mercredi 25 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2216652 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | AUGUST DEBOUZY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 août et 21 décembre 2022,
Mme B A, représentée par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 juin 2022 par laquelle le directeur de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique de la réintégrer dans ses fonctions dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre au directeur de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique de retirer toutes les pièces relatives à la procédure de licenciement pour insuffisance professionnelle de son dossier administratif dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le procès-verbal de la commission consultative paritaire réunie le 17 mai 2022 ne comporte aucun motif ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la composition de la commission consultative paritaire était irrégulière, les représentants du personnel et les représentants de l'administration n'ayant pas été présents en nombre égal ;
- il n'est pas établi que seuls les membres titulaires de la commission administrative paritaire ont pris part au vote ;
- Mme E, représentante du personnel titulaire, ne pouvait pas siéger dès lors que selon l'article 6 du règlement intérieur de la commission, seuls les représentants du personnel occupant un emploi de niveau au moins égal à celui de l'agent dont le dossier est examiné, peuvent siéger ;
- la présence de M. D l'a privée de la garantie d'impartialité de la procédure dès lors qu'elle a indiqué avoir été victime d'agissements de harcèlement moral de sa part, qu'elle a formé une demande de protection fonctionnelle en raison de ces agissements et qu'il a été à l'initiative de la procédure de licenciement déclenchée à son encontre ;
- les membres de la commission sont tous subordonnés à l'autorité hiérarchique de M. D, à l'exception du président de la commission ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit dès lors que le grief tenant à ce qu'elle aurait refusé d'exercer certaines tâches ne saurait justifier un licenciement pour insuffisance professionnelle ;
- elle n'a pas refusé d'exercer ses fonctions, mais a refusé de prendre en charge de manière permanente des missions qui ne relevaient pas de son poste ;
- l'invitation qu'elle a reçu à 00h52 pour assister à une réunion qui devait se tenir le jour même à 11h00 était trop tardive pour lui permettre de s'organiser ;
- cette réunion a été annulée ;
- elle a réalisé l'ensemble de ses missions et n'a pas refusé d'exercer ses fonctions ou refusé de répondre aux sollicitations de sa hiérarchie ;
- si elle n'a pas répondu à deux courriers électroniques du 24 février 2021, c'est parce qu'elle était en congé de maladie du 15 au 26 février 2021 ;
- elle a répondu à la demande d'information de M. C du 29 juin 2021 quant à l'avancement des travaux relatifs à la convention d'objectifs et de gestion dès le lendemain ;
- la seule erreur qu'elle aurait commise ne caractérise pas une situation dans laquelle elle commettrait systématiquement des erreurs justifiant son licenciement pour insuffisance professionnelle ;
- elle a prévenu les ressources humaines de son absence pour se rendre à un rendez-vous médical à la demande du service de médecine de prévention de l'établissement ;
- elle a remis sa déclaration au déontologue de l'établissement dès 2019 ;
- son placement en télétravail à temps plein et son maintien n'ont pas été appréciés par ses supérieurs hiérarchiques ;
- hormis l'entretien professionnel dont elle a bénéficié le 23 avril 2021, elle n'a bénéficié d'aucun entretien avec M. D au cours des années 2021 et 2022 ;
- le seul entretien réalisé en décembre 2020 ne suffit pas à démontrer qu'elle a été informé des critiques émises sur son travail ;
- il ne peut lui être reproché de ne pas avoir atteint ses objectifs alors qu'elle n'a bénéficié d'aucun entretien professionnel pour l'année 2021 ;
- à l'issue de l'entretien dont elle a bénéficié le 23 avril 2021 pour l'année 2020, elle a formulé des observations sur son compte-rendu d'entretien professionnel auxquelles il n'a pas été répondu et n'a donc pas eu connaissance des objectifs qui lui ont été fixés ; elle n'a pris connaissance de ce compte-rendu que lors de la communication de son dossier administratif dans le cadre de la procédure de licenciement ; aucun objectif ne lui ayant été assigné, il ne saurait lui être reproché de ne pas avoir atteint ses objectifs ;
- son poste a fait l'objet de modifications qui n'ont pas été prises en compte dans l'appréciation de la réalisation de ses objectifs ; elle a dû rappeler à plusieurs reprises que les missions qui lui étaient confiées ne relevaient pas de sa responsabilité et il lui a été indiqué que le périmètre de ses missions resterait inchangé ;
