jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2221153 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Section 8 - Chambre 2 |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 octobre 2022, Mme D A, représentée par Me Nombret, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 septembre 2022 par lequel le préfet de police l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée à l'issue de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " et, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant le réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Nombret de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi sont insuffisamment motivées ;
- elles n'ont pas été précédées d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elles sont intervenues au terme d'une procédure irrégulière dès lors que son droit à être entendu a été méconnu ;
- elles méconnaissent les dispositions des articles L. 611-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur sa situation individuelle ;
- elles méconnaissent les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de destination et méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et viole les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 novembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delesalle ;
- les observations de Me Nombret, avocat de Mme A, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et soutient, en outre, que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen particulier de sa situation personnelle dès lors que le décès de son enfant n'a pas été pris en compte, qu'elle est entachée d'un vice de procédure faute de consultation du collège médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en méconnaissance de l'article R. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de sa grave pathologie psychiatrique liée aux violences conjugales subies en Côte d'Ivoire à l'origine d'un stress post-traumatique, qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 outre celles du 9° de l'article L. 611-3 du même code du fait de sa pathologie, de la nécessité d'un traitement médical approprié à celle-ci et des conséquences d'une exceptionnelle gravité en son absence, compte tenu notamment de l'hospitalisation sous contrainte qu'elle a dû subir de ce fait, et de l'impossibilité d'en bénéficier en Côte d'ivoire eu égard notamment au manque d'infrastructures médicales dans le domaine psychiatrique, au coût du traitement et à l'absence de système d'assurance sociale.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 20 septembre 1992 et entré en France le 4 novembre 2019 selon ses déclarations, a sollicité le bénéfice de la protection internationale. A la suite du rejet de sa demande d'asile, le préfet de police, par un arrêté du 26 septembre 2022 dont Mme A demande l'annulation, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée à l'issue de ce délai.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il précise par ailleurs que la demande d'asile de Mme A a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 7 mars 2022, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 30 juin 2022, et qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, et quand bien même l'arrêté ne mentionne pas tous les éléments relatifs à la situation personnelle Mme A, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
3. En deuxième lieu, si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement invoquer le principe général du droit de l'Union, relatif au respect des droits de la défense, et qui implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. A cet égard, lorsqu'il présente une demande d'asile, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche, qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de rejet de sa demande d'asile, il pourra faire l'objet d'un refus de titre de séjour et, lorsque la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire lui a été définitivement refusé, d'une mesure d'éloignement du territoire français. Il lui appartient, lors du dépôt de sa demande d'asile, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles et notamment celles de nature à permettre à l'administration d'apprécier son droit au séjour au regard d'autres fondements que celui de l'asile. Il lui est loisible, tant au cours de l'instruction de sa demande, qu'après que l'OFPRA et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile, eurent statué sur sa demande d'asile, de faire valoir auprès de l'administration toute information complémentaire utile.
4. Mme A, dont la demande d'asile avait fait l'objet d'une décision de rejet par l'OFPRA et par la Cour nationale du droit d'asile, ne pouvait ignorer qu'elle était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement par les autorités compétentes. De plus, elle n'établit pas qu'elle aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux ou qu'elle aurait été empêchée de présenter ses observations avant que ne soit prise la mesure d'éloignement attaquée. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de l'arrêté, que le préfet de police a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme A avant de l'obliger à quitter le territoire français.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; ". Aux termes de l'article L. 542-1 de ce code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ".
7. Il ressort de la fiche " Telemofpra ", dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que la demande d'asile présentée le 25 novembre 2019 par Mme A a été rejetée par une décision du 14 décembre 2020 du directeur général de l'OFPRA, et que son recours contre cette décision a été rejeté par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 14 mai 2021. Elle a alors présenté une demande de réexamen qui a été rejetée par une décision de l'OFPRA en date du 7 mars 2022 contre laquelle elle a formé un recours qui a été rejeté par une ordonnance de la Cour du 30 juin 2022. Si Mme A soutient qu'il n'est pas établi que la décision rejetant son recours a été lue en audience publique, et qu'elle ne pouvait dès lors faire l'objet d'une mesure d'éloignement, d'une part, ce rejet est intervenu par ordonnance, laquelle n'avait pas à faire l'objet d'une lecture en audience publique conformément aux dispositions de l'article R. 532-4 du code de l'entée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, et en tout état de cause, cette ordonnance lui a été notifiée le 22 août 2022. Par suite, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait été titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° de l'article L. 611-1, Mme A ne disposait plus du droit de se maintenir sur le territoire français à la date de l'arrêté attaqué et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 611-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. En cinquième lieu, l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ". Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / (). ". Aux termes de l'article R. 611-2 du même code : " L'avis mentionné à l'article R. 611-1 est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu : / 1° D'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier ; / 2° Des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / (). ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage d'éloigner un étranger du territoire national, de vérifier que cette décision ne peut avoir de conséquences exceptionnelles sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait une éventuelle interruption des traitements suivis en France. Dans ce cadre, et dès lors qu'elle dispose d'éléments d'information suffisamment précis permettant d'établir qu'un étranger, résidant habituellement en France, présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie qu'elle prévoit des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, l'autorité préfectorale doit, lorsqu'elle envisage de prendre une telle mesure à son égard, saisir le collège des médecins de l'OFII pour avis dans les conditions prévues par les dispositions précitées de de l'article R. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. D'une part, Mme A n'établit pas ni même allègue qu'elle aurait fait part au préfet de police de ses troubles psychiatriques avant l'édiction de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Dès lors, le préfet de police n'a pas entaché sa décision d'un vice de procédure en s'abstenant de saisir le collège médical de l'OFII.
