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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2217973

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2217973

vendredi 9 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2217973
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantATGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 août 2022 et un mémoire enregistré le 7 septembre 2022, M. C A, représenté par Me Atger, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 30 juin 2022 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir rétroactivement le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, Me Atger, au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou, si sa demande d'aide juridictionnelle devait être rejetée, de lui verser la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence

- la condition relative à l'urgence est remplie dès lors qu'il est dépourvu de ressources, qu'il se retrouve sans hébergement et que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une extrême gravité ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée

- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'OFII n'a pas tenu compte de sa vulnérabilité ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'OFII s'est cru en situation de compétence liée ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il n'a jamais reçu les convocations à se présenter aux autorités les 2 et 3 décembre 2021 et a honoré ses convocations postérieures ; il ne peut être considéré comme étant en fuite ; la tentative d'éloignement alléguée du 22 août 2022 est postérieure à la décision attaquée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle au regard de sa vulnérabilité particulière ;

- elle est inconventionnelle en ce qu'elle méconnaît les stipulations de l'article 20 de la directive 2013/33/UE dès lors que cette décision ne résulte pas de circonstances exceptionnelles.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 septembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que l'urgence n'est pas établie qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2217974 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue, le 7 septembre 2022 à 15h00, en présence de Mme Maurice, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Un mémoire a été présenté par l'OFII enregistré le 7 septembre 2022 à 16h41, après la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant afghan né le 5 avril 1996, a présenté une demande d'asile enregistrée en guichet unique le 4 juin 2021 et a accepté, le même jour, l'offre de prise en charge de l'OFII afin de bénéficier des conditions matérielles d'accueil. Il a été placé en procédure dite " Dublin " et le préfet de police a décidé son transfert aux autorités roumaines par un arrêté du 29 juillet 2021. Par une décision du 30 juin 2022, l'OFII a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter aux autorités les 2 et 3 décembre 2021. Par la présente requête, M. A demande la suspension de l'exécution de la décision du 30 juin 2022 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée doit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

5. En l'état de l'instruction aucun des moyens soulevés par M. A et visés ci-dessus n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée du 30 juin 2022. Dès lors, la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Atger et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Copie sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 9 septembre 2022.

La juge des référés,

J. EVGENAS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°2217973/2-1

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