mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2217310 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Section 8 - Chambre 1 |
| Avocat requérant | DE SA PALLIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 13 août et le 18 octobre 2022, M. A E, représenté par Me de Sa-Pallix, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 août 2022 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays à destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, ou au préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de sept jours, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que son droit à être entendu, garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, a été méconnu ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que l'autorité administrative n'a pas examiné son état de santé et que l'autorité médicale n'a pas été saisie en méconnaissance des articles R. 611-1 et R. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de l'arrêté du 27 décembre 2016 ;
- elle est entaché d'une vice de procédure méconnaît les dispositions de l'article L. 142-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ainsi que le décret n°87-249 du 8 avril 1987 dès lors qu'il n'est établi que des agents habilités ont consulté les fichiers informatisés relatifs au traitement automatisé de traces et empreintes digitales et palmaires ainsi que ceux relatifs aux procédures judiciaires en cours ou closes ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnait l'autorité de la chose jugée qui s'attache aux jugements rendus par le tribunal administratif les 16 mai, 20 décembre 2019 et 7 mai 2021 et à l'ordonnance du tribunal correctionnel de Paris du 23 février 2021 ;
- elle méconnait les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision refusant un délai de départ volontaire :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 octobre 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure pénale ;
- le décret n°87-249 du 8 avril 1987 ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016, relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- et les observations de Me de Sa-Pallix avocat de M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant camerounais né le 23 août 1991 et entré en France en 2013 selon ses déclarations, a fait l'objet d'un arrêté du 10 août 2022 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sur le fondement des dispositions des 1° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé son pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. M. E demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-PREF-DCPPAT-BCA-085 du 17 juin 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Essonne du même jour, le préfet de l'Essonne a donné délégation à Mme B D, chef du bureau de l'éloignement, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement du directeur de l'immigration et de l'intégration, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ce dernier n'ait pas été absent ou empêché lorsqu'elle a signé la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " La décision portant de quitter le territoire français est motivée. ".
4. En l'espèce, la décision attaquée mentionne les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de l'Essonne a fait application pour obliger M. E à quitter le territoire français et indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé. Si cet arrêté ne mentionne pas tous les éléments caractérisant la situation de M. E, il lui permet de comprendre les motifs de la mesure d'éloignement qui lui est opposé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement invoquer le principe général du droit de l'Union, relatif au respect des droits de la défense, et qui implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
6. M. E, qui a été auditionné le 16 novembre 2021 par les services de la direction départementale de la police aux frontières de l'Essonne et qui a informé l'autorité administrative de la pathologie dont il souffre tout en déclarant qu'il envisageait de retourner dans son pays d'origine en exécution d'une mesure d'éloignement, a ainsi été mis à même, dans les circonstances de l'espèce, de présenter ses observations. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance du principe fondamental du droit d'être entendu, tel qu'énoncé par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ". Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ". Aux termes de l'article R. 611-2 de ce code : " L'avis mentionné à l'article R. 611-1 est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu : / 1° D'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier ; / 2° Des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / Toutefois, lorsque l'étranger est placé ou maintenu en rétention administrative, le certificat prévu au 1° est établi par un médecin intervenant dans le lieu de rétention conformément à l'article R. 744-14. ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 27 décembre 2016 fixant les conditions dans lesquelles cet avis est émis : " L'étranger qui dépose une demande de délivrance ou de renouvellement d'un document de séjour pour raison de santé est tenu () de faire établir un certificat médical relatif à son état de santé par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier. / A cet effet, le préfet du lieu où l'étranger a sa résidence habituelle lui remet un dossier comprenant une notice explicative l'informant de la procédure à suivre et un certificat médical vierge, dont le modèle type figure à l'annexe A du présent arrêté ". Aux termes de l'article 9 du même arrêté : " L'étranger qui, dans le cadre de la procédure prévue aux titres I et II du livre V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sollicite le bénéfice des protections prévues au [9° de l'article L. 611-3] () est tenu de faire établir le certificat médical mentionné au deuxième alinéa de l'article 1er. () ".
8. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage d'éloigner un étranger du territoire national, de vérifier que cette décision ne peut avoir de conséquences exceptionnelles sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait une éventuelle interruption des traitements suivis en France. Dans ce cadre, et dès lors qu'elle dispose d'éléments d'information suffisamment précis permettant d'établir qu'un étranger, résidant habituellement en France, présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie qu'elle prévoit des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, l'autorité préfectorale doit, lorsqu'elle envisage de prendre une telle mesure à son égard, saisir le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et l'intégration ou le médecin de l'Office pour avis dans les conditions prévues par les dispositions précitées de de l'article R. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En l'espèce, il ne ressort pas du procès-verbal de l'audition du 16 novembre 2021 de M. F les services de la direction départementale de la police aux frontières de l'Essonne, au cours de laquelle le requérant s'est borné à faire état de la pathologie dont il est affecté ainsi que d'une prise en charge médicale en maison d'arrêt sans davantage de précision, qu'il aurait porté à la connaissance du préfet de l'Essonne des éléments circonstanciés quant à son état de santé ou qu'il aurait fait état de l'exceptionnelle gravité qu'emporterait la rupture des soins qui lui sont administrés ou de l'indisponibilité d'une prise en charge appropriée dans son pays d'origine. Par suite, et quand bien même le préfet aurait par le passé eu connaissance de la pathologie de M. E, le moyen tiré d'un vice de procédure faute de la remise de la notice explicative prévue par l'article 1er de l'arrêté du 27 décembre 2016 et de la saisine de l'autorité médicale compétente, doit être écarté.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 142-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En vue de l'identification d'un étranger qui n'a pas justifié des pièces ou documents mentionnés à l'article L. 812-1 ou qui n'a pas présenté à l'autorité administrative compétente les documents de voyage permettant l'exécution d'une décision de refus d'entrée en France, d'une interdiction administrative du territoire français, d'une décision d'expulsion, d'une mesure de reconduite à la frontière, d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français ou d'une peine d'interdiction du territoire français ou qui, à défaut de ceux-ci, n'a pas communiqué les renseignements permettant cette exécution, les données des traitements automatisés des empreintes digitales mis en œuvre par le ministère de l'intérieur peuvent être consultées par les agents expressément habilités des services de ce ministère dans les conditions prévues par le règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l'égard des traitements des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données et par la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés.". Aux termes de l'article 17-1 de la loi du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité : " Il est procédé à la consultation prévue à l'article L. 234-1 du code de la sécurité intérieure pour l'instruction des demandes () de délivrance et de renouvellement des titres relatifs à l'entrée et au séjour des étrangers () ". Aux termes de l'article R. 79 du code de procédure pénale : " Outre le cas prévu aux 1°, 2° et 4° de l'article 776, le bulletin n° 2 du casier judiciaire est délivré : / 1° Aux administrations publiques de l'Etat chargées de la police des étrangers. ". Aux termes de l'article R. 40-29 du même code : " I. Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, () les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : / () / 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat ". En vertu des dispositions du 3° de l'article 8 du décret du 8 avril 1987 relatif au fichier automatisé des empreintes digitales (FAED), les agents désignés peuvent accéder au fichier pour procéder aux opérations d'identification à la demande des officiers de police judiciaire de la police nationale ou de la gendarmerie nationale en vertu des dispositions des articles L. 611-1-1, L. 611-3 et L. 611-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. Pour obliger M. E à quitter le territoire français, le préfet de l'Essonne s'est fondé sur des éléments tirés d'une fiche pénale établie par l'administration pénitentiaire, du FAED et de l'application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France (AGDREF). Il ne ressort pas des pièces du dossier, contrairement à ce que soutient le requérant, que le préfet de l'Essonne aurait recueilli d'autres informations à l'issue d'une consultation du fichier des antécédents judiciaires ou du fichier de gestion de l'éloignement, mentionné à l'article R.142-28 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure tenant à une telle consultation doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
12. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; / (). ".
13. Il ressort des termes de l'arrêté que, pour obliger le requérant à quitter le territoire français, le préfet de l'Essonne s'est fondé sur les dispositions du 1° et du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en constatant que M. E ne justifiait pas être entré régulièrement sur le territoire français, s'y était maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour, et que son comportement constituait une menace pour l'ordre public. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est pas allégué par le requérant, que ce dernier est entré régulièrement en France ou a été mis en possession d'un titre de séjour. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'il s'est rendu coupable de faits de vol en récidive pour lesquels il a été condamné le 2 novembre 2021 par le tribunal correctionnel de Bobigny à cinq mois d'emprisonnement ainsi que de faits de vol avec destruction ou dégradation pour lesquels il a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris le 29 octobre 2021 à cinq mois d'emprisonnement, tout en ayant été signalé par les services de police pour de nombreux faits de vol et de recel de biens provenant de vol entre le 23 septembre 2019 et le 3 novembre 2021. Le préfet pouvait ainsi, sans erreur d'appréciation, estimer que le comportement de M. E, qui ne résidait pas régulièrement en France depuis plus de trois mois, constituait une menace pour l'ordre public. Dès lors, M. E entrait dans les cas où le préfet peut décider d'obliger à éloigner un étranger du territoire français, sans qu'y fasse obstacle, par elle-même, l'autorité de chose jugée attachée aux jugements rendus par le tribunal administratif les 16 mai, 20 décembre 2019 et 7 mai 2021 annulant des refus de titre de séjour opposés au requérant et enjoignant la délivrance d'un titre de séjour ou une obligation de quitter le territoire français, dès lors que les circonstances de droit et de fait sont différentes, ni l'autorité de chose jugée attachée à l'ordonnance du tribunal correctionnel de Paris du 23 février 2021 décidant l'hospitalisation sous contrainte de l'intéressé, laquelle est sans incidence sur une mesure prise sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est entachée de défaut de base légale ou méconnait l'autorité de chose jugée.
14. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne a procédé à un examen particulier de la situation personnelle M. E avant de l'obliger à quitter le territoire français, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir que cela n'aurait pas été le cas.
15. En troisième lieu, en vertu des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français un étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle prise gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.
16. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. E serait dans l'impossibilité de pouvoir effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et qu'il ne pourrait y voyager sans risque. Par suite, sans que le requérant puisse se prévaloir de ce que le défaut de prise en charge de ses pathologies pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de la méconnaissance alléguée du champ d'application de la loi à ce titre, doit être écarté.
17. En dernier lieu, aux termes de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
18. Si M. E se prévaut de ce qu'il est entré sur le territoire français en 2013 et qu'il y entretient des liens personnels et familiaux, sa mère en particulier y résidant, il ne justifie pas de l'ancienneté de son séjour tandis qu'il est célibataire sans charge de famille et n'apporte aucun élément de nature à établir son absence d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge à tout le moins d'environ vingt-deux ans. Par ailleurs, il a commis à plusieurs reprises des faits répréhensibles ainsi qu'il a été rappelé au point 13, pour lesquels il a été condamné à des peines de prison quand bien même il présente des troubles psychiques. Compte tenu de l'ensemble de ces circonstances, et en dépit de ce qu'il entretiendrait une relation particulière avec sa mère en raison de son état de santé, en obligeant M. E à quitter le territoire français, le préfet de l'Essonne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis. Il n'a donc méconnu ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Il n'a pas davantage commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. E.
Sur la légalité de la décision de refus de délai de départ volontaire :
19. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 2, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.
20. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de l'Essonne a fait application pour refuser un délai de départ volontaire au requérant, notamment celles de l'article L. 612-2 de ce code. Elle mentionne également les motifs pour lesquels le préfet a estimé qu'aucun délai de départ volontaire n'était justifié. Elle comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
21. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne a procédé à un examen particulier de la situation personnelle M. E avant de refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir que cela n'aurait pas été le cas.
22. En quatrième lieu, compte tenu de ce qui a été dit précédemment aux points 2 à 18, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
23. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". En vertu du 8° de l'article L. 612-3 de ce code, le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans le cas où l'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes.
24. Pour refuser d'accorder à M. E un délai de départ volontaire, le préfet de l'Essonne s'est notamment fondé sur la circonstance que le comportement de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public à raison des éléments rappelés au point 13. Il résulte de ce même point 13 que le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation sur ce point. Dès lors, sans que le requérant puisse se prévaloir de ce qu'il présenterait des garanties de représentation suffisantes, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
25. En dernier lieu, si le requérant se prévaut de ce qu'il dispose de garanties de représentation suffisantes, qu'il bénéficie d'un suivi médical en France et qu'il ne pouvait exécuter la mesure d'éloignement dans un délai de quarante-huit heures compte tenu de la nécessité notamment de réaliser un test PCR et d'en attendre les résultats dans le contexte de pandémie mondiale et de restrictions à l'entrée sur le territoire du Cameroun, ces seuls éléments, compte tenu notamment de l'absence de justification de la nécessité de la présence sur le territoire du requérant à bref délai ou des mesures restrictives mises en place par les autorités camerounaises, ne sont pas de nature à établir que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
26. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 2, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.
27. En deuxième lieu, la décision comporte de manière suffisante les circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement et, par suite, satisfait à l'obligation de motivation.
28. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne a procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant avant de fixer le pays duquel il pourra être éloigné, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir que cela n'aurait pas été le cas.
29. En dernier lieu, compte tenu notamment de ce que M. E n'établit pas être légalement admissible dans un pays où il aurait demandé en vain à être éloigné, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant son pays de renvoi.
Sur la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
30. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / (). ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / (). ".
31. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 2, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
32. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
33. En l'espèce, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, qui vise les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde, en rappelant l'absence de délai de départ volontaire donné à M. E pour quitter le territoire français, ainsi que sa soustraction à une précédente mesure d'éloignement, la menace à l'ordre public que sa présence en France représente, et tout en faisant référence à sa situation personnelle décrite par ailleurs, est suffisamment motivée.
34. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 25, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire doit être écarté.
35. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne a procédé à un examen particulier de la situation personnelle M. E avant de lui interdire de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir que cela n'aurait pas été le cas.
36. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu de la menace à l'ordre public que représente M. E, de son absence d'insertion en France par-delà la présence de sa mère, et du défaut de justification de sa durée de résidence sur le territoire, et quand bien même une précédente mesure d'éloignement le concernant aurait été annulée, que le préfet de l'Essonne a fait une inexacte appréciation des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui doivent être regardées comme invoquées, en fixant à trois ans la durée de son interdiction de retour, sans que le requérant puisse se prévaloir de ce que la décision édictant le principe de cette interdiction, qui est fondée sur l'absence de délai de départ volontaire, méconnaît ces dispositions ou de ce que ces décisions sont entachées par ailleurs d'une erreur manifeste d'appréciation.
37. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point 18, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans porte au droit de M. E au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'elle poursuit en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
38. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dès lors que l'Etat n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Delesalle, président ;
- Mme Marik-Descoings, première conseillère ;
- M. Matalon, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
H. C
L'assesseure la plus ancienne,
N. Marik-DescoingsLa greffière,
A. Koltcheva
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026