mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2221511 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2022, B F D, représentée par Me Zanatta, agissant au nom de ses trois enfants mineurs, doit être regardée comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
- qu'il soit enjoint au préfet de police de lui fixer d'urgence un rendez-vous afin de délivrer un document de circulation à ses trois enfants mineurs, C, A et H G, à tout le moins un récépissé de ces demandes les autorisant à voyager, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
- et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
B D, de nationalité libanaise, soutient que malgré de nombreuses relances il n'a pas été donné suite au dépôt de ses demandes effectuées le 8 mars 2022 ; cette absence de réponse à ses demandes porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et de venir de ses enfants, lesquels, à compter du 21 octobre et pendant la durée des vacances scolaires, doivent rendre visite à leur père, à Beyrouth ; à défaut, ils risquent de ne pas pouvoir revenir en France et suivre leur scolarité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné B Viard, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 octobre 2022 à 15h00, en présence de B Destouches, greffière d'audience :
- le rapport de B E,
- les observations de Me Feltesse pour B D,
- le observations de Me Floret pour la préfecture de police qui a fait valoir que l'intéressée n'avait pas justifié de la régularité de son séjour, ce qui explique la non délivrance des documents de circulation pour ses enfants et qu'il n'y a pas urgence à leur délivrance.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Une note en délibéré, enregistrée le 17 octobre 2022, a été produite pour B D attestant de sa situation régulière sur le territoire français.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : "Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : "La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Les trois enfants mineurs I B D, qui sont scolarisés en France depuis l'année scolaire 2020- 2021, disposaient d'un visa qui a expiré le 2 mars 2022. Des documents de circulation ont été demandés pour les trois enfants, le 8 mars 2022. B D soutient qu'aucune suite n'a été donnée à ces demandes. Pour sa part, la préfecture fait valoir que la requérante n'a pas répondu à la demande de pièces qui lui a été faite le 18 mars 2022 lui demandant de justifier de la régularité de son séjour. En réponse, elle indique n'avoir jamais reçu une telle demande, ceci malgré les nombreuses relances effectuées, celle effectuée le 23 mai dernier invitait d'ailleurs la préfecture à lui faire connaître si des pièces supplémentaires étaient nécessaires. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que B D est en situation régulière sur le territoire français, d'autre part, que les enfants doivent se rendre le 21 octobre, pendant les vacances scolaires, auprès de leur père, qui réside à Beyrouth.
3. Il n'est pas sérieusement contesté que la non délivrance des documents de circulation rend difficile le départ programmé le 21 octobre 2022 pour le Liban des enfants qui sont scolarisés en France et ne pourront, sans diligenter une nouvelle procédure de visas, y revenir rapidement pour poursuivre leur scolarité. Le préfet de police n'a fait valoir, devant le juge du référé, aucun fondement légal à cette absence de délivrance. Aussi, cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et de venir des intéressés. Compte tenu de la date de la demande, de l'imminence des vacances scolaires et de la nécessité de rejoindre le territoire français juste après, il y a urgence. Il y a lieu par suite d'enjoindre au préfet de police de délivrer sans délai à B D les documents de circulation demandés pour ses trois enfants mineurs sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
4. Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement de ces dispositions, une somme de 800 euros, à verser à la requérante.
O R D O N N E
Article 1er : Il est enjoint au préfet de police de délivrer sans délai à B D trois documents de circulation au profit de C, A et Karim Abou G, ses enfants mineurs.
Article 2 : L'Etat versera à B D, une somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à B F D et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 18 octobre 2022.
La juge des référés,
M-P E
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2221511/9
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026