mercredi 24 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2217297 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | CABINET BENNOUNA, MENZEL (ASSOCIATION) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 13 et 24 août 2022, M. A B, représenté par Me Bennouna, demande au Tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés en date du 21 juillet 2022, notifié le 12 août 2022, par lesquels le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un délai de trente-six mois, et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de procéder au réexamen de sa situation et dans cette attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que:
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles ont été signées par une autorité incompétente :
- elles sont insuffisamment motivées et entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elles lui ont été notifiées tardivement ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- il n'a pas été mis en mesure de faire part de ses observations en méconnaissance des stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et des dispositions de l'article L. 122-1 du code de justice administrative ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- elle est fondée sur une décision illégale ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est fondée sur une décision illégale.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
-elle est fondée sur une décision illégale ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation
Par un mémoire en défense, enregistré 24 août 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
-l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir au cours de l'audience publique du 24 août 2022 présenté son rapport et entendu :
- le rapport de Mme D qui a en outre informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, qu'une partie du jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions dirigées contre la décision de placement en rétention ;
- et, les observations de Me Bennouna, représentant M. B, qui soutient que l'ancienneté de son séjour sur le territoire français et l'intensité de ses liens familiaux font obstacle à son éloignement de l'intéressé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain né le 1er janvier 1976, à Oujda demande l'annulation des arrêtés du 12 août 2022, notifié le jour même par lequel le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai sur le fondement des 3° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de trente-six mois.
Sur la compétence de la juridiction administrative pour connaître de la décision portant placement en rétention administrative :
2. Il n'appartient pas au juge administratif de statuer sur la légalité d'une décision de placement en rétention d'une personne, le contrôle en revenant au juge des libertés et de la détention. Par suite, les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision du 21 juillet 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne a décidé son placement en rétention administrative doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'annulation
En ce qui concerne les moyens dirigés contre l'ensemble des décisions attaquées :
3. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-PREF-DCPPAT-BCA-085 du 17 juin 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs du département de l'Essonne du même jour, le préfet de l'Essonne a donné à Mme C E, attachée d'administration, chef de bureau de l'éloignement, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté comme manquant en fait.
4 . En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles sont, en conséquence, suffisamment motivées.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas des décisions attaquées, que le préfet de l'Essonne n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. B. Dès lors, le moyen tiré d'un tel manque d'examen doit être écarté.
6. En dernier lieu, si M. B fait valoir que les arrêtés en date du 21 juillet 2022 portant respectivement sur l'obligation de retour sans délai assortie d'une interdiction de retour de trente-six mois et le pays de destination duquel il serait éloigné ne lui ont été notifiés que le 12 août 2022 cette circonstance est sans incidence sur la légalité des décisions attaquées et n'a pas fait obstacle à l'exercice du présent recours dans les délais requis.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".
8. D'une part, selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne C-383/13 PPU du 10 septembre 2013, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, que M. B a été entendu par les services de police le 16 mai 2022, préalablement à l'édiction de la décision contestée, audition au cours de laquelle il a été mis à même de présenter ses observations sur les conditions de son entrée et de son séjour sur le territoire français, sur sa situation personnelle et professionnelle. En outre, le requérant a pu faire état de sa situation familiale lors de précédentes demande de titres de séjour auprès des services de la préfecture. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le principe général du droit d'être entendu, qui est au nombre des principes fondamentaux du droit de l'Union européenne a été méconnu.
9. D'autre part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Il résulte des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution de la décision par laquelle l'autorité administrative signifie à un étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. Dès lors, les articles L. 121-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ne sauraient être utilement invoqués à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. En tout état de cause, ainsi qu'il a été dit au point précédent, M. B a été mis en mesure de présenter ses observations, notamment, aux services de police le 16 mai 2022, avant la décision d'éloignement prise à son encontre. Le moyen tiré du non-respect du principe du contradictoire posé par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration doit donc être écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; 3° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de dix ans, sauf s'il a été, pendant toute cette période, titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " ; 4° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de vingt ans ; ()".
