jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2222335 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | VERNON |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 1618107 rendu le 8 décembre 2016, devenu définitif, le tribunal administratif de Paris, saisi par Mme B, à l'article 3 de ce jugement, a mis à la charge de l'Etat la somme de 600 euros, à verser à Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une lettre, enregistrée le 11 décembre 2019, Mme B, représentée par Me Vernon, a demandé au tribunal administratif, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris de prendre, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 30 euros par jour de retard, les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 1618107 du 8 décembre 2016, par lequel le tribunal a notamment mis à la charge de l'Etat une somme de 600 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, afin que cette somme lui soit versée assortie des intérêts au taux légal pour la période comprise entre la date du jugement et celle du mandatement de cette somme, majorée de cinq points à compter du délai de deux mois à compter de la notification du jugement à exécuter soit le 8 décembre 2016 ;
2°) de mettre à la charge du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris une somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que ce jugement n'a pas été entièrement exécuté.
La demande a été communiquée au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La demande a été communiquée au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 20 octobre 2022, le président du tribunal a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 13 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 mars 2023 à 12h00.
Vu :
- le jugement n° 1618107 du tribunal administratif de Paris du 8 décembre 2016 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code vicil ;
- le code monétaire et financier ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Simonnot.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 1618107 rendu le 8 décembre 2016, notifié à l'adminsitration le 9 décembre suivant, devenu définitif, le tribunal administratif de Paris, saisi par Mme B, à l'article 3 de ce jugement, a mis à la charge de l'Etat la somme de 600 euros, à verser à Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les diligences accomplies auprès de l'Etat en vue d'obtenir l'exécution du jugement n'ayant pas abouti, une phase juridictionnelle a été ouverte par une ordonnance du président du tribunal du 20 octobre 2022.
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution () ".
3. Aux termes du I de l'article 1er de la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980 relative aux astreintes prononcées en matière administrative et à l'exécution des jugements par les personnes morales de droit public, reproduit à l'article L. 911-9 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'État au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice () / A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement ".
4. Dès lors que ces dispositions permettent à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d'obtenir du comptable public assignataire le paiement de la somme que la collectivité publique est condamnée à lui verser à défaut d'ordonnancement dans le délai prescrit, il n'y a, en principe, pas lieu de faire droit à une demande tendant à ce que le juge prenne des mesures pour assurer l'exécution de cette décision. Il en va toutefois différemment lorsque le comptable public assignataire, bien qu'il y soit tenu, refuse de procéder au paiement.
5. L'exécution du jugement du 8 décembre 2016, devenu définitif, comporte pour l'Etat l'obligation de verser à Mme B une somme de 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, à qui la requête a été communiquée, n'a produit aucune observation en réponse et n'apporte ainsi aucun élément de nature à établir qu'il aurait effectivement versé cette somme. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que, conformément aux dispositions de l'article L. 911-9 du code de justice administrative, Mme B, par la voix de son avocat, a saisi, par un courrier notifié le 26 décembre suivant, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France d'une demande de mandatement d'office qui du silence qu'il a conservé sur cette demande a laissé naître une décision implicite de rejet. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris de procéder au paiement de la somme de 600 euros due à Mme B, assortie des intérêts au taux légal à compter du 9 décembre 2016, date de notification à l'administration du jugement dont l'exécution est demandée, intérêts augmentés, en application des dispositions de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier, de cinq points à compter du 9 février 2017, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, pour l'exécution de l'article 3 du jugement n° 1618107 du 8 décembre 2016, de verser à Mme B la somme de 600 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 9 décembre 2016, date de notification à l'administration de ce jugement, intérêts augmentés, en application des dispositions de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier, de cinq points à compter du 9 février 2017, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 (cinquante) euros par jour de retard.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B une somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
Le président,
J.-F. SIMONNOT,
La greffière,
J. IANNIZZI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026