jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2220729 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2220729 le 6 octobre 2022, Mme B C, agissant en qualité de représentant légale de Mme D I A, représentée par Me de Sèze, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 512-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil depuis le dépôt de sa demande d'asile et de mettre un terme à la procédure de fin d'hébergement dont elle fait l'objet, dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me de Sèze en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'urgence de sa situation est avérée dès lors qu'elle a trois enfants mineurs à sa charge, qu'elle ne dispose d'aucune ressource ni d'autorisation de travail, qu'elle fait l'objet d'une procédure de sortie de son hébergement alors que la demande d'asile de deux de ses filles est encore en cours en procédure normale, les responsables du centre d'hébergement ayant accepté de sursoir à sa sortie dans l'attente de la présente ordonnance ;
- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile dès lors que deux de ses filles mineures sont demandeuses d'asile et qu'aucune décision écrite et motivée ne lui a été notifiée, d'une part, et méconnaît le droit à la dignité en l'empêchant de pouvoir bénéficier des conditions matérielles d'accueil, d'autre part.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'urgence n'est pas caractérisée dès lors, d'une part, que la famille s'est placée d'elle-même dans la situation qu'elle invoque, car elle n'a jamais saisi l'OFII de leur situation depuis le mois de novembre 2021, la mère n'a pas sollicité les conditions matérielles d'accueil pour ses plus jeunes enfants, elle peut bénéficier d'une carte de résident de dix ans pour son enfant G qui a la qualité de réfugiée depuis le mois de septembre 2021 et, d'autre part, qu'elle ne se trouve pas dans une situation de vulnérabilité telle que la cessation des conditions matérielles d'accueil puisse présenter un caractère d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de l'entée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'elle est toujours hébergée, qu'elle est en mesure de bénéficier de l'assistance de structures tierces pour subvenir à ses besoins et qu'elle ne démontre pas être dépourvue de ressources et d'assistance ;
- il n'y a aucune atteinte manifestement grave et illégale portée au droit d'asile dès lors, d'une part, qu'elle n'a jamais saisi l'OFII d'une demande de conditions matérielles d'accueil pour ses deux enfants, que la demande de l'enfant Emmanuelle H constitue une demande de réexamen qui peut faire l'objet d'un refus de ces conditions, que les demandes des deux enfants sont à l'étude et, d'autre part, qu'il n'est pas porté atteinte à leur dignité humaine en leur infligeant un " traitement inhumain et dégradant " dans la mesure où elles sont hébergées depuis le 30 octobre 2018 et où elles n'ont fait aucune diligence pour demander le bénéfice des conditions matérielles d'accueil depuis plus d'un an alors que la demande introduite le 22 septembre 2022 n'a fait l'objet d'aucune décision de refus.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2220730 le 6 octobre 2022, Mme C, agissant en qualité de représentant légale de Mme F H A, représentée par Me de Sèze, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 512-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil depuis le dépôt de sa demande d'asile et de mettre un terme à la procédure de fin d'hébergement dont elle fait l'objet, dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me de Sèze en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'urgence de sa situation est avérée dès lors qu'elle a trois enfants mineurs à sa charge, qu'elle ne dispose d'aucune ressource ni d'autorisation de travail, qu'elle fait l'objet d'une procédure de sortie de son hébergement alors que la demande d'asile de deux de ses filles est encore en cours en procédure normale, les responsables du centre d'hébergement ayant accepté de sursoir à sa sortie dans l'attente de la présente ordonnance ;
- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile dès lors que deux de ses filles mineures sont demandeuses d'asile et qu'aucune décision écrite et motivée ne lui a été notifiée, d'une part, et méconnaît le droit à la dignité en l'empêchant de pouvoir bénéficier des conditions matérielles d'accueil, d'autre part.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'urgence n'est pas caractérisée dès lors, d'une part, que la famille s'est placée d'elle-même dans la situation qu'elle invoque, car elle n'a jamais saisi l'OFII de leur situation depuis le mois de novembre 2021, la mère n'a pas sollicité les conditions matérielles d'accueil pour ses plus jeunes enfants, elle peut bénéficier d'une carte de résident de dix ans pour son enfant G qui a la qualité de réfugiée depuis le mois de septembre 2021 et, d'autre part, qu'elle ne se trouve pas dans une situation de vulnérabilité telle que la cessation des conditions matérielles d'accueil puisse présenter un caractère d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de l'entée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'elle est toujours hébergée, qu'elle est en mesure de bénéficier de l'assistance de structures tierces pour subvenir à ses besoins et qu'elle ne démontre pas être dépourvue de ressources et d'assistance ;
