jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2221694 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 18 octobre 2022, M. F C et Mme G E C, agissant en leur qualité de représentants légaux de M. B C, représentés par la SELARL Julie Hollard Avocat, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'ordonner la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de police de Paris a refusé le 18 juillet 2022 de délivrer un titre de voyage à B C ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de délivrer un titre de voyage à leur fils, ou une prolongation de son titre de voyage, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de permettre à leur fils B de conserver le titre de voyage n° 17ZX04682 expiré depuis le 5 juin 2022 qui contient des visas pour le Royaume-Uni et les Etats-Unis ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- une décision implicite de refus est née le 18 juillet 2022 A lors que la demande de titre de voyage pour étranger bénéficiaire de la protection internationale a déposée le 18 mai 2022 ;
- l'urgence de sa situation est avérée A lors que M. F C doit voyager à Londres le 21 octobre 2022, puis de nouveau à compter du 2 novembre 2022 dans le cadre cette fois d'une procédure judiciaire très importante dans le cadre de laquelle la présence de l'ensemble de sa famille à ses côtés, comme cela est le cas normalement, est nécessaire ;
- cette décision implicite de rejet porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit de mener une vie privée et familiale, à l'intérêt supérieur de l'enfant, et à la liberté d'aller et venir, compte tenu de ce qu'il n'est pas établi qu'il existe un motif légal pour refuser la délivrance du titre de voyage de l'enfant, que les vérifications éventuelles ne peuvent justifier que la délivrance soit différée, que le refus n'est pas motivé et que le délai de l'administration pour se prononcer est manifestement excessif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 19 octobre 2022 :
- le rapport de M. D ;
- les observations de la SELARL Julie Hollard Avocat, avocat de M.et Mme C et de Mme G E, agissant pour leur fils B, qui concluent aux mêmes fins que les écritures par les mêmes moyens en précisant que Mme C a été mise en possession le 23 mars 2022 d'un récépissé de demande de titre de séjour, mentionnant sa nouvelle adresse et sa situation maritale, ce qui permettait l'instruction de la demande de délivrance du titre de voyage qui a été déposée de manière complète A le 18 mai 2022, le second dépôt effectué le 19 septembre 2022 n'en étant que la forme dématérialisée ;
- les observations de Me Floret, avocat du préfet de police, qui fait valoir que l'urgence n'est pas caractérisée A lors que la demande de titre de voyage n'a été formalisée que le 19 septembre 2022, après que Mme C a récupéré sa carte de résident, laquelle était exigée pour l'instruction de cette demande, ce qui fait que le délai mis par la préfecture pour y procéder n'a rien d'anormal, d'une part, et que compte tenu du délai d'instruction habituel, le préfet de police ne peut être regardé comme ayant porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, d'autre part.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant thaïlandais né le 30 mars 1971, s'est vu reconnaître le statut de réfugié le 9 juillet 2015 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et bénéfice à ce titre d'une carte de résident de dix ans. Mme E C, son épouse, ressortissante biélorusse née le 7 janvier 1988, est également titulaire d'une carte de résident délivrée le 22 février 2018 valable dix ans. Leur fils B C, né le 7 février 2017, bénéficie du statut de réfugié en qualité d'enfant de réfugié et a été titulaire d'un titre d'identité républicain qui a expiré le 16 mai 2022, et d'un titre de voyage pour réfugié valable jusqu'au 5 juin 2022. Ils ont sollicité le renouvellement du titre de voyage de leur fils A le 20 janvier 2022, en présentant un dossier complet le 18 mai 2022 compte tenu que leur titre de séjour devait être préalablement modifié en raison à la fois de leur mariage et de leur déménagement, sans qu'il ait été donné suite à leur demande. Dans ce cadre, M. et Mme C, agissant en leur qualité de représentants légaux de leur fils mineur, demandent au juge des référés d'ordonner la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet de police de Paris a refusé le 18 juillet 2022 de délivrer un titre de voyage à B C, d'enjoindre au préfet de police de Paris de délivrer un titre de voyage à leur fils ou de prolonger celui existant dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ainsi que d'enjoindre au préfet de police de Paris de permettre à leur fils B de conserver le titre de voyage n° 17ZX04682 expiré depuis le 5 juin 2022 qui comporte des visas pour le Royaume-Uni et les Etats-Unis.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
3. Aux termes de l'article L. 561-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit 'asile : " A moins que des raisons impérieuses de sécurité nationale ou d'ordre public ne s'y opposent, l'étranger titulaire d'un titre de séjour en cours de validité auquel la qualité de réfugié a été reconnue en application de l'article L. 511-1 et qui se trouve toujours sous la protection de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut se voir délivrer un document de voyage dénommé " titre de voyage pour réfugié " l'autorisant à voyager hors du territoire français. Ce titre permet à son titulaire de demander à se rendre dans tous les Etats, à l'exclusion de celui ou de ceux vis-à-vis desquels ses craintes de persécution ont été reconnues comme fondées en application du même article L. 511-1. ".