- les travaux relatifs à la convention d'objectifs et de gestion avec la caisse des dépôts et consignations étaient très avancés, leur finalisation ayant été reporté à l'année 2021 en raison du Covid-19 ; or, elle a été considérée comme ayant réalisé ses objectifs en 2020, lui permettant d'obtenir une prime de 17 280 euros, mais comme ayant atteint partiellement ces mêmes objectifs en 2021 alors que la convention a été finalisée et conclue le 16 décembre 2021 ;
- elle avait été écartée des réunions préparatoires à la convention d'objectifs et de gestion en 2021 par M. D et des travaux portant sur les comités spécialisés de recouvrement et en avait alerté l'établissement en 2020 ;
- elle a réalisé les travaux préparatoires du chapitre 2 de la convention, a assuré les comités de coordination avec la caisse des dépôts et consignations pour la mise en œuvre de la convention, a assuré la gestion des coûts, le suivi des propositions de la caisse et le compte-rendu de ses échanges avec la caisse ;
- les prétendues difficultés relationnelles avec des collaborateurs de l'établissement public ne constituent pas un élément d'insuffisance professionnelle justifiant son licenciement ;
- elle n'a rencontré aucune difficulté avec les agents de l'établissement et de la caisse des dépôts et consignations ;
- elle a eu des difficultés avec un agent dont le comportement a été dénoncé ;
- la décision attaquée méconnaît les articles L. 133-2 et L. 133-3 du code général de la fonction publique dès lors qu'elle a été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral ;
- l'arrivée de M. D à la tête de la direction de la performance opérationnelle a conduit à son isolement progressif et au retrait de ses responsabilités, il l'a dénigrée auprès de ses interlocuteurs de la caisse des dépôts, l'a écartée des préparatifs et du suivi des deux comités spécialisés et des réunions relatives à la convention d'objectifs et de gestion avec la caisse ;
- cet isolement s'est renforcé avec son placement en télétravail à temps plein et M. D n'a pas adapté son management et n'a organisé aucun entretien téléphonique ou en visioconférence pendant deux ans ;
- la réorganisation de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique a conduit à la suppression de la direction de la performance opérationnelle au mois de novembre 2020 sans que les agents ne soient associés à cette réorganisation ; les administrateurs de l'établissement ont été alertés de la situation de souffrance et d'incertitude vécue par les agents ;
- M. D a demandé à Mme A de réaliser des missions de l'ancien responsable du support de la gestion financière ;
- il n'a pas réalisé d'entretien professionnel annuel pour l'année 2020 et a décidé de diminuer le montant de sa prime d'objectifs annuelle ;
- elle n'a jamais reçu notification de son compte rendu d'entretien professionnelle pour l'année 2020 ;
- l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique a été alerté de sa situation.
Par deux mémoire, enregistrés le 18 novembre 2022 et le 6 janvier 2023, l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique, représenté par Me Barbara, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Un mémoire, présenté par Mme A a été enregistré le 9 janvier 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience en application de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat pris pour l'application des articles 7 et 7 bis de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n°2004-569 du 18 juin 2004 relatif à la retraite additionnelle de la fonction publique ;
- la décision du 20 septembre 2021 portant création d'une commission consultative paritaire au sein de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de M. F,
- les conclusions de M. Lamy, rapporteur public,
- les observations de Me Arvis, représentant Mme A,
- et les observations de Me Barbara, représentant l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, agent contractuel de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique depuis le 18 avril 2011 occupait, depuis le 16 avril 2018, les fonctions de " responsable performance et reporting ". Le 10 mars 2022, Mme A a été convoquée à un entretien préalable en vue d'un éventuel licenciement pour insuffisance professionnelle. Le 17 mai 2022, la commission consultative paritaire s'est réunie et a émis un avis favorable au licenciement de Mme A. Par une décision du 14 juin 2022, le directeur de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique a prononcé le licenciement de Mme A pour insuffisance professionnelle. Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat susvisé alors en vigueur : " Les dispositions du présent décret s'appliquent aux agents contractuels de droit public recruté par l'une des administrations mentionnées à l'article 2 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée en vertu des 2°, 3° et 6° de l'article 3 et des articles 4, 6, 6 bis, 6 ter, 6 quater, 6 quinquies, 6 sexies ou 6 septies de la même loi. Elles s'appliquent également aux agents contractuels de droit public recrutés sur le fondement de l'article 7 bis de la même loi / (). ".
