mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2218431 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | GANNAT |
Vu la procédure suivante :
Par une demande et des mémoires, enregistrés les 20 octobre 2021 et 13 janvier, 4 février, 14 juin, 7 juillet, 9 septembre et 30 octobre 2022, Mme B C, représentée par Me Gannat, demande au tribunal administratif d'enjoindre à la Ville de Paris de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n°1913270/2-2 du 8 juillet 2021 par lequel le tribunal a annulé la décision implicite par laquelle la maire de Paris a rejeté sa demande du 25 mars 2019 tendant à la requalification de ses engagements comme vacataire en contrats à durée déterminée, pour les périodes du 1er septembre 1994 au 31 août 1999, du 1er septembre 2014 au 31 août 2015 et du 1er septembre 2016 au 31 août 2019 et à la régularisation de sa situation administrative pour la période du 8 juin 1998 au 27 septembre 1998, pendant laquelle elle a été placée en congé de maternité sans traitement. Ce jugement a également enjoint à la Ville de Paris, d'une part, de requalifier les décisions d'engagement de Mme C en qualité de vacataire, pour les périodes comprises entre le 1er septembre 1994 et le 31 août 1999, le 1er septembre 2014 et le 31 août 2015, et le 1er septembre 2016 et le 31 août 2019, en contrats à durée déterminée d'un agent public non titulaire et, d'autre part, de reconstituer, en conséquence de cette requalification, sa carrière, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Elle soutient que la Ville de Paris n'a pas exécuté le jugement du tribunal administratif n°1913270/2-2 du 8 juillet 2021.
Par des mémoires en date des 20 janvier et 20 octobre 2022, la Ville de Paris conclut au rejet de la demande de Mme C.
Elle soutient que :
- trois contrats à durée déterminée, en qualité d'assistante spécialisée d'enseignement artistique des conservatoires de Paris, dans la spécialité musique, couvrant les périodes du 1er septembre 1994 au 31 août 1999, du 1er septembre 2014 au 31 août 2015 et du 1er septembre 2016 au 31 août 2019, lui ont été proposés au titre de la reconstitution de sa carrière ;
- la période courant d'octobre 2014 à août 2015 n'ouvre pas droit à rémunération dès lors que Mme C n'a pas assuré de service durant cette période ;
- l'indemnité qu'elle était en droit de percevoir en exécution du jugement n°1913270/2-2 du 8 juillet 2021 et correspondant à la différence de rémunération entre ce qu'elle a perçu en tant qu'agent vacataire et ce qu'elle aurait dû percevoir en tant qu'agent contractuel, lui a bien été versée par un mandat administratif en date du 19 janvier 2022 ;
- la somme de 1 500 euros, due au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, a bien été réglée à Mme C.
Par une ordonnance en date du 26 août 2022, le vice-président du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 91-857 du 2 septembre 1991 ;
- le décret n° 2012-437 du 29 mars 2012 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les conclusions de M. Tancrède Lahary, rapporteur public ;
- et les observations de Me Gannat, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. "
2. Par un jugement n°1913270/2-2 du 8 juillet 2021 devenu définitif, le tribunal administratif de Paris a annulé la décision implicite par laquelle la maire de Paris a rejeté la demande de Mme C du 25 mars 2019 tendant à la requalification de ses engagements comme vacataire en contrats à durée déterminée, pour les périodes du 1er septembre 1994 au 31 août 1999, du 1er septembre 2014 au 31 août 2015 et du 1er septembre 2016 au 31 août 2019 et à la régularisation de sa situation administrative pour la période du 8 juin 1998 au 27 septembre 1998, pendant laquelle elle a été placée en congé maternité sans traitement. Ce jugement a également enjoint à la Ville de Paris, d'une part, de requalifier les décisions d'engagement de Mme C en qualité de vacataire, pour les périodes comprises entre le 1er septembre 1994 et le 31 août 1999, le 1er septembre 2014 et le 31 août 2015, et le 1er septembre 2016 et le 31 août 2019, en contrats à durée déterminée d'un agent public non titulaire et, d'autre part, de reconstituer, en conséquence de cette requalification, la carrière de Mme C, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Enfin, ce jugement a mis à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros à la requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Mme C demande au tribunal d'assurer l'exécution dudit jugement.
