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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2222139

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2222139

vendredi 28 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2222139
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantATGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 octobre 2022 et le 27 octobre 2022M. Ahmad Zubair B, représenté par Me Atger, demande au juge des référés : 1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ; 2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 8 septembre 2022 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil ; 3°) d'enjoindre, à titre principal, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir ses conditions matérielles d'accueil, dans le délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de huit jours sous astreinte de 200 euros par jour de retard ; 4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil, ou à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, à verser à lui-même. Il soutient que : - l'urgence est caractérisée dès lors qu'il ne peut plus travailler et subvenir à ses besoins en raison d'un récent accident de travail, et que la décision litigieuse le prive par conséquent de toute ressource et le place dans une situation d'extrême précarité, ainsi qu'il ressort d'une fiche d'orientation établie par la CIMADE ; - il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, tiré de ce que : - cette décision est entachée d'un défaut de motivation, d'autant qu'une demande de communication de motifs a été faite ; - elle a été prise selon une procédure irrégulière sans que sa vulnérabilité ait été prise en compte, en méconnaissance d'une garantie essentielle prévue par les dispositions des articles L. 522-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - elle est entachée d'un défaut d'examen ; - elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ; - elle méconnaît les dispositions des articles 17 et 20 de la Directive 2013/33/UE. Par un mémoire enregistré le 26 octobre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que : -sur l'urgence, le requérant ne justifie pas d'une situation particulière, dès lors que le problème de santé dont il fait état, dû à un accident du travail, est résolu ainsi qu'il ressort de l'avis A rendu le 26 juillet 2022 et que l'intéressé âgé de 25 ans et célibataire, ne présente pas une situation de vulnérabilité telle que la cessation des conditions matérielles d'accueil puisse représenter une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code ; - sur les moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, aucun ne peut être accueilli. Vu : - les autres pièces du dossier ; - la requête enregistrée le 24 octobre 2022 sous le numéro 2222140 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée. Vu : - la directive 2013/33/UE ; - le code des relations entre le public et l'administration ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ; - le code de justice administrative. Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes en référé. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. A été entendu au cours de l'audience publique tenue le 28 octobre 2022, en présence de M. Fadel, greffier de section et d'audience, le rapport de Mme C. Considérant ce qui suit : 1. M. D B, ressortissant afghan né le 4 janvier 1997, a présenté une demande d'asile le 3 octobre 2018 et a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Sa demande d'asile a été enregistrée en procédure " Dublin " et le préfet de police a pris à son encontre, le 28 novembre 2018, un arrêté de transfert vers la Suède. Après que l'intéressé a été déclaré en fuite par le préfet de police le 1er février 2019, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a, par une décision du 15 février 2019, suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dont il avait bénéficié. Postérieurement à l'expiration du délai de transfert, la demande de M. B a été enregistrée le 8 juillet 2021 en procédure accéléré. Par une décision implicite en date du 8 septembre 2022, l'OFII a rejeté sa demande tendant à ce que soit rétabli le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de cette décision. Sur la demande d'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle : 2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". 3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : 4. Aux de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". 5. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. 6. Au soutien de sa demande de suspension de l'exécution de la décision implicite du 8 septembre 2022 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a cessé l'octroi des conditions matérielles d'accueil dont il avait bénéficié jusqu'au 15 février 2019, M. B soutient qu'il ne dispose d'aucune ressource et qu'il présente une vulnérabilité particulière. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant, âgé de 25 ans et sans charge de famille, a vécu près de trois ans sans se manifester auprès de l'Office. Il a, en outre, fait l'objet d'un examen par le médecin coordinateur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui, le 26 juillet 2022, a rendu un avis dit " A ", mentionnant une " priorité pour un hébergement, sans caractère d'urgence " et ajoutant, dans la rubrique " Commentaire " : " absence de caractère d'urgence, antécédent médical résolu ". Dans ces conditions, la situation d'urgence invoquée ne peut être regardée comme établie. 7. Il résulte de ce qui précède que M. B ne peut pas prétendre à la suspension de l'exécution de la décision attaquée de l'OFII. Sa requête doit donc être rejetée, en toutes ses conclusions. O R D O N N E : Article 1er : M. B n'est pas admis à l'aide juridictionnelle provisoire. Article 2 : La requête de M. B est rejetée. Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B, à Me Atger et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Copie sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle. Fait à Paris, le 28 octobre 2022. La juge des référés, D. C La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.2N° 2222139/3

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