3. Aux termes de l'article 2 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée alors en vigueur : " Le présent titre s'applique aux personnes qui, régies par les dispositions du titre Ier du statut général, ont été nommées dans un emploi permanent à temps complet et titularisées dans un grade de la hiérarchie des administrations de l'Etat, des autorités administratives indépendantes ou des établissements publics de l'Etat. ". Aux termes de l'article 3 de cette loi : " Les emplois permanents de l'Etat et des établissements publics de l'Etat énumérés ci-après ne sont pas soumis à la règle énoncée à l'article 3 du titre Ier du statut général : / () / 2° Les emplois des établissements publics de l'Etat, sous réserve des dispositions du code de la recherche pour les agents publics qui y sont soumis ; ". Aux termes de l'article 4 de la même loi : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 du titre Ier du statut général, des agents contractuels peuvent être recrutés dans les cas suivants : / ()/ 2° Lorsque la nature des fonctions ou les besoins des service le justifie, notamment : / a) Lorsqu'il s'agit de fonctions nécessitant des compétences techniques spécialisées ou nouvelles ; / b) Lorsque l'autorité de recrutement n'est pas en mesure de pourvoir l'emploi par un fonctionnaire présentant l'expertise ou l'expérience professionnelle adaptée aux missions à accomplir à l'issue du délai prévu par la procédure mentionnée à l'article 61 ; ".
En ce qui concerne les moyens de légalité externe :
4. En premier lieu, le moyen tiré de ce que l'avis de la commission consultative paritaire de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique adopté à l'issue de la séance du 17 mai 2022 serait insuffisamment motivé, dès lors qu'aucune disposition du décret du 17 janvier 1986 visé ci-dessus, ni aucune autre disposition législative ou règlementaire, n'impose que cet avis soit motivé, est inopérant et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. En l'espèce, la décision de licenciement du 14 juin 2022 comporte les motifs de fait et de droit sur lesquels elle se fonde et est, par suite, suffisamment motivée.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 1-2 du décret du 17 janvier 1986 susvisé dans sa version en vigueur : " Dans toutes les administrations de l'Etat et dans tous les établissements publics de l'Etat, il est institué, par arrêté du ministre intéressé ou par décision de l'autorité compétente de l'établissement public, une ou plusieurs commissions consultatives paritaires comprenant en nombre égal des représentants de l'administration et des représentants des personnels mentionnés à l'article 1er. / () / Ces commissions sont obligatoirement consultées sur les décisions individuelles relatives aux licenciements intervenant postérieurement à la période d'essai (). / Elles peuvent en outre être consultées sur toute question d'ordre individuel relative à la situation professionnelle des agents contractuels. / Lorsque la commission consultative paritaire doit se prononcer en matière disciplinaire, seuls les représentants du personnel occupant un emploi de niveau au moins égal à celui de l'agent dont le dossier est examiné, ainsi qu'un nombre égal de représentants de l'administration, sont appelés à délibérer ".
7. Aux termes de l'article 25 de la décision du 20 septembre 2021 portant création d'une commission consultative paritaire au sein de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique : " I. La commission instituée par la présente décision est obligatoirement consultée sur : / 1 ° Les décisions individuelles relatives aux licenciements intervenant postérieurement à la période d'essai / ().V. Lorsque la commission consultative paritaire doit se prononcer en matière disciplinaire, seuls les représentants du personnel occupant un emploi de niveau au moins égal à celui de l'agent dont le dossier est examiné, ainsi qu'un nombre égal de représentants de l'établissement, sont appelés à délibérer ". Aux termes de l'article 30 de cette décision : " La commission ne délibère valablement qu'à la condition d'observer les règles de constitution et de fonctionnement édictées par la présente décision et par son règlement intérieur. / Les suppléants peuvent assister aux séances de la commission sans pouvoir prendre part aux débats. Ils n'ont voix délibérative qu'en l'absence des titulaires qu'ils remplacent ".