3. En premier lieu, aux termes de l'article 2 du décret du 2 septembre 1991 portant statut particulier du cadre d'emplois des professeurs territoriaux d'enseignement artistique : " Les professeurs d'enseignement artistique exercent leurs fonctions, selon les formations qu'ils ont reçues, dans les spécialités suivantes : / 1° Musique (). Les spécialités Musique, Danse et arts plastiques comprennent différentes disciplines. / Pour les spécialités Musique, Danse et Art dramatique, ils exercent leurs fonctions dans les conservatoires à rayonnement régional, départemental, communal ou intercommunal classés par l'Etat. () Les professeurs d'enseignement artistique assurent un enseignement hebdomadaire de seize heures. / Les professeurs d'enseignement artistique sont placés, pour l'exercice de leurs fonctions, sous l'autorité du directeur de l'établissement d'enseignement artistique. / Ils assurent la direction pédagogique et administrative des conservatoires à rayonnement communal ou intercommunal et, par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa, des établissements d'enseignement de la musique, de la danse et de l'art dramatique non classés et des écoles d'arts plastiques qui ne sont pas habilitées à dispenser tout ou partie de l'enseignement conduisant à un diplôme d'Etat ou à un diplôme agréé par l'Etat. " Aux termes de l'article 4 du même décret : " Sont inscrits sur la liste d'aptitude prévue au 1° de l'article 3 ci-dessus les candidats déclarés admis : / 1° Pour les spécialités Musique et Danse, à l'un des concours externes sur titres avec épreuve ouverts dans l'une de ces spécialités et, le cas échéant, dans l'une des disciplines mentionnées à l'article 2, aux candidats titulaires du certificat d'aptitude aux fonctions de professeur des conservatoires classés. " Il ressort des dispositions de l'article 4 de ce décret que pour être inscrits sur la liste d'aptitude permettant le recrutement en qualité de professeur d'enseignement artistique, les candidats doivent être titulaires du certificat d'aptitude aux fonctions de professeur des conservatoires classés.
4. Aux termes de l'article 3 du décret du 29 mars 2012 portant statut particulier du cadre d'emplois des assistants territoriaux d'enseignement artistique : " I. ' Les membres du cadre d'emplois des assistants territoriaux d'enseignement artistique exercent leurs fonctions, selon les formations qu'ils ont reçues, dans les spécialités suivantes :
1° Musique ; (). / Les spécialités musique et danse comprennent différentes disciplines. / Les membres du cadre d'emplois des assistants territoriaux d'enseignement artistique sont astreints à un régime d'obligation de service hebdomadaire de vingt heures. / Ils sont placés, pour l'exercice de leurs fonctions, sous l'autorité du fonctionnaire chargé de la direction de l'établissement dans lequel ils exercent leurs fonctions. / II. ' Les titulaires du grade d'assistant d'enseignement artistique sont chargés, dans leur spécialité, d'assister les enseignants des disciplines artistiques. Ils peuvent notamment être chargés de l'accompagnement instrumental des classes. / III. ' Les titulaires des grades d'assistant d'enseignement artistique principal de 2e classe et d'assistant d'enseignement artistique principal de 1re classe sont chargés, dans leur spécialité, de tâches d'enseignement dans les conservatoires à rayonnement régional, départemental, communal ou intercommunal classés, les établissements d'enseignement de la musique, de la danse et de l'art dramatique non classés ainsi que dans les écoles d'arts plastiques non habilitées à dispenser un enseignement sanctionné par un diplôme national ou par un diplôme agréé par l'Etat. / Ils sont également chargés d'apporter une assistance technique ou pédagogique aux professeurs de musique, de danse, d'arts plastiques ou d'art dramatique. / Ils peuvent notamment être chargés des missions prévues à l'article L. 911-6 du code de l'éducation. " Aux termes de l'article 5 du même décret : " I. ' Le concours externe est un concours sur titres avec épreuves ouvert, pour 30 % au moins des postes à pourvoir, aux candidats titulaires d'un titre figurant sur une liste établie par décret ou d'une qualification reconnue comme équivalente dans les conditions fixées par le décret du 13 février 2007 susvisé. "