- il n'y a aucune atteinte manifestement grave et illégale portée au droit d'asile dès lors, d'une part, qu'elle n'a jamais saisi l'OFII d'une demande de conditions matérielles d'accueil pour ses deux enfants, que la demande de l'enfant Emmanuelle H constitue une demande de réexamen qui peut faire l'objet d'un refus de ces conditions, que les demandes des deux enfants sont à l'étude et, d'autre part, qu'il n'est pas porté atteinte à leur dignité humaine en leur infligeant un " traitement inhumain et dégradant " dans la mesure où elles sont hébergées depuis le 30 octobre 2018 et où elles n'ont fait aucune diligence pour demander le bénéfice des conditions matérielles d'accueil depuis plus d'un an alors que la demande introduite le 22 septembre 2022 n'a fait l'objet d'aucune décision de refus.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 octobre 2022 :
- le rapport de M. E ;
- les observations de Me de Sèze, avocat de Mme C agissant au nom de ses deux filles, qui indique que contrairement à ce qu'indique l'OFII dans son mémoire, Mme C n'était tenue par aucun texte de solliciter les conditions matérielles d'accueil dès lors que le seul dépôt d'une demande d'asile déclenche la procédure permettant leur octroi conformément à l'article L. 551-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que l'urgence est caractérisée par la nécessité de mettre fin à une situation qui dure depuis le mois de novembre 2021, que si l'OFII entend convoquer la famille à bref délai, aucune date précise n'est prévue, que l'officea une difficulté informatique pour traiter les étrangers dont la demande d'asile a été rejetée mais dont les enfants mineurs demeurent demandeurs d'asile et que Mme C a vécu en empruntant de l'argent à des personnes qui en demandent désormais le remboursement avec insistance.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que Mme C, ressortissante ivoirienne née le 3 juin 1993, a déposé une demande d'asile en France le 25 octobre 2018, en son nom et en celui de sa première fille née le 4 juillet 2017, et s'est vu octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil par l'OFII en étant orientée vers un hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA). Sa demande d'asile présentée en son nom propre a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 29 septembre 2021, notifiée le 11 octobre 2021, tandis que sa fille s'est vu reconnaître la qualité de réfugiée par une décision du même jour notifiée le 13 octobre 2021. L'OFII a alors mis fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil à compter du 31 octobre 2021, s'agissant de l'allocation pour demandeur d'asile, et à compter du 11 novembre 2021 s'agissant de l'hébergement, tout en lui permettant de s'y maintenir jusqu'au 13 janvier 2022. Se prévalant toutefois de ce que ses deux autres filles, Mme F H A et J D I A, ressortissantes ivoiriennes nées respectivement le 15 août 2019 et le 12 juin 2022, demeuraient demandeuses d'asile dès lors qu'elle avait présenté pour le compte de chacune d'elle une demande d'asile, enregistrées respectivement le 19 mai 2021 et le 26 juillet 2022 en procédure normale, Mme C, qui se maintient dans son hébergement, a sollicité, le 20 septembre 2022, par l'intermédiaire de son conseil, le rétablissement des conditions matérielles d'accueil auprès de l'OFII. Elle demande au juge des référés de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, sous le n° 2220729, le rétablissement des conditions matérielles d'accueil au nom de sa fille Mme D I A, et, sous le n° 2220730, leur rétablissement au nom de sa fille Mme F H A, tout en lui demandant de mettre un terme à la procédure de fin d'hébergement, dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
2. Les requêtes n° 2220729 et n° 2220730, présentées par Mme C au nom de chacune de deux de ses filles, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes en référé présentées par Mme C, agissant au nom de ses deux filles, il y a lieu d'admettre les intéressées au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
En ce qui concerne l'urgence :
5. Il appartient au requérant, qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de justifier de circonstances particulières caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
6. Mme C, agissant au nom de chacune de ses deux filles mineures, se prévaut de ce qu'il a été mis fin à leur hébergement dans lequel elles ont été maintenues gracieusement et que leur expulsion est imminente, dans l'attente de la présente ordonnance, compte tenu de la notification de sortie de leur lieu d'hébergement faite le 9 septembre 2022 par l'OFII. Par ailleurs, la famille ne dispose plus de ressources depuis le 31 octobre 2021 et a vécu en empruntant des sommes à des tiers. Cette situation, quand bien même Mme C aurait dû quitter les lieux avec ses enfants depuis plusieurs mois, pourrait avoir recours au " 115 ", et remplit les conditions pour bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en sa qualité de parent d'une réfugiée mineure non mariée en application des dispositions du 4° de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est constitutive d'une urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