8. D'une part, s'agissant des avis émis sur les projets de décisions autres que disciplinaires relatifs aux agents contractuels entrant dans le champ d'application du décret du 17 janvier 1986, aucune disposition ne prescrit que seuls les représentants du personnel occupant un emploi de niveau au moins égal à celui de l'agent dont le dossier est examiné peuvent participer aux séances à la commission consultée. D'autre part, aucune de ces dispositions n'impose la parité entre représentants du personnels et représentants de l'administration. Il en résulte que les moyens tirés de ce qu'un membre titulaire de la commission consultative paritaire de l'établissement des retraites additionnelles de la fonction publique occupait un emploi de niveau inférieur à celui de Mme A et que cette commission ne pouvait régulièrement délibérer en présence de trois représentants du personnel et de quatre représentants de l'administration doivent être écartés comme inopérants.
9. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'à l'issue de la séance de la commission consultative paritaire de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique
du 17 mai 2022, la proposition de licenciement de Mme A a été soumise au vote à bulletin secret et que deux de ses membres ont voté favorablement à cette proposition et deux autres se sont abstenus. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les trois membres suppléants présents lors de cette séance, qui conformément aux dispositions précitées, n'auraient pu avoir voix délibératives qu'en l'absence des titulaires qu'ils remplacent, auraient participé au vote.
10. En quatrième lieu, d'une part, lorsque la commission consultative paritaire est appelée à connaître, en vertu des dispositions citées aux points 6 et 7 de l'article 1-2 du décret
du 17 janvier 1986 et de l'article 25 de la décision du 20 septembre 2021 portant création d'une commission consultative paritaire au sein de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique, de l'éventualité d'un licenciement pour insuffisance professionnelle, elle ne dispose d'aucun pouvoir de décision et se borne à émettre un avis à l'autorité compétente sur le principe du prononcé d'un tel licenciement.
11. D'autre part, la seule circonstance que le directeur adjoint, directeur administratif et des opérations de l'établissement public a siégé au sein de la commission consultative paritaire lors de la séance du 17 mai 2022, alors qu'il serait à l'origine de la procédure de licenciement ouverte à l'encontre de Mme A, qu'il était le supérieur hiérarchique des membres de cette commission et que l'intéressée a formé une demande de protection fonctionnelle le 16 mai 2022 en raison de ses agissements qui seraient constitutifs de harcèlement moral, ne saurait, par elle-même, caractériser au détriment de la requérante, un manque d'impartialité de la commission, alors, au demeurant, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait au cours de cette séance manqué à l'impartialité requise ou manifesté une animosité particulière à son égard.
En ce qui concerne les moyens de légalité interne :
12. Aux termes de l'article 45-2 du décret du 17 janvier 1986 susvisé : " L'agent contractuel peut être licencié pour un motif d'insuffisance professionnelle. () ".
13. Le licenciement pour inaptitude professionnelle d'un agent public ne peut être fondé que sur des éléments révélant l'inaptitude de l'agent à exercer normalement les fonctions pour lesquelles il a été engagé, s'agissant d'un agent contractuel, ou correspondant à son grade, s'agissant d'un fonctionnaire, et non sur une carence ponctuelle dans l'exercice de ces fonctions. Lorsque la manière de servir d'un agent contractuel exerçant des fonctions qui ne correspondent pas aux fonctions pour lesquelles il a été engagé le justifie, il appartient à l'administration de mettre fin à ses fonctions. Une évaluation portant sur la manière dont l'agent a exercé ses fonctions durant une période suffisante et révélant son inaptitude à un exercice normal desdites fonctions peut, alors, être de nature à justifier légalement son licenciement. En revanche, le licenciement pour insuffisance professionnelle ne saurait légalement être fondé sur des motifs disciplinaires
14. Pour décider du licenciement de Mme A pour insuffisance professionnelle, l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique s'est fondé sur son implication de plus en plus réduite et de moins en moins coopérative, sur l'absence d'atteinte des objectifs qui lui avaient été fixés et sur ses difficultés relationnelles avec les collaborateurs de l'établissement et sa hiérarchie.