11. M. B se prévaut d'une entrée sur le territoire français en février 1976, soit quelques semaines après sa naissance et d'un séjour ininterrompu sur le territoire français à compter de cette date. Toutefois, en dépit de ses allégations, il se borne à produire une carte de résident de 10 ans portant sur la période de 2002 à 2012 mentionnant une entrée sur le territoire français en 1976 et des documents attestant de démarches effectuées à compter de l'année 2018 pour bénéficier de nouveau d'un titre de séjour. Ces éléments ne permettent pas à eux seuls de justifier ni d'une présence habituelle en France depuis au plus l'âge de treize ans, ni d'une résidence régulière en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de ce que la mesure d'éloignement méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 611-3 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté, pris en ses différentes branches.
12. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
13. Si M. B fait valoir qu'il est le père de deux enfant de nationalité française, il ressort des pièces du dossier que ses deux enfants sont majeurs et qu'ils ne sont pas à sa charge. En outre, alors même que les parents du requérant sont titulaires de carte de résident de dix ans et que ses frères et sœurs ont la nationalité française, ainsi qu'il a été dit au point 10, M. B ne démontre pas, par les pièces qu'il produit, être présent avec sa famille sur le territoire français de façon ininterrompue depuis son enfance. M. B ne justifie, par ailleurs, pas d'une intégration en France, alors qu'il résulte des mentions de l'arrêté litigieux et des écritures en défense qu'il a été condamné à quatre mois de prison par le tribunal judiciaire de Bobigny le 25 mai 2022 pour vol avec récidive et qu'il a fait l'objet de 25 signalements en particulier pour des vols et du recel. Dans ces conditions, le préfet de l'Essonne n'a pas, en prenant à son encontre une mesure d'éloignement porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
14. En quatrième lieu et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, le préfet de l'Essonne n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur la situation personnelle de M. B.
En ce qui concerne la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
15. En premier lieu, le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
16. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () " ; Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " et de l'article L. 612-3 dudit code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
17. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné à quatre mois de prison par le tribunal judiciaire de Bobigny le 25 mai 2022 pour vol avec récidive et qu'il a fait l'objet de 25 signalements par les services de police en particulier pour des vols, du recel et de la destruction de biens. Par ailleurs, il ne dispose pas de garanties de représentation suffisantes dès lors qu'il ne possède pas de document de voyage en cours de validité et que la seule attestation d'hébergement établie par ses parents ne permet pas d'établir l'existence d'une résidence stable et effective. Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Essonne aurait méconnu les dispositions précitées ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en considérant qu'il présentait un risque de fuite.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
18. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. B ne saurait se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
19. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
20. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné à quatre mois de prison par le tribunal judiciaire de Bobigny le 25 mai 2022 pour vol avec récidive et qu'il a fait l'objet de 25 signalements en particulier pour des vols et du recel. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 13, les parents de l'intéressé, titulaires de carte de résident de dix ans, ainsi que l'ensemble de sa fratrie et ses deux enfants, titulaires de la nationalité française, résident en France. Dans ces conditions, eu égard à l'intensité des liens de l'intéressé avec le territoire français, ce dernier est fondé à soutenir qu'en fixant à trente-six mois la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet a commis une erreur d'appréciation. M. B est, par suite, fondé à demander l'annulation de cette décision, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre elle.
21. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
22. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. ".
23. Le présent jugement qui annule uniquement l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 36 mois prononcée à l'encontre de M. B par préfet de l'Essonne le 21 juillet 2022 implique seulement qu'il soit enjoint au préfet de l'Essonne de prendre toute mesure propre à mettre fin au signalement de M. B dans le système d'information Schengen procédant de la décision annulée.
Sur les frais liés au litige :
24. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : L'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 36 mois prononcée par le préfet de l'Essonne à l'encontre de M. B le 21 juillet 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Essonne de prendre toute mesure propre à mettre fin au signalement de M. B dans le système d'information Schengen procédant de l'interdiction de retour ci-dessus annulée.
Article 3 : L'État versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Essonne.
Copie en sera adressée à l'association service social familial migrants
Lu en audience publique le 24 août 2022.
Le magistrat désigné,
S. DLe greffier,
A. KOLTCHEVA
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./8
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026