En ce qui concerne l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
S'agissant du cadre juridique applicable :
7. Si la privation du bénéfice des mesures prévues par la loi afin de garantir aux demandeurs d'asile des conditions matérielles d'accueil décentes, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur leur demande, est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile, le caractère grave et manifestement illégal d'une telle atteinte s'apprécie en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et de la situation du demandeur. Ainsi, le juge des référés ne peut faire usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative en adressant une injonction à l'administration que dans le cas où, d'une part, le comportement de celle-ci fait apparaître une méconnaissance manifeste des exigences qui découlent du droit d'asile et où, d'autre part, il résulte de ce comportement des conséquences graves pour le demandeur d'asile, compte tenu notamment de son âge, de son état de santé ou de sa situation de famille. Il incombe au juge des référés d'apprécier, dans chaque situation, les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de santé et de la situation de famille de la personne intéressée.
8. Aux termes de l'article L. 550-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions d'accueil, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dont bénéficient les demandeurs d'asile sont fixées par les dispositions du présent titre. ". Selon l'article L. 551-9 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont proposées à chaque demandeur d'asile par l'Office français de l'immigration et de l'intégration après l'enregistrement de sa demande par l'autorité administrative compétente. ".
9. Aux termes, par ailleurs, de l'article L. 552-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre Etat européen. ". Selon l'article L. 552-8 du même code : " L'Office français de l'immigration et de l'intégration propose au demandeur d'asile un lieu d'hébergement. Cette proposition tient compte des besoins, de la situation personnelle et familiale de chaque demandeur au regard de l'évaluation des besoins et de la vulnérabilité prévue au chapitre II du titre II (). ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ".
10. En vertu des articles L. 551-11 et L. 551-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'hébergement des demandeurs d'asile et le versement de l'allocation pour demandeur d'asile prennent fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues notamment à l'article L. 542-1, lequel prévoit en particulier qu'en l'absence de recours contre la décision de l'OFPRA dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. En vertu, par ailleurs, des dispositions du 3° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans le cas où il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 531-41 de ce code : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure. ".
11. Enfin, il résulte des dispositions des articles L. 521-3, L. 531-9 et L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il appartient à l'étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile de présenter une demande en son nom et, le cas échéant, en celui de ses enfants mineurs qui l'accompagnent. En cas de naissance ou d'entrée en France d'un enfant mineur postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'étranger est tenu, tant que l'OFPRA ou, en cas de recours, la Cour nationale du droit d'asile, ne s'est pas prononcé, d'en informer cette autorité administrative ou cette juridiction. La décision rendue par l'office ou, en cas de recours, par la Cour nationale du droit d'asile, est réputée l'être à l'égard du demandeur et de ses enfants mineurs, sauf dans le cas où le mineur établit que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire.
12. Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que les parents d'un enfant né après l'enregistrement de leur demande d'asile présentent, postérieurement au rejet définitif de leur propre demande, une demande au nom de leur enfant. Il résulte toutefois de ce qui a été dit au point précédent que la demande ainsi présentée au nom du mineur doit alors être regardée, dans tous les cas, comme une demande de réexamen au sens de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. La demande ainsi présentée au nom du mineur présentant le caractère d'une demande de réexamen, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être refusé à la famille, conformément aux dispositions de l'article L. 551-15, sous réserve d'un examen au cas par cas tenant notamment compte de la présence au sein de la famille du mineur concerné. Lorsque l'OFII décide de proposer à la famille les conditions matérielles d'accueil et que les parents les acceptent, il est tenu, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur cette demande, d'héberger la famille et de verser aux parents l'allocation pour demandeur d'asile, le montant de cette dernière étant calculé, en application des dispositions des articles L. 553-2 et D. 553-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, en fonction du nombre de personnes composant le foyer du demandeur d'asile.