15. Il ressort de la fiche du poste " Responsable de la performance et du Reporting " occupé par Mme A que son titulaire est chargé de la coordination avec le gestionnaire administratif du régime du renforcement de l'efficience de la relation entre la Caisse des dépôts et consignations et l'établissement public, en pilotant, impulsant et organisant cette relation, en assurant la coordination transversale en interne et avec les services de la Caisse et en assurant l'interface entre l'établissement public et la Caisse au niveau des différents comités. A ce titre, le titulaire du poste doit concevoir, mettre en œuvre et organiser, selon une feuille de route conforme aux objectifs stratégiques de l'établissement, les comités bimensuels avec la cellule de coordination du gestionnaire administratif. Il doit également effectuer le suivi de la convention d'objectifs et de gestion 2016-2020 et des conventions techniques conclues avec la Caisse des dépôts et consignations et mettre à jour et rédiger les conventions techniques qui ont pour objectif de détailler les missions opérationnelles et les processus liés aux prestations administratives ayant été délégués. Il lui appartient également de coordonner le " reporting " de la Caisse des dépôts et consignations dans le suivi des travaux du groupement d'intérêt public Union Retraite, contrôler l'exhaustivité et la qualité des données reçues relatives aux prestations du gestionnaire administratif, effectuer un suivi opérationnel mensuel et trimestriel, améliorer la régularité et le coût du " reporting " grâce à la dématérialisation et au développement du digital, de produire et faire évoluer les tableaux de bord internes et externes de l'établissement en fonction de ses besoins, d'élaborer, de produire et d'assurer le suivi des indicateurs " conventions d'objectifs et de gestion " et relatifs à la performance de la Caisse des dépôts et consignations et d'assurer le suivi des indicateurs. Par ailleurs, la fiche de poste mentionne notamment que l'autonomie, la réactivité, la flexibilité, la rigueur dans le suivi, le sens du travail en équipe, l'aisance relationnelle et la diplomatie sont des compétences requises.
16. En premier lieu, d'une part, s'il ressort des pièces du dossier que le 24 février 2021, le directeur adjoint, directeur administratif et des opérations de l'établissement public a sollicité Mme A afin d'échanger sur un questionnaire adressé par la Cour des comptes et les réponses relatives à la Caisse des dépôts et consignations et sur la préparation de la convention d'objectifs et de gestion avec la Caisse en lui demandant si elle pouvait lui répondre ou lui téléphoner, il est constant qu'elle était alors en congés de maladie du 15 au 26 février 2021 et que la seule circonstance qu'elle n'a pas apporté de réponse à cette sollicitation ne saurait caractériser une insuffisance professionnelle.
17. D'autre part, si le 5 mars 2021, Mme A a refusé de participer à une réunion à 11h00, au motif qu'elle n'y a été invitée par courrier électronique que le jour même à 00h53 et s'il ressort d'un courrier électronique de Mme A que cette réunion était prévue depuis le 22 février 2021, il ressort des pièces du dossier que M. D a indiqué à l'intéressée, le 5 mars 2021 qu'il ne participerait pas non plus à cette réunion laquelle a, au demeurant, été annulée à sa demande. Par suite, la seule circonstance qu'elle n'a pas participé à cette réunion ne saurait davantage caractériser une insuffisance professionnelle.
18. Toutefois, en deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que, le 5 février 2021, Mme A a refusé de prendre en charge la gestion d'un tableau de bord au motif que cette tâche ne relèverait pas de ses attributions alors qu'il résulte de ce qui a été relevé au point 15 que sa fiche de poste mentionnait que l'une de ses missions consistait notamment à réaliser le " reporting " consolidé du régime auprès de la direction " et à " produire et faire évoluer les tableaux de bord internes et externes de l'ERAFP en fonction des besoins de l'établissement " et que le directeur de l'établissement, alors qu'il lui avait indiqué que cette tâche relevait bien de ses fonctions, a été contraint de la confier à un autre collaborateur.
19. Il ressort également des pièces du dossier que, par un courrier électronique adressé à Mme A et au directeur adjoint le 10 mars 2021, le directeur de l'établissement a sollicité que des précisions soient apportées à des projets de réponses à des questions de la Cour des comptes. Le lendemain, après que Mme A a demandé au directeur adjoint ce qu'il lui appartenait de faire, ce dernier lui a précisément répondu le 12 mars 2021, message auquel elle a répondu le 15 mars 2021. Toutefois, le même jour, le directeur adjoint l'a à nouveau sollicité afin qu'elle apporte de nouvelles précisions et des corrections. Les 26 mars et 6 avril 2021,
le directeur adjoint et le directeur de l'établissement ont relancé Mme A sur certaines questions posées par la Cour des comptes, relance à laquelle elle a répondu le jour même en communiquant des éléments de réponse qui se sont avérés erronés et incomplets et en indiquant par ailleurs que le directeur adjoint aurait lui-même précisé avoir traité une partie des questions. S'il est constant qu'elle était également en charge de la réponse à apporter à quatre autres questions posées par la Cour des comptes, il ressort des pièces du dossier que, après avoir de nouveau demandé à Mme A le 7 avril 2021 de préparer une réponse à l'une de ces questions, message auquel elle n'a pas répondu, le directeur de l'établissement public lui a indiqué,
le 20 avril 2021 qu'il regrettait qu'elle n'ait pas " rédigé le document Word nécessaire pour la réponse à la question n-6 (en supplément du fichier Excel) ni préparé la réponse à la question
P-8 du questionnaire de la Cour des comptes, comme [il le lui avait] demandé ".
