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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2220445

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2220445

vendredi 7 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2220445
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 octobre 2022, Mme D représentée par Me Hug demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale d'asile dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, celle-ci renonçant le cas échéant à percevoir la part contributive de l'État allouée au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'urgence de sa situation est avérée dès lors qu'elle ne dispose pas d'attestation de demande d'asile lui permettant de justifier de la régularité de sa situation sur le territoire français, qu'elle n'a pas le droit de travailler alors qu'elle a deux jeunes enfants à charge et ne dispose d'aucune famille en France pour l'aider, que le refus d'enregistrer sa demande d'asile la prive du bénéfice des conditions matérielles d'accueil et qu'elle se trouve dans une situation de vulnérabilité particulière du fait de ses deux jeunes enfants pour le compte de l'un desquels elle doit également enregistrer une demande d'asile ;

- le refus du préfet de police d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale alors que l'article L. 521-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précise qu'aucune condition de domiciliation ne peut être opposée au demandeur, et que la France est désormais responsable de sa demande d'asile, porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile.

Par deux mémoire en défense, enregistrés le 4 octobre 2022, le préfet de police, représenté par la SELARL Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requérante s'est placée dans la situation d'urgence qu'elle invoque dès lors qu'elle a volontairement quitté le centre d'hébergement qui lui avait été attribué à Grenoble et qu'elle n'établit pas qu'elle ne pourrait pas y retourner ;

- elle ne justifie que d'une domiciliation postale à Paris, et non d'un hébergement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête doit être rejetée dès lors que Mme A a été orientée dans le département de l'Isère, qu'elle l'a quitté sans justification valable et sans établir de motif impérieux ou une vulnérabilité particulière susceptible de nécessiter une nouvelle orientation, et que sa demande de renouvellement de son attestation de demande d'asile doit donc être effectuée auprès de la préfecture compétente qui est celle du Rhône en l'espèce ;

- la requête n'est pas dirigée contre lui ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 10 mai 2019 désignant les préfets compétents pour enregistrer les demandes d'asile et déterminer l'Etat responsable de leur traitement (métropole) ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C comme juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 4 octobre 2022, à 16h30, en présence de Mme Koltcheva, greffière d'audience :

- le rapport de M. C ;

- les observations de Me Hug, avocat de Mme A, qui précise que celle-ci ne dispose que d'une adresse de domiciliation à Grenoble, et non d'un hébergement, que celui est assuré dans le cadre du " 115 " à Paris, et qu'en tout état de cause l'enregistrement d'une demande d'asile est indépendant de la domiciliation et de l'orientation par l'OFII, Mme A étant disposée à se rendre à tout endroit vers lequel elle serait orientée ultérieurement, mais ne pouvant se rendre à Grenoble compte tenu notamment du coût que cela représenterait pour elle ;

- et les observations de Me Jacquard, avocat du préfet police, qui fait valoir que dès lors que Mme A a été orientée à Grenoble, sans saisir le préfet de l'Isère ou du Rhône d'une demande d'enregistrement de sa demande d'asile, elle s'est elle-même placée dans une situation d'urgence, et que le préfet de police n'a pas porté au droit d'asile une atteinte grave et manifestement illégale.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 20 mai 1994, a présenté en France une demande d'asile, laquelle a été enregistrée en " procédure Dublin " le 29 juillet 2020 dès lors que la consultation du fichier Eurodac a révélé qu'elle était passée par l'Espagne et l'Italie. Après l'évaluation de sa situation par l'OFII, elle a accepté l'offre de prise en charge faite par ce dernier et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil en étant orientée vers le département de l'Isère. Les autorités italiennes ayant accepté sa reprise en charge sur le fondement du b) du 1 de l'article 18 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, elle a alors fait l'objet d'un arrêté de transfert pris par le préfet du Rhône, contre lequel elle a présenté un recours qui a été rejeté le 15 janvier 2021, ce qui a eu pour effet de porter le délai d'exécution de son transfert au 15 juillet 2021. Mme A a toutefois quitté le centre d'hébergement de Grenoble le 16 juin 2021, et a été déclarée en fuite, ce qui a eu pour effet de repousser son délai de transfert au 15 juillet 2022 et a conduit l'OFII à mettre fin à ses conditions matérielles d'accueil le 28 juillet 2021. Estimant que la France est devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile depuis l'expiration de son délai de transfert, et se prévalant de ce qu'elle est domiciliée à Paris, elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile dans un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé du requérant, il y a lieu d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".