5. Mme C prétend qu'aux fins de régulariser sa situation durant les périodes en litige, elle devait se voir proposer des contrats en qualité de professeur territorial d'enseignement artistique, dès lors qu'elle avait été recrutée en tant que professeur vacataire, ainsi que le mentionnent les décisions d'engagement qu'elle produit, et exerçait les fonctions de professeur. Toutefois, les dispositions précitées ne font pas obstacle à ce que des heures de cours, de la nature de celles qui ont été assurées par l'intéressée, soient confiées à un assistant territorial d'enseignement artistique, peu important à cet égard que les décisions d'engagement produites mentionnent que la requérante ait été engagée afin d'exercer les fonctions de " professeur ". En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas allégué que Mme C serait titulaire du certificat d'aptitude aux fonctions de professeur des conservatoires classés permettant de se présenter au concours externe pour l'accès au cadre d'emplois des professeurs territoriaux d'enseignement artistique en application de l'article 4 du décret du 2 septembre 1991 portant statut particulier du cadre d'emplois des professeurs territoriaux d'enseignement artistique. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir qu'en lui proposant trois contrats à durée déterminée en qualité d'assistante territoriale d'enseignement artistique des conservatoires de Paris, dans la spécialité musique, au titre de la reconstitution de sa carrière, pour les périodes en litige, la Ville de Paris n'aurait pas correctement exécuté le jugement du tribunal administratif n°1913270/2-2 du 8 juillet 2021.
6. En deuxième lieu, si, en l'absence de dispositions législatives ou réglementaires relatives à la fixation de la rémunération des agents non titulaires, l'autorité compétente dispose d'une large marge d'appréciation pour déterminer, en tenant compte notamment des fonctions confiées à l'agent et de la qualification requise pour les exercer, le montant de la rémunération ainsi que son évolution, il appartient au juge, saisi d'une contestation en ce sens, de vérifier qu'en fixant ce montant l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
7. Mme C prétend que la rémunération proposée par la Ville de Paris au titre de la reconstitution de sa carrière ne correspond pas à la réalité de ses fonctions, soit celles de professeur territorial d'enseignement artistique. Toutefois, il résulte de ce qui précède que les dispositions précitées ne font pas obstacle à ce que des heures de cours, de la nature de celles qui ont été assurées par l'intéressée, soient confiées à un assistant territorial d'enseignement artistique. Dans ces conditions, et alors qu'il est au demeurant constant que l'intéressée ne disposait pas du certificat d'aptitude aux fonctions de professeur des conservatoires classés par l'Etat, permettant de se présenter au concours externe pour l'accès au cadre d'emplois des professeurs territoriaux d'enseignement artistique, et qu'il n'est ni établi ni même soutenu qu'elle aurait assuré des missions de direction pédagogique et administrative du conservatoire, Mme C, qui au demeurant n'était embauchée qu'à temps très partiel, n'est pas fondée à soutenir qu'en fixant le montant de sa rémunération par référence au grade d'assistant d'enseignement artistique, la Ville de Paris aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.
8. En troisième lieu, la requérante prétend que le calcul de la rémunération qui lui est versée pour les périodes en litige, une fois sa carrière reconstituée, est erroné dès lors que la Ville de Paris procède à tort à des retenues de traitements au titre des indemnités journalières de Sécurité sociale et d'une démission entre octobre 2014 et août 2015. Toutefois, la requérante n'apporte aucun élément ou précision au soutien de ses allégations permettant d'en apprécier le bien-fondé, tant en ce qui concerne les sommes déduites au titre des indemnités journalières de Sécurité sociale qu'en ce qui concerne les sommes déduites au titre de sa démission pour les mois d'octobre 2014 à août 2015. Il est en tout état de cause constant que, si elle avait été employée en qualité d'agent contractuel, elle aurait été rémunérée par l'assurance maladie au cours de ses congés maladie et non par la Ville de Paris. Par suite, le moyen tiré des erreurs entachant le calcul de la rémunération fixée par la Ville de Paris ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que le jugement n° 1913270/2-2 du 8 juillet 2021 a été entièrement exécuté. Dans ces conditions, les conclusions de Mme C sollicitant l'exécution de ce jugement doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la Ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 31 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Errera, premier conseiller,
M. Huin-Morales, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
J. AL'assesseur le plus ancien,
A. ERRERA
La greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026