jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2219753 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET MATUCHANSKY, POUPOT, VALDELIEVRE (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 septembre et 1er octobre 2022, l'association Le Stade Beaucairois 30, représentée par Me Giniès, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 21 juin 2022 de la Commission Fédérale du Futsal de la Fédération Française de Football, confirmée par une décision du 22 juillet 2022 par laquelle la Commission supérieure d'appel de la Fédération Française de Football a rétrogradé le club Stade Beaucairois 30 en Championnat Régional de ligue lors de la saison 2022/2023 ;
2°) d'enjoindre à la Fédération Française de Football d'intégrer provisoirement le club Stade Beaucairois 30 en division 2 du championnat de France de futsal ;
3°) de mettre à la charge de la Fédération Française de Football, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement de la somme de 4 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Elle soutient que :
Concernant l'urgence :
- l'urgence est caractérisée : la décision contestée lui cause un préjudice sportif majeur, l'empêchant de préparer, de recruter et d'enregistrer un effectif dans les délais ainsi que des préjudices financiers graves et immédiats ;
Concernant les moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision :
- la décision litigieuse est entachée d'incompétence dès lors qu'elle a été signée par le Directeur Général Adjoint et non par le président de la Commission ;
- elle méconnait le principe non bis in idem dès lors que la Commission Fédérale du Futsal a sanctionné deux fois le même club pour les mêmes faits ;
- la sanction prononcée est disproportionnée ; l'article 8 du règlement du championnat de France de futsal n'envisage la rétrogradation que comme une simple faculté donnée à la Commission mais ne revêt pas un caractère d'automaticité ;
- la décision contestée entraine une rupture d'égalité de traitement des administrés par la Fédération Française de Football ; au cours de la dernière journée de R3 poule C en Occitanie, la réserve de Carcassonne, dont l'équipe 1ère évolue en R1, a déclaré forfait ; or le club de Carcassonne s'est vu proposé une place dans le championnat R1 pour la saison 2022/2023.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 septembre et 4 octobre 2022, la Fédération Française de Football, représentée par le cabinet Matuchansky, Poupot et Valdelièvre, conclut :
1°) à titre principal au non-lieu à statuer sur la requête et à titre subsidiaire à son rejet au fond ;
2°) à ce qu'il soit mis à la charge de l'association Stade Beaucairois 30 une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient à titre principal que la requête apparaît privée d'objet dès lors que la saison 2022/2023 du championnat Division 2 a débuté le 24 septembre 2022 et que toute décision relative à la détermination des clubs appelés à participer à ce championnat doit être regardée comme étant entièrement exécutée à la date du début du championnat ; à titre subsidiaire, que l'urgence n'est pas caractérisée et que la requérante ne développe aucun moyen susceptible, en l'état de l'instruction, de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
Vu :
- la requête enregistrée le 23 septembre 2022 sous le numéro 2219755 par laquelle l'association le Stade Beaucairois 30 demande l'annulation de la décision attaquée,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du sport,
- les règlements généraux de la Fédération Française de Football,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 octobre 2022 tenue en présence de Mme Marville, greffière d'audience :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Alvarez pour l'association le Stade Beaucairois 30,
- et les observations de Me Poupot représentant la Fédération Française de Football.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Lors de la saison 2021-2022 de football, le club du Stade Beaucairois 30 disposait de deux équipes de futsal, au titre de la pratique sénior. La première évoluait en championnat de France de Division 2 (D2), compétition nationale organisée par la Fédération Française de Football (FFF), tandis que la seconde a disputé le championnat régional 1 (R1), compétition gérée par la ligue de football d'Occitanie (LFO). Lors de cette cession, la seconde équipe du club a été déclarée forfait à deux reprises pour des rencontres du championnat régional 1 de futsal de la LFO. Le 14 avril 2022, la Commission régionale des règlements et mutations de la ligue occitane a prononcé le forfait général du Stade Beaucairois 30 en R1, en application de l'article 104 de ses règlements généraux. Le 10 mai 2022 la Commission régionale d'appel de la LFO a rejeté l'appel formé par le club requérant à l'encontre de la décision de la Commission régionale des règlements et mutations de la ligue occitane et le 9 juin 2022, la Commission fédérale des règlements et contentieux de la FFF a rejeté l'appel formé par le club du stade Beaucairois à l'encontre de la décision de la Commission régionale d'appel de la LFO. Le club requérant a alors saisi le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) aux fins de mise en œuvre de la procédure préalable de conciliation prévue aux articles L. 141-4 et R.141-5 et suivant du code des sports qui a proposé à l'association Stade Beaucairois 30 de s'en tenir à la décision du 9 juin 2022 de la Commission fédérale des règlements et contentieux de la FFF. A l'issue de la saison, la Commission fédérale du futsal de la FFF a, par une décision du 21 juin 2022, prononcé la rétrogradation de l'équipe première du club du championnat national de D2 au championnat régional 1 au motif que, du fait du forfait général de sa deuxième équipe, le club n'avait pas respecté l'article 8.2 du règlement du championnat de France de futsal. Le 22 juillet 2022, l'appel formé par le club contre cette décision a été rejeté par la Commission supérieure d'appel. Par un courrier en date du 2 août 2022, le club requérant a, de nouveau, saisi la CNOSF aux fins de mise en œuvre de la procédure préalable de conciliation. Le 9 septembre 2022, la conciliatrice a proposé à la FFF de rapporter la décision de la commission d'appel du 22 juillet 2022. La FFF a refusé cette proposition. Dans sa requête, le club requérant demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 21 juin 2022 de la Commission Fédérale du Futsal de la FFF, confirmée par une décision du 22 juillet 2022 par laquelle la Commission supérieure d'appel de la FFF a rétrogradé le club Stade Beaucairois 30 en Championnat Régional de ligue lors de la saison 2022/2023.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".
3. Dès lors que la saison de championnat a commencé, toute décision relative à la détermination des clubs appelés à participer à ce championnat doit être regardée comme étant entièrement exécutée. Par suite, eu égard à la nature et à l'effet utile de la procédure de référé engagée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, un litige portant sur la suspension des effets d'une telle décision devient sans objet. En l'espèce, dès lors que les championnats de France de division 2 de futsal pour la saison 2022-2023 ont débuté le 24 septembre 2022 il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la requête dirigées contre la décision du 22 juillet 2022, qui s'est substituée à celle de la Commission fédérale du futsal, portant rétrogradation du club Stade Beaucairois 30 en Championnat Régional de ligue lors de la saison 2022/2023, suite à l'appel du club. Les conclusions aux fins d'injonction développées par le club requérant sont, dès lors, par voie de conséquence, également devenues sans objet.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par l'association Le Stade Beaucairois 30 et par la FFF au titre de cet article.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de l'association Le Stade Beaucairois 30 tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 22 juillet 2022, par laquelle la Commission supérieure d'appel de la Fédération Française de Football a confirmé la décision de la Commission Fédérale du Fustal de la Fédération Française de Football portant rétrogradation de l'équipe 1 du stade Beaucairois 30 en Championnat régional pour la saison 2022/2023, ainsi que sur les conclusions aux fins d'injonction.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de l'association Stade Beaucairois 30 est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la Fédération Française de Football présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Stade Beaucairois 30 et à la Fédération Française de Football.
Fait à Paris, le 6 octobre 2022.
Le juge des référés,
P. A
La République mande et ordonne à la ministre des sports et des jeux olympiques et paralympiques, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2219753/6-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026