S'agissant de la demande présentée au nom de Mme F H A :
14. D'une part, il résulte de l'instruction que Mme F H A est née le15 août 2019, après l'enregistrement le 25 octobre 2018 de la demande d'asile présentée par Mme C en son nom propre, et avant le rejet de celle-ci par une décision de l'OFPRA en date du 29 septembre 2021 devenue définitive en l'absence de recours. Dès lors, il résulte de ce qui a été dit au point 11 que la décision rendue par l'office le 29 septembre 2021 doit être réputée l'être à l'égard de Mme C et de Mme F H A. En outre, la demande d'asile présentée explicitement au nom de celle-ci par sa mère a été enregistrée le 19 mai 2021, également avant cette décision de rejet, et ne saurait de ce fait être regardée, contrairement d'ailleurs à ce que fait valoir l'office en défense, comme une demande de réexamen. Par suite, Mme F H A, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée par la décision du 29 septembre 2021, n'a plus la qualité de demandeuse d'asile et, s'il lui est loisible de présenter une demande de réexamen, elle n'est pas en droit de bénéficier des conditions matérielles d'accueil. Dans ces conditions, Mme C n'est pas fondée à soutenir que l'OFII a porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile de Mme F H A en ne lui en accordant pas le bénéfice, sans qu'ait d'incidence l'absence de décision de refus écrite et motivée.
15. D'autre part, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14, l'OFII ne peut être regardée comme ayant porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit à la dignité.
16. Il résulte de ce qui a été dit aux point 14 et 15 que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de la requête n° 2220730 de Mme C, présentée au nom de Mme F H A, doivent être rejetées.
S'agissant de la demande présentée au nom de Mme D I A :
17. D'une part, il résulte de l'instruction que la demande d'asile présentée pour Mme D I A, qui est née le 12 juin 2022, postérieurement à l'enregistrement et au rejet définitif de la demande d'asile présentée par sa mère en son nom propre, a été enregistrée le 26 juillet 2022 en procédure normale. S'il est constant qu'elle est en cours d'instruction par l'OFPRA, il résulte toutefois de ce qui a été dit au point 12 qu'elle doit être regardée comme une demande de réexamen. Il appartenait dès lors à l'OFII d'examiner au cas par cas, en tenant notamment compte de la présence au sein de la famille du mineur concerné, la possibilité de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, lequel ne constitue toutefois pas un droit. S'il ne résulte pas de l'instruction que l'OFII ait procédé à cet examen, en revanche, il a indiqué au conseil de la requérante, par un courriel du 10 octobre 2022, qu'elle serait prochainement convoquée pour le traitement des conditions matérielles d'accueil au nom de son enfant mineure et, au demeurant, il résulte de l'instruction qu'elle occupe encore, de fait, son hébergement tout en ayant su se procurer des ressources. Dans ces conditions, l'OFII ne peut être regardé comme ayant porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile de Mme D I A en ne lui en accordant pas le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, sans qu'ait d'incidence l'absence de décision de refus écrite et motivée.
18. D'autre part, la seule circonstance alléguée que Mme D I A ne peut bénéficier des conditions matérielles d'accueil n'est pas, par elle-même, de nature à faire regarder l'OFII comme ayant porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à la dignité.
19. Il résulte de ce qui a été dit aux point 17 et 18 que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de la requête n° 2220729 de Mme C, présentée au nom de Mme D I A, doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
20. Les dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'OFII qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme D I A et Mme F H A sont admises à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, en sa qualité de représentante légale de Mme D I A et de Mme F H A, à Me de Sèze et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Paris, le 13 octobre 2022.
Le juge des référés,
H. E
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2220729/9-2220730/9
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026