées, et au nombre et à la durée cumulée des contrats en cause, recouru de manière abusive à des contrats à durée déterminée dans le cadre de son recrutement.
14. Toutefois, si l'Assemblé nationale a ainsi commis une faute de nature à engager sa responsabilité à l'égard du requérant qui pourrait ainsi prétendre à la réparation des préjudices directs et certains qu'il a subis, il résulte également de l'instruction que, par une décision du 3 juin 2022, la directrice des ressources humaines de l'Assemblée nationale a informé M. B que son contrat de travail serait renouvelé pour une durée indéterminée lors de sa reconduction, le 31 décembre 2022 et que, par un courrier du 26 septembre 2022, M. B a indiqué aux services de l'Assemblée qu'il s'opposait au renouvellement. Il suit de là que l'interruption de la relation d'emploi avec l'Assemblée nationale résulte de la seule volonté de M. B et que, par suite, il ne saurait prétendre à l'indemnisation du préjudice subis du fait de cette interruption, évalué en fonction des avantages financiers auxquels il aurait pu prétendre en cas de licenciement s'il avait été employé dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée.
15. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Assemblée nationale, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du M. B la somme demandée par l'Assemblée nationale au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'Assemblée nationale au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Assemblée nationale.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Ladreyt, président,
- M. Gandolfi, premier conseiller,
- Mme Abdat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 31 mai 2023.
Le rapporteur,
G. Gandolfi
Le président,
J-P. Ladreyt
La greffière,
L. Sueur
La République mande et ordonne à l'Assemblée nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/5-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026