jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2220755 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET FRANÇOIS BIZET AVOCAT (SELARL) |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire enregistrés le 7 octobre 2022 et 13 avril 2023, M. E C, représenté par Me Azoulay, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2022 par lequel la Ville de Paris a délivré un permis de construire à la société Logirep portant sur la réhabilitation thermique et la construction de dix logements sociaux en surélévation d'un bâtiment d'habitation existant au 145 bis rue d'Alésia, à Paris (14ème arrondissement), ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la Ville de Paris et la société Logirep une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ; il a intérêt à agir ;
- l'arrêté attaqué est entaché de l'incompétence de son auteur ;
- il est entaché d'incomplétude ; le projet sera implanté sur les parcelles n°41 et 144 situées 145 BA rue d'Alésia, ce que le pétitionnaire s'est abstenu de préciser ; les places de stationnement existant pour l'ensemble du lotissement et les nouveaux logements créés ne sont pas précisées ; il en est de même des caractéristiques des clôtures existantes ;
- il méconnaît l'article UG 7.1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ; non seulement le projet va créer des vues sur son appartement, mais encore porter gravement atteinte à ses conditions d'éclairement ;
- il méconnaît l'article UG 11.1 du même règlement, les travaux de réhabilitation et surélévation projetés vont trancher avec les avoisinants ; les travaux vont créer des décalages supérieurs à la hauteur moyenne d'un étage par rapport aux constructions contiguës ; l'usage d'une ossature bois va se distinguer des immeubles voisins.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2023, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 4 novembre 2022, la société Logirep, représentée par Me Jafaar, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, en raison de sa tardiveté ;
- aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par une ordonnance du 16 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mars 2023.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 septembre 2022, 16 décembre 2022 et 6 janvier 2023, Mme A B, représentée par Me Bizet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2022 par lequel la Ville de Paris a délivré un permis de construire à la société Logirep portant sur la réhabilitation thermique et la construction de dix logements sociaux en surélévation d'un bâtiment d'habitation existant au 145 bis rue d'Alésia, à Paris (14ème arrondissement), ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) dans l'attente de la délivrance d'un permis régulier, de faire réserve de sa demande indemnitaire de 200 000 euros, correspondant au préjudice subi.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ; elle a intérêt à agir ;
- le dossier de demande de permis de construire a été déposé pour le compte de la pétitionnaire par une personne non habilitée à cet effet ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incomplétude ; il n'est pas daté ; le dossier comporte des incohérences relatives à la surface habitable de l'immeuble ; il comporte également des incohérences s'agissant de l'implantation du bâtiment en litige dans les abords de monuments historiques ;
- il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ; la surélévation projetée affectera la vue et l'ensoleillement de son appartement, portant ainsi atteinte à son intérêt ;
- il ne prévoit aucune place de stationnement supplémentaire ;
- le projet entraînera une perte de la valeur vénale de son appartement estimée à 200 000 euros.
La requête a été communiquée à la Ville de Paris, qui n'a pas produit d'écritures en défense.
Par des mémoires enregistrés les 4 novembre et 21 décembre 2022, la société Logirep, représentée par Me Jafaar, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, en raison de sa tardiveté ;
- aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par une ordonnance du 22 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 janvier 2023.
Vu :
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Baratin, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gauthier et Me de Swardt, représentant la société Logirep.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 27 janvier 2022, la Ville de Paris a délivré à société Logirep un permis de construire portant sur la réhabilitation thermique et la construction de dix logements sociaux en surélévation d'un bâtiment d'habitation existant au 145 bis rue d'Alésia, à Paris (14ème arrondissement). Respectivement par des courriers des 4 mai et 3 juin 2022, Mme A B, domiciliée 10 bis rue Lecuirot à Paris (14ème arrondissement) et M. E C, domicilié au 147 bis rue d'Alésia à Paris (14ème arrondissement), ont formé un recours gracieux contre cet arrêté, dont il est pour chacun né une décision implicite de rejet. Par les requêtes visées ci-dessus, Mme B et M. C demandent l'annulation de ces décisions.
Sur la jonction :
2. Les deux requêtes visées ci-dessus sont dirigées contre la même décision et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence du signataire :
3. Aux termes de l'article L. 2511-27 du code général des collectivités territoriales : " Le maire de la commune peut donner, sous sa surveillance et sa responsabilité, par arrêté, délégation de signature () aux responsables de services communaux. () ". Par un arrêté du 4 janvier 2021, régulièrement publié au bulletin municipal officiel de la Ville de Paris le 8 janvier suivant, la maire de Paris a donné à Mme F, cheffe de la circonscription sud du service du permis de construire et du paysage de la rue, au sein de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris, délégation à l'effet de signer des actes au nombre desquels figure l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire du permis de construire contesté doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de qualité de la pétitionnaire :
4. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ". Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 431-5 du même code : " La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ". En vertu de l'article R. 431-4 du même code, le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations et pièces limitativement énumérées aux articles R. 431-5 à R. 431-33-1, aucune autre information ou pièce ne pouvant être exigée par l'autorité compétente.
5. Il résulte de ces dispositions que, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme selon laquelle il remplit les conditions fixées par l'article R. 423-1 du même code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Le moyen tiré de ce que Mme D n'était pas dûment habilitée pour déposer la demande de permis de construire pour le compte de la société Logirep ne peut donc qu'être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence de date sur l'arrêté attaqué :
6. L'arrêté attaqué comporte la date de son édiction. Le moyen ainsi invoqué doit donc être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incomplétude et de l'inexactitude du dossier de demande de permis de construire :
7. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. En premier lieu, il ressort du dossier de demande de permis de construire que le terrain d'assiette du projet est situé sur la parcelle cadastrée 144 du 145 bis rue d'Alésia (14ème arrondissement) et que les services instructeurs de Paris ont parfaitement pu apprécier la localisation du projet. Le moyen tiré de l'absence de mention de la référence cadastrale du terrain d'assiette du projet doit donc être écarté.
