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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2222274

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2222274

mercredi 18 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2222274
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationSection 8 - Chambre 1
Avocat requérantDELORME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Delorme, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du préfet de police de Paris du 3 août 2022 rejetant sa demande de titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant son pays de renvoi d'office à l'issue de ce délai et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à

Me Delorme, son avocate, de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi que l'avis du collège de médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a été émis régulièrement au regard des articles R. 425-11 et R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et de l'arrêté du 27 décembre 2016 ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle viole les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 novembre 2022, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant contre la décision de refus de titre de séjour ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 septembre 202Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C ;

- et les observations de Me Delorme avocate de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant pakistanais né le 9 mars 1973 et entré en France en juin 2014 selon ses déclarations, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour des motifs médicaux à titre principal. Par un arrêté du 3 août 2022, dont il demande l'annulation, le préfet de police a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur la légalité de la décision de refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne les dispositions des articles L. 425-9 et

L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont le préfet de police a fait application, et indique, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour de M. A. Si cet arrêté ne mentionne pas tous les éléments caractérisant la situation de ce dernier, il lui permet de comprendre les motifs du refus qui lui est opposé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant de refuser de lui accorder un titre de séjour, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir que cela n'aurait pas été le cas.

4. En troisième lieu, aux termes de cet article L. 425-9 du même code : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / (). ". Ces conditions ont été définies aux articles R. 425-11 à R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précisées par un arrêté du 27 décembre 2016.

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'avis du collège de médecins de l'OFII émis le 25 mai 2022, au vu duquel le préfet de police s'est prononcé, lui a été transmis le jour même sous couvert du directeur général de l'Office, ainsi que l'atteste le bordereau de sa transmission, comporte la signature des trois médecins ayant siégé au sein de ce collège, lequel a délibéré collégialement ainsi que l'établit la mention " après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ". Par ailleurs, cet avis mentionne que l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que l'intéressé peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine vers lequel il peut voyager sans risque conformément aux exigences de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016. Dans ces conditions, et alors que le requérant n'apporte aucune précision sur les autres irrégularités dont cet avis serait entaché, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

6. D'autre part, pour refuser de délivrer à M. A un titre de séjour, le préfet de police a estimé, au vu de l'avis du collège de médecins de l'OFII du 25 mai 2022, que si son état de santé nécessitait une prise en charge médicale, dont le défaut serait susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine vers lequel il pouvait voyager sans risque. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'ordonnance du 3 août 2022, que M. A bénéficie, en raison de son diabète, d'un traitement médical à base de Dapagliflozi 10mg, d'Acetylsalicyque acide 75mg, d'Atorvastatine 20mg, de Bilastine 20mg, d'Ezetimibe 10mg, de Lansoprazole 15mg, de Metformine chlorhydrate 1000mg, de Metoclopramide 10mg, d'Omeprazole 20mg, Pregabaline 25mg, Repaglinide 1mg, de Sitagliptin metformine chlorhydrate 50mg, de Janumet 1000mg, de Tresiba 200u/ml en solution injectable dans un stylo 3ml. Si le requérant allègue que " la plupart des médicaments prescrits () ne lui seront pas accessibles en cas de retour au Pakistan ", il n'apporte pas de précision, ni de justification sur ce point. Par ailleurs, la seule circonstance générale qu'il allègue, en se prévalant de deux articles qu'il ne produit d'ailleurs pas, que le pays accuse un retard important dans la lutte contre le diabète, et qu'il ne pourra y avoir un " suivi médical suffisant ", sans autre précision ou justification, ne sont pas de nature à établir l'impossibilité dans laquelle il y serait de bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en rejetant sa demande de titre de séjour présentée sur leur fondement.

7. En quatrième lieu, M. A ne peut utilement soutenir que le refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le préfet de police ne s'est pas fondé sur celles-ci et qu'il n'établit pas, ni même allègue, en tout état de cause, en avoir sollicité le bénéfice.

8. En cinquième lieu, aux termes des dispositions des deux premiers alinéas de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (). / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

9. M. A se prévaut de ce qu'il vit en France depuis le mois de juin de l'année 2014, y entretient une relation amoureuse avec une ressortissante algérienne, en situation régulière, de laquelle est né un enfant le 18 mars 2018, ainsi que de son insertion professionnelle et de son suivi médical. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que si le requérant a reconnu le

23 mars 2018 un enfant, il ne réside pas avec lui et la mère sans justifier par ailleurs entretenir des liens effectifs avec l'enfant en se bornant à se prévaloir d'une " attestation de renouvellement régional d'une demande de logement locatif social " établie le 15 décembre 2021 et adressée conjointement à la mère de l'enfant et à une parente de celle-ci, et de différentes photographies dépourvues d'éléments de contexte. Par ailleurs, il ne justifie pas de sa présence en France avant le mois de mars 2018, et, à supposer même qu'il soit dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, il y a vécu jusqu'à l'âge de plus de quarante ans et peut y bénéficier d'un traitement médical approprié. Enfin, il n'a exercé des activités professionnelles en qualité d'ouvrier de manœuvre puis en qualité de peintre en bâtiment, qu'entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2021. Compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, le préfet de police, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis. Il n'a donc pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni violé les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

10. En sixième lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

11. Si M. A est le père d'un enfant né en France le 18 mars 2018, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que le refus de titre de séjour affecterait la situation de ce dernier de manière suffisamment directe et certaine, dès lors qu'il réside avec sa mère dans un autre département et que le requérant ne justifie pas contribuer à son entretien et à son éducation ni même entretenir de liens effectifs avec lui ainsi qu'il a été précisé au point 9. Dès lors, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de police, n'a pas méconnu les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

12. En dernier lieu, compte tenu notamment de ce qui a été dit aux points 6 et 9, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. A.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point 9, l'obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme portant une atteinte excessive au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. En second lieu, compte tenu notamment de ce qui a été dit aux points 6 et 9, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. A.

Sur la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :

15. Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

16. L'arrêté attaqué, qui ne vise ni ne mentionne les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'expose pas les motifs de fait ayant conduit le préfet de police à fixer à la durée maximale de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. A. Par suite, elle est entachée d'une insuffisance de motivation. Dès lors, compte tenu de son caractère indivisible, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, la décision fixant le principe et la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police de Paris du 3 août 2022 en tant qu'il lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

18. Le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de police de Paris du 3 août 2022 est annulé en tant qu'il interdit à M. A de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de police de Paris et à Me Delorme.

Délibéré après l'audience du 3 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Delesalle, président ;

- Mme Marik-Descoings, première conseillère ;

- M. Hémery, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2023.

Le président-rapporteur,

H. C

L'assesseure la plus ancienne,

N. Marik-DescoingsLa greffière,

A. Heeralall

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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