20. En outre, le 30 avril 2021, le directeur adjoint de l'établissement public a demandé à Mme A qu'elle procède à la correction du rapport annuel du gestionnaire administratif, message auquel elle n'a pas répondu. Si Mme A fait valoir qu'elle a réalisé cette tâche,
elle n'assortit cette allégation d'aucun élément permettant d'en apprécier la réalité alors, au demeurant, qu'il lui appartenait à tout le moins, d'en faire part à ses supérieurs hiérarchiques.
21. Il ressort également des pièces du dossier que, le 25 juin 2021, le directeur adjoint de l'établissement a sollicité de Mme A qu'elle lui communique une fiche modifiée relative aux travaux de la convention d'objectifs et de gestion au plus tard le 29 juin 2021 et que ce n'est qu'après avoir été relancée par le directeur de l'établissement le même jour, qu'elle a finalement transmis ce document.
22. Enfin, il ressort des pièces du dossier que malgré plusieurs relances, Mme A n'a transmis à la référente déontologue le 31 janvier 2020 que l'accusé de réception du code de déontologie qui lui avait été transmis et n'a pas communiqué ses déclarations sur l'honneur complétées pour les années 2019, 2020 et 2021.
23. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que, au titre de l'année 2021, Mme A n'a atteint que très partiellement ses objectifs lesquels avaient été fixés par son supérieur hiérarchique, contrairement à ce qu'elle soutient, lors de son entretien professionnel le 23 avril 2021, et parmi lesquels figuraient les travaux sur la convention d'objectifs et de gestion 2021-2026 relatifs au chapitre 2 et dans son ensemble. Par ailleurs, le compte rendu d'entretien professionnel mentionnait qu'elle devait " faire preuve dans son travail d'une implication soutenue afin de pouvoir rendre ses travaux, avec diligence et dans le respect des consignes données ", que " au cours des prochains mois, il sera nécessaire de veiller à assurer une collaboration constructive avec l'ensemble des interlocuteurs " de l'établissement, qu'elle " doit, dans son domaine d'activité et sur les dossiers qui lui sont attribués par son supérieur hiérarchique, traiter les dossiers de manière rigoureuse, objective, transparente et dans le meilleur intérêt de l'ERAFP " et qu'elle doit " consulter son supérieur hiérarchique et, préalablement à toute diffusion, valider avec son supérieur hiérarchique les positions prises au nom de l'ERAFP et l'alerter des difficultés de toute nature qu'elle pourrait rencontrer dans l'exercice de ses fonctions ". Mme A ne démontre pas avoir été mise dans l'impossibilité de réaliser ses objectifs en ayant été prétendument écarté des travaux préparatoires de la convention d'objectifs et de gestion et du comité spécialisé d'audit, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'elle a été invitée à neuf réunions de préparation de cette convention aux mois de février, juin, juillet, août et septembre 2021 et qu'elle a participé à certaines de ces réunions. La seule circonstance qu'elle a demandée au directeur adjoint de l'établissement de modifier ce compte rendu d'entretien professionnel ne permet pas de démontrer qu'aucun objectif ne lui aurait été assigné au titre de l'année 2021.
24. En quatrième lieu, la circonstance qu'elle n'a pas bénéficié d'un entretien professionnel au titre de l'année 2022 est, en tout état de cause, sans incidence sur l'appréciation de son inaptitude professionnelle ayant conduit à la décision attaquée.
25. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que, à la suite d'un courrier électronique du directeur adjoint de l'établissement la remerciant pour ses ajouts, Mme A a répondu, le 19 mars 2020 " arrête avec ton hypocrisie, tes mails sont ubuesques ", qu'elle a adressé un message à un collaborateur de l'établissement en lui indiquant que " la langue française est précise ! mais tu es coutumier de réécrire l'histoire et d'harceler des collaborateurs ", et qu'elle a adressé à son ancienne supérieure hiérarchique un courrier électronique ponctué à plusieurs reprises de l'expression "curieux ".
26. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'après avoir bénéficié d'une mesure de télétravail à temps plein en raison de son état de santé, la responsable des ressources humaines de l'établissement public a sollicité le médecin de l'établissement afin de l'alerter de l'isolement de Mme A. Contrairement à ce que soutient Mme A, il ressort de ce qui a été relevé précédemment qu'elle ne peut sérieusement soutenir avoir été mise à l'écart en raison de ce qu'elle bénéficiait d'une mesure de télétravail à temps plein ni qu'elle n'aurait jamais été alertée sur ses insuffisances professionnelles. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que lors de son entretien professionnel du 23 avril 2021, son attention a été attirée sur ses insuffisances professionnelles.
27. Il suit de là que les difficultés persistantes rencontrées par Mme A, son manque d'implication, de diligence et de rigueur dans l'exécution de son travail et son attitude passive et attentiste, lesquels ne relèvent pas de manquements à caractère disciplinaire, sont suffisamment établis par les pièces du dossier. La circonstance que Mme A donnait entière satisfaction jusqu'en 2020 n'est pas de nature à faire obstacle à ce que son insuffisance professionnelle, constatée sur une période continue et suffisamment longue, puisse être relevée par la suite.
28. Il résulte de ce qui précède que c'est sans entacher sa décision d'erreur de droit, ni d'erreur d'appréciation que l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique a pu prononcer le licenciement de Mme A pour insuffisance professionnelle.
29. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique, entré en vigueur le 1er mars 2022 : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. ". Aux termes de l'article L. 133-3 du même code alors en vigueur : " Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'appréciation de la valeur professionnelle, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un agent public en raison du fait que celui-ci : / 1° A subi ou refusé de subir les faits de harcèlement sexuel mentionnés à l'article L. 133-1, y compris, dans le cas mentionné au 1° de cet article, si les propos ou comportements n'ont pas été répétés, ou les agissements de harcèlement moral mentionnés à l'article L. 133-2 ; / 2° A formulé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces faits ou agissements ; / (). ".
30. Mme A soutient qu'elle était dans l'impossibilité d'exercer normalement ses fonctions en raison des agissements répétés de son supérieur hiérarchique, constitutifs de harcèlement moral et que la décision contestée est motivée par la circonstance qu'elle a dénoncé la situation de harcèlement moral dont elle aurait été victime. Toutefois, d'une part, les pièces du dossier ne démontrent pas, contrairement à ce que soutient Mme A, que M. D aurait organisé son isolement en lui retirant ses responsabilités, en la dénigrant publiquement auprès de ses interlocuteurs et en l'écartant de certaines de ses fonctions. Au contraire, il ressort des pièces du dossier et de ce qui a été relevé précédemment que ses supérieurs hiérarchiques ont alerté le médecin de l'établissement sur son isolement progressif, et que, malgré les difficultés rencontrées par Mme A, ils n'ont eu de cesse d'échanger avec elle, de l'inviter à diverses réunions, de l'encourager à échanger par téléphone avec eux sur les tâches à accomplir, de tenter de l'impliquer davantage dans ces tâches pour éviter tout délaissement et ont toujours adopté un ton très professionnel et très courtois à son égard. D'autre part, la circonstance établie par plusieurs attestations de certains de ses collègues et d'anciens supérieurs hiérarchiques qu'elle donnait entière satisfaction jusqu'en 2020, ne permet pas de démontrer qu'elle aurait été victime de harcèlement. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des dispositions précitées du code général de la fonction publique doit être écarté.
31. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentée pour Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
32. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées pour Mme A, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées pour Mme A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
33. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme que l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 font par ailleurs obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par Mme A soit mise à la charge de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'établissement de retraite additionnelle de la fonction publique.
Copie en sera adressée au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Duchon-Doris, président,
- M. Gandolfi, premier conseiller,
- Mme Leravat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 25 janvier 2023.
Le rapporteur,
G. F
Le président,
J-C. Duchon-Doris La greffière,
L. Sueur
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/5-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026