jeudi 1 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2217673 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PHILIPPON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 août 2022, M. B, représenté par Me Philippon, demande au juge des référés, saisi en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel le préfet de police a suspendu son traitement pour absence de service fait à compter du 5 mai 2022 ;
3°) d'enjoindre à l'administration de procéder sans délai au versement de son traitement et de ses primes, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est privé de toute rémunération et est célibataire ; il doit continuer à honorer ses charges courantes, auxquelles il ne peut plus faire face ; sa situation financière et sociale devient difficile ; il craint de ne pas pouvoir obtenir un logement social compte tenu de l'absence de revenus ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
. il n'est pas justifié de la compétence de son signataire ;
. cette décision est insuffisamment motivée et le principe du contradictoire a été méconnu ; il a informé l'administration de son placement en congé de maladie et il a droit à une rémunération même en l'absence de service fait ; il s'agit d'une sanction déguisée, en l'espèce non motivée ; il appartenait à l'administration de l'inviter à consulter son dossier administratif ; il a été sanctionné pour de prétendus manquements ;
. un détournement de procédure a été commis et il a fait l'objet d'une sanction disciplinaire déguisée ;
. une erreur de droit et une erreur de fait ont été commises ; un fonctionnaire justifiant de son placement en arrêt de maladie continue de percevoir son traitement dans les conditions prévues par la loi du 11 janvier 1984 et le décret du 7 octobre 1984 ; l'administration n'établit pas qu'il se serait volontairement abstenu de se présenter à une contre-visite par un médecin agréé en application de l'article 25 du décret du 14 mars 1986 ; il n'a reçu une convocation au service de la médecine et de contrôle que le 26 mars 2022, soit postérieurement à la date de convocation ; il appartenait à l'administration de saisir elle-même ce service ; son arrêt de travail est justifié par des raisons médicales.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive et, par suite, irrecevable ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ; le requérant a été informé dès le 5 mai 2022 d'une suspension de traitement en cas de refus de se présenter au service de médecine statutaire et de contrôle pour se soumettre à la contre-visite médicale réglementaire ; s'il indique avoir pris connaissance de l'arrêté contesté le 31 juillet 2022, il n'a accompli aucune démarche pour régulariser sa situation et a quitté la métropole pour le département de la Guadeloupe, au plus tard le 5 août 2022, sans en informer sa hiérarchie ; il ne fournit aucun avis d'imposition permettant de justifier de ses ressources ; il s'est lui-même placé dans une situation d'urgence ;
- aucune des moyens invoqués n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 30 août 2022, M. B conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.
Il soutient en outre que :
- il n'est pas justifié de la qualité du signataire du mémoire en défense ;
- sa requête est recevable dès lors que sa demande d'aide juridictionnelle a interrompu les délais de recours contentieux ;
- la condition d'urgence est établie.
Vu :
- la requête par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Riou, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de M. le Calvez, représentant le préfet de police, qui développe les motifs de défense déjà énoncés ; il prend acte de ce qu'une demande d'aide juridictionnelle a pu avoir été présentée avant l'expiration du délai de recours contentieux.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Le préfet de police a produit une note en délibéré et M. B des pièces complémentaires, enregistrées le 30 août 2022.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la recevabilité du mémoire en défense 29 août 2022 :
3. Si M. B, qui demande la suspension de l'exécution de l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel le préfet de police a suspendu son traitement pour absence de service fait à compter du 5 mai 2022, soutient que le signataire du mémoire en défense présenté pour le préfet de police n'aurait pas disposé d'une délégation de signature régulière, cette allégation, au demeurant inexacte, est en tout état de cause, s'agissant d'observations en défense tendant uniquement au rejet d'un référé, dépourvue d'incidence sur la solution du litige. La fin de non-recevoir opposée par le requérant doit, dès lors, être écartée.
Sur la demande de référé :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision. ".
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il en va ainsi, alors même que cette décision n'aurait un objet ou des répercussions que purement financiers et que, en cas d'annulation, ses effets pourraient être effacés par une réparation pécuniaire. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
6. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision litigieuse, le requérant soutient que cette décision a pour effet de le priver de son traitement à compter du 5 mai 2022 et préjudicie donc de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation compte tenu de ses charges. Il fait notamment valoir qu'il doit continuer à honorer ses charges courantes, auxquelles il ne peut plus faire face, que sa situation financière et sociale devient difficile et qu'il il craint de ne pouvoir obtenir un logement social compte tenu de l'absence de revenus. Toutefois, si, en l'absence de service fait pendant la période en cause, le requérant est fondé à soutenir que cette mesure litigieuse entraîne la privation de son traitement et des rémunérations accessoires y afférentes liés à l'exercice effectif des fonctions, cette seule circonstance est insuffisante à démontrer que la condition d'urgence est satisfaite, laquelle doit prendre également en compte la situation personnelle, familiale et financière de l'intéressé, ses éventuelles autres ressources et ses charges réelles. En l'espèce, le préfet soutient sans être sérieusement contredit que le requérant a fait l'objet d'une mise en demeure du 29 mars 2022, notifiée le 5 mai 2022, mentionnant une absence irrégulière depuis le 6 mars 2022 et l'informant de ce qu'il allait faire l'objet d'une suspension de traitement s'il refusait de se présenter au service de médecine statutaire et de contrôle pour se soumettre à une contre-visite médicale réglementaire. En outre, si l'intéressé allègue n'avoir pris connaissance de la décision attaquée que le 31 juillet 2022, il n'a pas régularisé sa situation mais a quitté la métropole pour se rendre en Guadeloupe, ainsi qu'en atteste un certificat médical du 5 août 2022, sans en informer sa hiérarchie. Il ne s'était d'ailleurs pas présenté à une convocation antérieure du 24 mars 2022. Par ailleurs, si M. B produit des éléments relatifs à ses charges, il ne justifie pas suffisamment de ses revenus, en l'absence de production, notamment, d'avis d'imposition. A défaut d'en justifier et de permettre ainsi au juge des référés d'en mesurer les conséquences réelles ainsi que leur gravité, M. B n'établit pas que la mesure litigieuse prononcée à son encontre est de nature à préjudicier de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme satisfaite.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de police tirée de la tardiveté de la requérant au fond, que les conclusions à fin de suspension présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Philippon.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 1er septembre 2022.
Le juge des référés
C. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026