vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2220340 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | FERRIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2022, M. A, représenté par Me Sangue, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2022 par lequel le préfet de police a décidé son maintien au sein du centre de rétention de Paris Vincennes 2A le temps nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'insuffisance de motivation ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- l'arrêté est entaché d'une méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne faute de respect du principe du contradictoire ;
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure faute pour lui d'avoir été bénéficiaire d'informations sur la procédure de demande d'asile ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que sa demande d'asile ne présente pas de caractère dilatoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 777-2-4 du code de justice administrative et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les observations de Me Ferrier, avocat de M. A ;
- et les observations de Me Faugeras avocat du préfet de police.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant de nationalité gabonaise entré en France en 2010 à l'âge de sept ans selon ses affirmations, a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français en date du 24 septembre 2022. Compte tenu de la menace à l'ordre public que représente le comportement de l'intéressé, signalé pour des faits d'outrage, de rébellion et de violences sur fonctionnaire de police, aucun délai de départ volontaire ne lui a été accordé et l'intéressé a été placé en centre de rétention administrative le même jour en vue de l'exécution de cette mesure d'éloignement. A la suite du dépôt d'une demande d'asile le 29 septembre, le préfet de police, par arrêté du même jour, a décidé son maintien en centre de rétention pendant le temps nécessaire à l'examen de sa demande d'asile. Le recours formé par M. A contre l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français du 24 septembre 2022 a été rejeté par un jugement du tribunal de céans n°221993 du 3 octobre 2022. Par la présente requête, M. A demande l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté du 29 septembre 2022 le maintenant en centre de rétention.
2. En premier lieu, l'arrêté comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté doit ainsi être écarté.
3. En deuxième lieu, l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Le moyen tiré de sa violation est dès lors inopérant et ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13 ". Aux termes de l'article L. 754-3 du même code : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. () ".
5. Pour prolonger la rétention de M. A, l'arrêté attaqué retient que l'intéressé n'a jamais fait état de risques encourus dans son pays d'origine préalablement à la mesure d'éloignement prise à son endroit. En outre, le requérant affirme lui-même être entré en France en 2010 à l'âge de sept et avoir été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance sans qu'ait jamais été évoquée la question d'une prise en charge au titre de l'asile. Au surplus, la demande d'asile en question n'a été déposée que le 29 septembre 2022, deux jours après son placement en centre de rétention, alors que l'intéressé n'a fait état lors de son audition par les services de police le 23 septembre 2022 d'aucune crainte concernant son pays d'origine. Au regard de ces éléments de fait, non contestés par le requérant, qui n'apporte dans sa requête aucun élément susceptible d'accréditer le sérieux de sa demande d'asile et se borne à faire état de manière floue de ses conditions de vie en France depuis 2010, c'est par une exacte appréciation des dispositions précitées de l'article L. 754-3 du code de justice administrative que le préfet de police a estimé, sur la base de critères objectifs, que la demande d'asile formée le 29 septembre 2022 avait pour seul but de faire obstacle à l'exécution de la mesure d'éloignement dont M. A est l'objet.
6. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté attaqué aurait été pris sans que le préfet de police ait procédé à l'examen de la situation particulière de M. A. L'erreur de droit tirée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle doit ainsi être écartée.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de police.
Lu en audience publique, le 28 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
J. BLe greffier,
N. DUPOUY
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026