vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2218092 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET LHUMEAU, GIORGETTI, HENNEQUIN & ASSOCIES - LGH & ASSOCIES (SELAS) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 août 2022, le fonds de dotation Agnès Troublé dit " C A " et la SCI les Anges, représentées par Me Aksil, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner à l'OPH Paris habitat de prendre toutes les mesures utiles conservatoires de nature à mettre un terme aux venues d'eau dans le local commercial situé place Jean-Michel Basquiat (75013) appartenant à la SCI et exploité par le fonds de dotation ;
2°) d'ordonner à l'OPH Paris habitat de faire réaliser ces travaux dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OPH Paris habitat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elles soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que les dégâts des eaux en cause portent une atteinte grave et disproportionnée au droit de propriété et à la liberté d'exploitation, en méconnaissance de l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; les artistes ne souhaitent plus exposer dans la galerie et le risque d'endommagement des œuvres d'art est avéré ;
- la mesure demandée est utile dans la mesure où les travaux de reprise ponctuels réalisés lors des expertises amiables par la société Asten n'ont pas mis un terme définitif aux venues d'eau et infiltrations ; les travaux de reprises sont évalués au minimum à 50 700 euros TTC ; dans l'attente, elles subissent une perte importante d'exploitation ainsi qu'une atteinte à leur image ; des mesures conservatoires doivent, dès lors, être prises.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI les Anges est propriétaire d'un local commercial situé place Jean-Michel Basquiat (75013) destiné exclusivement aux activités de diffusion culturelle, d'exposition, de diffusion de mécénat et de philanthropie de la collection d'œuvres d'Agnès B, comprenant une activité de galerie d'art et de librairie. Le fonds de dotation Agnès Troublé dit " C A " occupe ce local exploité en galerie d'art, par prêt d'usage datant du 10 janvier 2020. Les requérantes font valoir que dès la prise de possession des lieux, il a été constaté l'apparition d'importantes fuites d'eau impactant le local et provenant de la crèche municipale. Un constat amiable de dégâts des eaux a été établi par Agnès B et l'OPH Paris habitat le 28 septembre 2020 et une recherche de fuite diligentée par l'OPH le 22 décembre 2020 a mis en évidence que les venues d'eau étaient imputables à un défaut d'étanchéité de la terrasse de la crèche et à la vétusté des deux caniveaux de cette terrasse. Une déclaration de sinistre a été faite auprès de l'assureur dommage-ouvrage le 25 janvier 2021 et l'expertise amiable a conclu à un défaut ponctuel d'étanchéité au droit des platines d'évacuation en pied de façade menuisé. Plusieurs mises en demeure ont été adressées à l'OPH Paris habitat pour connaître le détail des travaux à réaliser et leur échéancier, qui sont demeurées sans réponse. Les requérantes demandent que soient ordonnées toutes mesures utiles conservatoires de nature à mettre un terme aux venues d'eau dans le local commercial en cause.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence, ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par ordonnance motivée [] ", sans instruction ni audience publique.
3. Saisi sur le fondement de ces dispositions, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En particulier, pour prévenir ou faire cesser un dommage dont l'imputabilité à des travaux publics ou à un ouvrage public ne se heurte à aucune contestation sérieuse, le juge des référés peut enjoindre au responsable du dommage de prendre des mesures conservatoires destinées à faire échec ou mettre un terme aux dangers immédiats présentés par l'état de l'immeuble.
4. D'une part, il résulte de l'instruction qu'un rapport de recherche de fuites a été établi le 22 décembre 2020, puis un rapport définitif d'expertise dommages ouvrage le 19 octobre 2021 comportant des devis de travaux datant de juin 2021, et enfin un rapport de constat d'huissier le 31 octobre 2021. Il résulte du rapport définitif d'expertise que des mesures conservatoires ont été prises au niveau du préau de la crèche et qu'aucune nouvelle infiltration n'a été constatée depuis lors. En outre, une intervention a permis de détourner les canalisations de la terrasse. Les requérantes ne justifient dès lors pas de l'utilité particulière des mesures conservatoires supplémentaires sollicitées. Par ailleurs, les requérantes ne justifient pas de démarches particulières auprès de l'OPH Paris habitat entre la date de remise de ces documents et avril 2022. Elles versent au dossier des courriers des 31 mai 2022 et 2 août 2022 mettant cet établissement en demeure de mettre fin aux désordres en cause et de justifier de la mise en œuvre de travaux et de leur échéancier, alors que la persistance des venues d'eau et infiltrations avait été constatée sur toute la période et avait remis en cause la bonne exploitation de la galerie d'art. Dès lors, la condition d'urgence fixée par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. D'autre part, ainsi qu'il a été rappelé plus haut, les requérantes ont mis en demeure l'OPH Paris habitat de leur donner le détail des travaux envisagés ainsi que leur échéancier et son acceptation du principe de la prise en charge de ces travaux, notamment le 31 mai 2022 et le 2 août 2022. Ces demandes sont demeurées infructueuses et doivent donc être regardées comme ayant été implicitement rejetées. Or, il n'appartient pas au juge des référés d'ordonner des mesures susceptibles de faire obstacle à l'exécution de ces décisions implicites. La demande des requérantes se heurte, dès lors, à une contestation sérieuse.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions du fonds de dotation Agnès Troublé dit " C A " et de la SCI les Anges formulées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte et leur demande présentée sur le fondement des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du fonds de dotation Agnès trouble dit " C A " et de la SCI les Anges est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au fonds de dotation Agnès trouble dit " C A ", à la SCI les Anges et à l'OPH Paris habitat.
Fait à Paris, le 30 septembre 2022.
La juge des référés,
C. B
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026