En ce qui concerne l'urgence :

4. La circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulièrement requise par l'article L. 521-2 est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.

5. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas contesté, que la période de dix-huit mois pour organiser le transfert en Italie de Mme A est expiré depuis le 15 juillet 2022, que celle-ci n'est donc plus en situation de fuite et que la France est responsable de l'examen de sa demande d'asile. Par ailleurs, si elle n'est pas isolée, elle est la mère de deux jeunes enfants, dont une fille née le 4 mai 2022 au nom de laquelle elle entend présenter également une demande d'asile en raison de craintes propres. En outre, Mme A est hébergée dans le cadre du " 115 ", tout en étant domiciliée à Paris, et ne peut prétendre accéder au bénéfice des conditions matérielles d'accueil en l'absence d'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale. Enfin, si l'intéressée demeure domiciliée à Grenoble par l'OFII, elle n'y dispose d'aucun hébergement effectif ainsi que cela n'est pas sérieusement contesté, et a quitté il y a plus d'un an celui dont elle avait bénéficié au titre des conditions matérielles d'accueil. Dans ces conditions, compte tenu de ce qui sera précisé au point 10 sur la compétence du préfet de police de Paris, et quand bien même Mme A a quitté volontairement son hébergement de Grenoble en se soustrayant à son transfert vers l'Italie, d'une part, et n'a pas saisi le préfet de l'Isère ni en tout état de cause, le préfet du Rhône, d'une demande d'enregistrement de sa demande d'asile, d'autre part, elle justifie d'une situation d'urgence, dans laquelle elle ne peut être regardée comme s'étant elle-même placée, au sens des dispositions de l'article L 521-2 du code de justice administrative.

En ce qui concerne l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :

6. Le droit constitutionnel d'asile, qui a le caractère d'une liberté fondamentale, a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié. Il implique que l'étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit, en principe, autorisé à demeurer sur le territoire jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa demande, dans les conditions définies par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande et procède, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013 (). ". Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " L'enregistrement a lieu au plus tard trois jours ouvrés après la présentation de la demande d'asile à l'autorité administrative compétente, sans condition préalable de domiciliation. Toutefois, ce délai peut être porté à dix jours ouvrés lorsqu'un nombre élevé d'étrangers demandent l'asile simultanément. ". Aux termes de l'article L. 521-7 de ce code : " Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile dont les conditions de délivrance et de renouvellement sont fixées par décret en Conseil d'Etat. (). ". En vertu, enfin, de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat qu'elle entend requérir, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, la demande est enregistrée selon les modalités prévues à l'article L. 521-1 et une attestation de demande d'asile est délivrée au demandeur selon les modalités prévues à l'article L. 521-7, laquelle est renouvelable durant la procédure de détermination de l'Etat responsable et, le cas échéant, jusqu'à son transfert effectif à destination de cet Etat.