9. En deuxième lieu, il ressort du dossier de demande de permis de construire que la surface totale créée par le projet s'élève à 493,5 m2, la circonstance que cette surface soit distincte de la surface totale habitable du projet et de la surface taxable totale créée ne constituant pas une incohérence. Le moyen ainsi invoqué doit donc être écarté.
10. En troisième lieu, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France mentionne que l'immeuble en cause n'entre pas dans le champ de visibilité d'un monument historique, ce qui n'est pas contradictoire avec l'affirmation, figurant au dossier, selon laquelle cet immeuble se situe dans les abords de monuments historiques. Le moyen ainsi invoqué doit donc être écarté.
11. En dernier lieu, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire, notamment aux articles R. 431-8 à R. 431-10 du code de l'urbanisme, que le pétitionnaire était tenu d'indiquer les places de stationnement existant pour l'ensemble du lotissement ni les caractéristiques des clôtures existantes, contrairement à ce qu'allègue le requérant. Le moyen ainsi invoqué doit donc être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la violation de l'article UG 7.1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la Ville de Paris :
12. Aux termes de l'article UG 7.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris : " Nonobstant les dispositions du présent article UG.7 et de l'article UG.10.3, l'implantation d'une construction en limite séparative peut être refusée si elle a pour effet de porter gravement atteinte aux conditions d'éclairement d'un immeuble voisin ou à l'aspect du paysage urbain, et notamment à l'insertion de la construction dans le bâti environnant. / () ". Au sens de ces dispositions, l'atteinte grave aux conditions d'éclairement suppose une obstruction significative de la lumière, qui ne saurait se réduire à une simple perte d'ensoleillement.
13. M. C fait valoir que la construction projetée aura nécessairement pour effet de porter atteinte aux conditions d'éclairement de son immeuble, notamment de son appartement et plus particulièrement de sa cuisine. Toutefois, il n'établit ni le caractère de pièce principale de sa cuisine ni son rôle dans le niveau d'éclairement de son appartement. Par suite, cette seule circonstance ne permet pas d'établir que la surélévation projetée aura pour effet de porter gravement atteinte aux conditions d'éclairement de son propre appartement et plus généralement de son immeuble.
En ce qui concerne le moyen tiré de la violation de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme :
14. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'article UG. 11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions et aménagement de leurs abords, protection des immeubles et éléments de paysage : " UG.11.1. Dispositions générales : () L'autorisation de travaux peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de prescriptions si la construction, l'installation ou l'ouvrage, par sa situation, son volume, son aspect, son rythme ou sa coloration, est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () ".
15. Les dispositions de l'article UG. 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, qui sont d'ailleurs reprises au point UG. 11.1, et posent des exigences qui ne sont pas moindres que celles, également invoquées par les requérants, résultant de l'article R. 111-27. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
16. D'une part, Mme B se borne à soutenir que la surélévation de l'immeuble situé 145 bis rue d'Alésia portera atteinte à la valeur vénale de son bien et lui causera des troubles de jouissance, tant en termes de vue qu'en termes d'ensoleillement. Toutefois, elle n'apporte aucun élément permettant d'établir que la construction envisagée ne s'insérerait pas de façon harmonieuse dans le bâti environnant. D'autre part, M. C fait valoir que les travaux de réhabilitation et surélévation projetés sur le bâtiment vont trancher avec les immeubles avoisinants, notamment par sa hauteur supérieure d'un étage à la moyenne des constructions contiguës et du fait de l'usage d'une ossature bois. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le quartier d'implantation du projet n'est pas caractérisé par une homogénéité architecturale ni ne présente d'intérêt patrimonial particulier. Dans ces conditions, au regard de la nature des modifications apportées par le projet au bâtiment existant, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 11.1 du règlement du PLU doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la perte de vue et d'ensoleillement :
17. Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers. Il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme et non le respect des autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme. Le moyen tiré de la perte de vue et d'ensoleillement du bien de Mme B doit donc être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne l'absence de places de stationnement :
18. Si Mme B fait valoir que le projet ne prévoit la création d'aucune place de stationnement, elle n'indique pas les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme qui seraient ainsi méconnues. Ce moyen doit donc être écarté comme non assorti des précisions suffisantes permettant d'apprécier son bien-fondé.
19. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par la Ville de Paris et la société Logirep, que les conclusions présentées par Mme B et M. C à fin d'annulation de l'arrêté du 27 janvier 2022 doivent être rejetées.
Sur la demande indemnitaire de Mme B :
20. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
21. Il ressort des pièces des dossiers et il n'est pas contesté que Mme B n'a pas présenté de demande indemnitaire préalable tendant à la condamnation de la Ville de Paris et de la société Logirep au versement de la somme de 200 000 euros au titre de la perte de valeur vénale de son bien. Par suite et en tout état de cause, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge solidaire de Mme A B et de M. E C une somme de 1 500 euros chacun, à verser à la société Logirep au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme B et de M. C sont rejetées.
Article 2 : Mme B et M. C verseront solidairement à la société Logirep une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à M. E C, à la société Logirep et à la Ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Viard, présidente,
M. Perrot, conseiller,
M. Palla, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.
Le rapporteur,
V. C
La présidente,
M-P. VIARD La greffière,
L. THOMAS
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2220755 ; 2221054
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026