4. Il n'y a urgence à ordonner la suspension d'une décision administrative que s'il est établi qu'elle préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du demandeur ou aux intérêts qu'il entend défendre. En outre, lorsque le requérant fonde son intervention non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
5. Il résulte de l'instruction, et notamment de la confirmation de dépôt produite, qu'après avoir tenté d'entreprendre des démarches à compter du mois de janvier 2022, M. et Mme C ont effectivement déposé le 18 mai 2022, auprès de la préfecture de police de Paris, pour leur fils B, une demande de renouvellement du " titre de voyage pour réfugié " prévu par l'article L. 561-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à raison de l'expiration le 5 juin 2022 du titre dont l'enfant disposait. Ils ont renouvelé leur demande par voie dématérialisée le 19 septembre 2022. A la date de la présente ordonnance, aucune décision explicite n'est intervenue. A supposer même qu'une décision implicite de rejet soit intervenue A le 18 juillet 2022 ainsi qu'ils l'allèguent, il résulte de l'instruction que l'absence de ce titre de voyage, qui a fait obstacle à la sortie du territoire de l'enfant au cours de l'été 2022, est seulement de nature à empêcher qu'il se rende avec eux à Londres du 21 au 24 octobre 2022, puis du 2 au 11 novembre 2022, voyages pour lesquels ils produisent des billets d'avion au nom de M. C et de leur fils, ainsi qu'une réservation d'hôtel. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction, et il n'est pas sérieusement allégué, que le voyage prévu le 21 octobre serait justifié par des considérations particulières. Par ailleurs, si le voyage prévu le 2 novembre est motivé par la nécessité pour M. C de se rendre devant la Commercial Court où il doit être entendu en qualité de témoin dans le cadre d'un litige qu'il allègue concerner ses intérêts commerciaux et personnels en lien avec son statut de réfugié, et si les requérants soutiennent qu'ils doivent se rendre à Londres en famille comme ils en ont l'habitude pour se soutenir et assurer des chances optimales de succès, ni leurs déclarations d'ordre général, ni l'attestation rédigée le 16 octobre 2022 par un avocat qui se borne à indiquer qu'il " importe que le jeune B puisse participer à ce déplacement ", ne sont de nature à établir la nécessité de la présence de l'enfant aux côtés de son père, ni même celle de la présence de sa mère. Par ailleurs, à supposer même que M. et Mme C se rendent ensemble à Londres, sans leur fils, pour l'un ou l'autre de ces voyages, ces derniers sont d'une durée réduite, sans qu'il soit par ailleurs établi, ni même allégué, qu'une solution de garde serait insusceptible d'être trouvée pour ces brèves périodes. Dans ces conditions, et alors que l'instruction de la demande de titre de voyage pour réfugié du jeune B C est effectivement en cours d'instruction depuis le 19 septembre 2022 et la production de la carte de résident actualisée de sa mère à cette date, laquelle était nécessaire ainsi que l'a indiqué l'avocat du préfet de police à l'audience, le préfet ne peut être regardé comme ayant porté une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, et en particulier à l'intérêt supérieur de l'enfant, au droit de mener une vie privée et familiale normale ou à la liberté d'aller et venir, justifiant qu'une mesure de sauvegarde soit prise par le juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
6. Par suite, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur l'urgence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. et Mme C au nom de leur fils doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. F C et de Mme G E C, agissant en leur qualité de représentants légaux de M. B C, est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F C et à Mme G E, en leur qualité de représentants légaux de M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 20 octobre 2022.
Le juge des référés,
H. D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. /9
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026