10. D'autre part, Mme A se prévaut de ce qu'elle fait l'objet d'un suivi médical à raison de troubles psychiatriques liés à un stress post-traumatique nés d'évènements dont elle a été victime dans son pays d'origine qui l'ont conduite à venir en France pour y demander l'asile, et aggravés par le décès de son enfant, et qu'elle ne peut bénéficier d'un traitement approprié en Côte d'Ivoire. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du certificat établi le 16 février 2022 par le directeur du " Groupement hospitalier universitaire Paris Psychiatrie et Neurosciences " et du certificat rédigé le 27 mai 2022 par un praticien hospitalier de cet établissement, que Mme A souffre d'un trouble dépressif avec syndrome post-traumatique, qu'elle a fait l'objet d'une hospitalisation en psychiatrie pour des " idées suicidaires " du 22 janvier au 16 février 2022 et bénéficie d'un suivi médical, en particulier médicamenteux à base d'antidépresseurs et d'anxiolytique. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas des documents d'ordre général produits relatifs aux défaillances du système de santé ivoirien, notamment en psychiatrie, et en particulier pas du rapport de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés " Côte d'Ivoire Soins de santé mentale à Abidjan " qui remonte au 17 septembre 2007, ou des indications non étayées relatives au coût des traitements à son impossibilité d'y faire face, que la requérante n'aurait pas effectivement accès à un traitement approprié à sa pathologie dans son pays d'origine, ni, compte tenu notamment de ce qu'elle n'établit pas les risques encourus en Côte d'Ivoire, que celui-ci serait rendu impossible compte tenu du lien entre sa pathologie et les événements traumatisants qu'elle y aurait vécus. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
11. En sixième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ". Un étranger ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lorsque la loi prescrit qu'il doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour.
12. Il résulte de ce qui a été dit au point 10, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A remplit les conditions pour se voir délivrer de plein droit une carte de séjour temporaire en application des dispositions l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
13. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 10, et de ce que Mme toute n'était présente que depuis moins de trois ans en France à la date de l'arrêté attaqué, sans qu'elle allègue qu'elle y aurait des attaches particulières, le préfet de police n'a pas commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée.
Sur la décision fixant le pays de destination en cas d'éloignement :
14. En premier lieu, la décision, qui notamment rappelle la nationalité ivoirienne de Mme A et indique qu'elle n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, est suffisamment motivée.
15. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
16. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas des termes de l'arrêté, que le préfet de police se serait estimé lié par l'appréciation portée par la Cour nationale du droit d'asile sur les craintes de Mme A, ni qu'il se serait abstenu de procéder à un examen particulier de sa situation personnelle.
17. En quatrième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 611-1 et L. 542-1, L. 611-3, et L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont inopérants.
18. En cinquième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de cet article 3 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
19. Si Mme A, dont la demande d'asile a d'ailleurs été rejetée par l'OFPRA et par la Cour nationale du droit d'asile, soutient qu'elle est exposée à des risques en cas de retour en Côte d'Ivoire, elle n'apporte toutefois aucun élément de nature à l'établir. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 l du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
20. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu notamment que Mme A n'établit pas, ni même allègue, qu'elle serait légalement admissible dans un pays autre que la Côte d'Ivoire vers lequel elle aurait demandé en vain à être éloignée, que la décision fixant son pays de renvoi est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A à fin d'annulation de l'arrêté du préfet de police du 26 septembre 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E:
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, au préfet de police de Paris et à Me Nombret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
H. DelesalleLa greffière,
R. Boudina
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./8-2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026