8. Aux termes, par ailleurs, de l'article 1er de l'arrêté du 10 mai 2019 désignant les préfets compétents pour enregistrer les demandes d'asile et déterminer l'Etat responsable de leur traitement en métropole : " Sauf dans le cas où la demande d'asile est présentée par un étranger placé en rétention administrative, l'annexe I au présent arrêté fixe la liste des préfets compétents pour : / 1° Enregistrer la demande d'asile d'un étranger se trouvant sur le territoire métropolitain ; / (). / Le renouvellement de l'attestation est sollicité auprès du préfet du département dans lequel son détenteur réside ou est domicilié. (). ". Aux termes de l'article 2 du même arrêté : " L'annexe II au présent arrêté fixe la liste des préfets compétents pour procéder à la détermination de l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile. / A cette fin, les préfets désignés sont compétents pour : / 1° Renouveler l'attestation de demande d'asile en application de l'article [L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile] ; / (). ".

9. Aux termes, par ailleurs, de l'article L. 551-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile qui ne dispose pas d'un domicile stable élit domicile auprès d'une personne morale conventionnée à cet effet pour chaque département, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article R. 551-7 du même code : " Sont considérés comme des domiciles stables, au sens de l'article L. 551-7 : / 1° Le lieu où la personne est hébergée en disposant d'un titre pour y fixer son domicile ; / 2° Les lieux mentionnés à l'article L. 552-1, autres que les établissements hôteliers. ".

10. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme A est domiciliée à Paris depuis le 5 avril 2022 auprès de l'association " Dom'quinze ", en étant hébergée dans le cadre du " 115 ", et qu'elle en a informé à plusieurs reprises différents services de l'OFII, par l'intermédiaire de l'Association des travailleurs Maghrébins de France (ATMF) qui la suit, en vue du transfert de son dossier, ainsi que cela résulte des courriels des 25 juillet, 26 juillet, 5 septembre et 9 septembre 2022, tout en saisissant parallèlement le préfet de police de sa situation dans des courriels des 25 juillet et 27 septembre 2022. Si les services de la préfecture de police ont indiqué, dans leur courriel de réponse du 26 juillet 2022, qu'ils n'étaient pas compétents territorialement pour enregistrer la demande d'asile de Mme A tant que celle-ci n'avait pas fait enregistrer son adresse parisienne auprès de l'OFII dès lors qu'elle était toujours domiciliée à Grenoble dans les bases de ce dernier, cette seule circonstance, alors que la requérante est domiciliée et vit en pratique à Paris, ainsi qu'elle en a informé les directions territoriales de l'OFII de Paris et de Grenoble, que sa domiciliation en Isère depuis le 1er février 2022, auprès de l'association Accompagnement et Dignité de l'Accueil de Tous les Etrangers (ADATE), ne correspond à aucun hébergement effectif, et qu'elle ne bénéficie plus des conditions matérielles d'accueil depuis plus d'un an, ne saurait être de nature à faire regarder le préfet de l'Isère comme l'autorité administrative exclusivement compétente pour l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale et le renouvellement de son attestation de demande d'asile, et à faire obstacle à la compétence du préfet de police en application de l'article 1er de l'arrêté du 10 mai 2019. Par ailleurs, la France étant responsable de l'examen de sa demande d'asile, le préfet du Rhône ne saurait davantage être compétent, en tout état de cause, pour renouveler son attestation de demande d'asile en application des dispositions du 1° de l'article 2 du même arrêté. Dans ces conditions, en refusant de procéder à l'enregistrement de la demande d'asile de Mme A en procédure normale et de lui délivrer en conséquence une nouvelle attestation de demande d'asile, le préfet de police a porté à son droit de solliciter l'asile une atteinte grave et manifestement illégale. Il y a lieu en conséquence d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'enregistrement de la demande d'asile de Mme A en procédure normale dans le délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

11. Sous réserve de l'admission définitive de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle, l'Etat versera à Me Hug son conseil, une somme de 700 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve pour Me Hug de renoncer au bénéfice de la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de procéder à l'enregistrement de la demande d'asile de Mme A en procédure normale dans le délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme A à l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me Hug à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Hug une somme de 700 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Hug , au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Copie en sera adressée au préfet de police de Paris et au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Paris, le 7 octobre 2022.

Le juge des référés,

H. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. /9

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