mercredi 2 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2222118 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | NUNES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 octobre 2022, Mme D F, représentée par Me Nunes, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 15 septembre 2022 par laquelle le préfet de police a accordé le concours de la force publique afin qu'il soit procédé à son expulsion du logement qu'elle occupe ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 700 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, ou à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, à verser à elle-même.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition relative à l'urgence est remplie dès lors que l'exécution de la décision contestée est susceptible d'être mise en œuvre à tout moment et aurait pour conséquence de la priver de logement, alors qu'elle ne peut se reloger par ses propres moyens et que son état de santé est incompatible avec le fait de vivre à la rue ;
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le préfet de police n'a pas procédé à un examen réel et complet de sa situation, qu'il n'a pas préalablement informé la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives en méconnaissance de l'article 7-2 de la loi n°90-449 du 31 mai 1990 et qu'il n'a pas vérifié, avant de prendre la décision litigieuse, que l'huissier de justice avait procédé à l'accomplissement des diligences prévues par le code des procédures civiles d'exécution, notamment les articles R. 153-1 al. 2, R. 412-2 et R. 412-5 dudit code ;
- elle ne peut lui être opposée dès lors que la notification est irrégulière ;
- elle méconnaît les;
- elle méconnaît les dispositions des code des procédures civiles d'exécution ;
- elle méconnaît les articles L. 345-2, L. 345-2-1 et L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, eu égard à sa situation , qui n'a pu être évoquée devant le juge judiciaire et n'a pas été prise en compte par le préfet de police, d'erreurs de droit, résultant de la méconnaissance des articles L. 345-2, L. 345-2-1 et L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles et de violation des dispositions de l'article 16 du code civil ainsi que des stipulations des articles 3, 8 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard à la précarité de sa situation et à son état de santé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 28 octobre 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- sur l'appréciation de l'urgence, il s'en remet à la sagesse du Tribunal ;
- sur l'existence d'un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la compétence du signataire de la décision contestée est justifiée par l'une des pièces jointes au mémoire en défense ;
- dès lors que les décisions accordant le concours de la force publique, qui sont des mesures d'exécution d'une décision de justice, ne sont pas au nombre des décisions devant être motivées, les moyens tirés de l'insuffisante motivation et du vice de procédure faute de procédure contradictoire doivent être écartés ;
- ni l'article 7-2 de la loi du 31 mai 1990 ni l'article L. 412-5 du code des procédures civiles n'imposent au préfet de Paris de saisir la CCAPEX, mais simplement de l'informer de l'existence du commandement de quitter les lieux, ce à quoi il a procédé en l'espèce ; la requérante ne peut donc utilement se prévaloir de ces dispositions à l'appui du moyen tiré du vice de procédure affectant la régularité de la décision d'octroi du concours de la force publique ;
- la circonstance que la décision aurait été prise sans examen de la situation de la requérante manque en fait ;
- la requérante ne peut utilement se prévaloir de l'article 16 du code civil et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté ;
- la circonstance que le préfet aurait méconnu son droit à un hébergement d'urgence est sans incidence (Conseil d'Etat, 10 février 2012, n° 356456) et, au surplus, manque en fait dès lors qu'un hébergement d'urgence a été demandé ;
- la requérante ne justifie d'aucun motif de nature à caractériser un trouble à l'ordre public ou une atteinte à la dignité humaine en cas d'exécution de la décision judiciaire prononçant son expulsion ; le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit donc être écarté.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 24 octobre 2022 sous le numéro 2222120 par laquelle Mme F demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code des procédures civiles d'exécution,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme G pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Perfettini, juge des référés, en présence de M. Fadel, greffier ;
- les observations de Me Nunes, représentant Mme F, qui reprend les moyens de la requête, rappelle que le message de la DRIHL du 21 octobre 2022 joint au dossier démontre que le dossier de Mme F a été mis en urgence à l'instruction pour la CCAPEX du 25 octobre 2022 et souligne que des considérations humanitaires ou l'erreur manifeste d'appréciation entachant la décision contestée doivent entraîner la suspension demandée ;
- et les observations de M. E, représentant le préfet de police, qui reprend les les moyens du mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été différée à l'issue de l'audience publique, en dernier lieu au 2 novembre 2022 à 12 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte sous seing privé en date du 25 août 2000, M. C B a donné à bail à Mme D F un logement composé de quatre pièces principales situé 44 rue de Galilée à Paris 16ème, moyennant un loyer mensuel de 2 277,12 euros, pour une durée d'un an renouvelable par tacite reconduction. Le 26 novembre 2021, le tribunal judiciaire de Paris, saisi par M. C B et Madame H B, née A a prononcé, par jugement signifié le 1er février 2022, la résiliation de plein droit du bail en cause et ordonné l'expulsion, à défaut d'un départ volontaire des lieux, de Mme F ainsi que de tous occupants de son chef du logement en cause. Le même jour, soit le 1er février 2022, le commissaire de justice instrumentaire a adressé un commandement de quitter les lieux à Mme F; dont une copie est parvenue au préfet de Paris. Le 9 mai 2022, le commissaire de justice, qui s'est déplacé sur les lieux, a dressé un procès-verbal de difficulté et a, le 14 mai 2022, à la demande de Mme A, requis le concours de la force publique en vue de procéder à cette expulsion. Le 15 septembre 2022, le préfet de police a accordé le concours de la force publique et a informé le commissaire de justice instrumentaire de ce que à compter du 5 octobre 2022 le commissaire de police localement compétent serait autorisé à lui prêter son concours. Par la présente requête, Mme F demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé de Mme F, il y a lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés, invoqués par la requérante, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les autres conclusions, à l'exception de celles relatives à l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E
Article 1er : Mme F est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D F, à Me Nunes et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police et au bureau de l'aide juridictionnelle.
Fait à Paris le 2 novembre 2022.
La juge des référés,
D. G
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026