mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2220511 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Section 8 - Chambre 2 |
| Avocat requérant | DOS SANTOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 et 25 octobre 2022, M. D C, représenté par Me Dos Santos demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 3 octobre 2022 par lequel le préfet de police a prononcé à son encontre une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 1 an ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation administrative et de supprimer son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen.
Il soutient que :
- Les arrêtés ont été pris à la suite d'une procédure irrégulière en raison de l'illégalité du contrôle d'identité effectué le 3 octobre 2022 ;
- Le préfet ne justifie pas de la notification de l'obligation de quitter le territoire prise par le préfet du Val-d'Oise et qui sert de fondement à son arrêté ;
- L'arrêté repose sur une erreur de fait car le préfet fait état d'une obligation de quitter le territoire prise par le préfet du Val-d'Oise le 28 juillet 2022 alors qu'il produit un arrêté daté du 4 juillet ;
- Il repose sur une erreur de droit car il s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que cette obligation de quitter le territoire a été prise en lui octroyant un délai de départ volontaire de 30 jours ;
- Il risque d'être persécuté en cas de retour dans son pays et le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2022, le préfet de police, représenté par Me Tomasi conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens présentés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Dos Santos représentant M. C et en présence de M. B, interprète en langue bengalie.
À l'audience, eu égard au fait que le moyen n'a été présenté que 19 minutes avant l'audience publique, les parties ont été informées, en application des dispositions des articles R. 611-7 et R. 776-25 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que, si le préfet de police ne pouvait prendre l'arrêté attaqué sur le fondement des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il pouvait prendre la même décision sur le fondement de l'article. L. 612-7.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été produite pour M. C et enregistrée le 25 octobre à 19 h.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 3 octobre 2022, le préfet de police a prononcé à l'encontre de M. C une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 1 an. M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le moyen tiré de l'irrégularité du contrôle d'identité effectué en amont de l'arrêté attaqué est inopérant à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre une interdiction de retour sur le territoire.
3. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " et aux termes de son article L. 612-7 : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".
4. M. C soutient, en deuxième lieu, que l'arrêté attaqué repose sur une erreur de fait car il fait état d'une obligation de quitter le territoire prise par le préfet du Val-d'Oise le 28 juillet 2022 alors qu'il produit un arrêté daté du 4 juillet de la même année. Toutefois, il ressort clairement de l'arrêté attaqué que celui-ci se fonde principalement dans son unique considérant sur le fait que le requérant a fait l'objet " d'une obligation de quitter le territoire en date du 4 juillet 2022 sans délai de départ volontaire ou dont le délai est expiré. ". Par suite, cette simple erreur de plume n'est pas de nature à elle seule à entacher d'illégalité l'arrêté attaqué.
5. M. C soutient, en troisième lieu, que le préfet ne justifie pas de la notification de l'obligation de quitter le territoire prise par le préfet du Val-d'Oise et qui sert de fondement à son arrêté et qui de ce fait ne serait pas exécutoire et définitive. Toutefois, aucun texte législatif ou réglementaire, et en particulier les dispositions susvisées des articles L. 612-6 et L. 612-7 du code, ni aucun principe général du droit n'impose au préfet de justifier de la notification de l'obligation de quitter le territoire servant de fondement à une mesure d'interdiction de retour sur le territoire. Par suite, ce nouveau moyen sera écarté.
6. M. C soutient, en quatrième lieu, que le préfet a commis une erreur de droit en se fondant sur les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que cette obligation de quitter le territoire a été prise en lui octroyant un délai de départ volontaire de 30 jours dès lors que ce texte ne s'applique qu'aux obligations de quitter le territoire sans délai de départ volontaire.
7. Toutefois, d'une part, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet dans son quatrième visa vise " le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment ses articles L. 612-6 et suivants " et dans son considérant unique que le requérant a fait l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire " sans départ volontaire ou dont le délai de départ est expiré ". Par suite, il ne ressort pas des visas et considérants de cet arrêté que le préfet se soit expressément fondé sur les seules dispositions de l'article L. 612-6 pour le prendre et l'ait, par suite, entaché d'une erreur de droit.
8. D'autre part, et en tout état de cause, il résulte de l'instruction que le requérant entrait dans le champ des dispositions susvisées de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas utilement contesté qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire de 30 jours octroyé par l'arrêté susvisé du préfet du Val d'Oise du 4 juillet 2022. Par suite, ces dispositions peuvent être substituées à celles de l'article L. 612-6 dès lors que cette substitution de base légale régulièrement soulevée lors de l'audience publique et communiquée au conseil du requérant qui n'a pas présenté d'observations ni n'en a contesté le bien-fondé, ne prive ce dernier d'aucune garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.
9. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
10. Enfin, pour contester la décision distincte fixant le pays de renvoi, M. C invoque les risques de traitements inhumains et dégradants qu'il peut encourir en cas de retour dans son pays. Toutefois, ses allégations relatives aux risques que lui ferait courir son retour dans son pays d'origine ne sont assorties d'aucune justification. Au surplus, l'office français de protection des réfugiés et apatrides et la cour nationale du droit d'asile ont rejeté sa demande d'asile fondée sur les mêmes faits. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir qu'il risque d'être persécuté en cas de retour dans son pays et que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales auraient été méconnues
11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 octobre 2022 du préfet de police. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
A. A
La greffière,
R. Boudina
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./8
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026