mercredi 12 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2219441 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
E une requête enregistrée le 19 septembre 2022, M. A C, représenté E Me de Seze demande au juge des référés, statuant E application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 22 août 2022 refusant de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder provisoirement les conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros E jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision de refus le maintien dans une situation de grande précarité ;
- il existe plusieurs moyens susceptibles de créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
• elle est dépourvue de base légale, elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de la situation particulière de l'intéressé ;
• elle est entachée de vices de procédures dès lors que la vulnérabilité du requérant n'a pas été prise en compte, qu'il n'a pas eu connaissance des informations prévues à l'article
L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que l'agent ayant mené l'entretien n'avait pas reçu de formation adéquate ;
• elle est illégale dès lors qu'elle se base sur un questionnaire lui-même illégal ;
• elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit dès lors que le requérant conteste bénéficier d'une protection internationale dans un autre Etat membre de l'Union européenne et avoir dissimulé des informations aux autorités chargées de l'asile.
E un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens de la requête n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
Vu :
- la requête au fond enregistrée sous le numéro 2219439,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 octobre 2022, en présence de M. Boucher, greffier d'audience :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me de Sèze, représentant M. C qui conclut aux mêmes fins que sa requête E les mêmes moyens. Il fait valoir en outre que l'OFII n'apporte pas la preuve de l'octroi d'une protection internationale E les autorités grecque. En tout état de cause, M. D, qui n'était pas informé de cette protection, n'a pas dissimulé d'information aux autorités françaises chargées de l'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant somalien né le 11 décembre 1990 a introduit une demande d'asile le 23 novembre 2020, rejetée le 20 mai 2022 E l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Il effectue un recours devant la cour nationale du droit d'asile le 28 juin 2022 et demande le 3 juillet 2022 le rétablissement de ces conditions matérielles d'accueil à l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). E deux courriers du 22 août 2022, l'OFII accepte de rétablir rétroactivement les conditions matérielles d'accueil mais refuse de l'admettre pour le futur, au motif qu'il n'y serait plus éligible dès lors qu'il aurait obtenu une protection internationale dans un autre Etat membre de l'Union européenne. E la présente requête, M. C demande la suspension de l'exécution de la décision du 22 août 2022 E laquelle le directeur de l'OFII refuse de le rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée doit E le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit E la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne l'urgence :
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.
6. En l'espèce, la décision refusant à M. C le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le place dans une situation de grande précarité en le privant d'un hébergement et de l'allocation de demandeur d'asile, alors même que, dans ces circonstances, la condition d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
7. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies E décret () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que, pour faire cesser le bénéfice E M. C des conditions matérielles d'accueil E la décision en litige, l'OFII s'est fondé sur le fait que l'intéressé n'a pas informé les autorités françaises de l'octroi d'une protection internationale E les autorités grecques le 12 avril 2018. Toutefois, pour établir la réalité de cette protection ainsi que la connaissance qu'en avait M. C, le préfet de police se borne, dans la présente instance, à produire un courrier du directeur de l'asile du ministère de l'intérieur non accompagné d'éléments provenant des autorités grecques. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'OFII a méconnu les dispositions de l'article L. 551-16 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en considérant que M. C avait dissimulé des informations aux autorités françaises chargées de l'asile est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. La présente ordonnance, qui suspend l'exécution de la décision contestée, implique seulement mais nécessairement que l'OFII procède au réexamen des conditions matérielles d'accueil au bénéfice de M. C. Il est enjoint à l'OFII d'y procéder dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. M. C étant admis provisoirement à l'aide juridictionnelle, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me de Sèze, conseil de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me de Sèze de la somme de 900 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C E le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 900 euros lui sera versée en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision du 22 août 2022 E laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas rétabli le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. C est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au réexamen des conditions matérielles d'accueil au bénéfice de M. C dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me de Sèze, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, la somme de 900 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C, l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui versera la somme de 900 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Me de Sèze et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Paris le 12 octobre 2022.
Le juge des référés,
B. B.
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des outre-mer, en ce qui concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2219441/
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026