vendredi 28 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2222351 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | BANOUKEPA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 octobre 2022, M. C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur en date du 25 octobre 2022 refusant de l'admettre sur le territoire au titre de l'asile et fixant Cuba ou tout autre pays où il sera légalement admissible comme pays de renvoi ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la confidentialité de sa demande n'a pas été respectée dès lors que l'avis de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides a été communiqué à des agents du ministère de l'intérieur qui ne sont pas habilités ;
- les conditions matérielles de l'entretien ne lui ont pas permis de développer son récit ;
- la décision de refus d'admission est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa demande d'admission au titre de l'asile était manifestement infondée ;
- la décision n'a pas pris en compte sa vulnérabilité ;
- la décision fixant le Cuba comme pays de destination méconnait les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève et le principe de non-refoulement ainsi que celles de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, le ministre de l'intérieur, représenté par Me Moreau, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 777-1-5 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Banoukepa, avocat de C,
- et les observations de Me Ben Hamouda, avocat du ministre de l'intérieur.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux décisions du 25 octobre 2022 le ministre de l'intérieur a rejeté la demande d'admission au séjour au titre de l'asile présentée par M. C, ressortissant de nationalité congolaise, et a fixé Cuba ou tout autre pays où il sera légalement admissible comme pays de renvoi. M. C demande l'annulation de ces décisions pour excès de pouvoir.
2. En premier lieu, si la confidentialité des éléments d'information détenus par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides relatifs à la personne sollicitant en France la qualité de réfugié est une garantie essentielle du droit d'asile, ce principe ne fait pas obstacle à ce que les agents habilités à mettre en œuvre le droit d'asile aient accès à ces informations. Ces éléments n'ont été connus, transmis et étudiés que par les agents des autorités habilitées par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à traiter leurs demandes, à savoir les agents de police, de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et du ministère de l'intérieur, tous astreints au secret professionnel. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que la procédure suivie aurait porté atteinte au principe de confidentialité des éléments d'information ressortant de la demande d'asile. En outre, la circonstance que la décision serait transmise par télécopie n'est pas davantage de nature à méconnaître ce principe. Il s'ensuit que le moyen tiré de la violation du principe de confidentialité de la demande d'asile doit être écarté.
3. En deuxième lieu, et d'une part, M. C n'apporte, ni dans ses écritures, ni à l'audience, d'éléments permettant d'établir que les conditions matérielles de l'entretien l'auraient empêché de développer son récit. D'autre part, il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que l'agent de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou le ministre n'auraient pas tenu compte de sa vulnérabilité, le requérant ne faisant d'ailleurs état d'aucune situation particulière de vulnérabilité. Par suite les vices de procédure invoqués doivent être écartés.
4. En troisième lieu, le droit constitutionnel d'asile, qui a le caractère d'une liberté fondamentale, a pour corollaire le droit de solliciter le statut de réfugié. Ce droit implique que l'étranger qui sollicite la reconnaissance de la qualité de réfugié soit en principe autorisé à demeurer sur le territoire jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa demande. Toutefois, le ministre chargé de l'immigration peut, sur le fondement des dispositions de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rejeter la demande d'asile d'un étranger se présentant aux frontières du territoire national lorsque celle-ci présente un caractère manifestement infondé.
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des déclarations de
M. C telles qu'elles ont été consignées dans le compte-rendu d'entretien avec le représentant de l'OFPRA, que l'intéressé, étudiant en médecine puis en physiothérapie à Cuba dans le cadre d'un échange universitaire avec le Congo, aurait participé aux grèves, manifestations et dégradations menées en 2019 puis en 2022 à la Havane par un collectif d'étudiants pour protester contre le non-paiement des bourses d'études promises par le Congo. Il aurait été identifié comme l'un des meneurs du mouvement, convoqué à l'ambassade par les autorités congolaises en août 2022, et appris que son nom figure sur une liste de huit personnes considérées comme leaders du mouvement et menacées d'être renvoyées au Congo. Toutefois, l'agent de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a relevé dans son avis le caractère artificiel et faible en éléments circonstanciés du discours de l'intéressé qui, pour étayer son rôle de leader au sein de ces manifestations estudiantines, ne fait état que de peu d'éléments substantiels, se contentant d'évoquer de manière convenue la prise de parole lors de réunions et le saccage de chambres en 2019. L'actualité du risque de mesures de rétorsions en lien avec les évènements de 2019 apparait par ailleurs très faible, l'intéressé affirmant avoir été expulsé de l'université en 2021, sans toutefois que cette fin de scolarité s'accompagne d'un renvoi au Congo. Si M. C fait également état de sa participation à un second mouvement en 2022, à une date où il n'était plus étudiant, il ne se prévaut pour étayer son rôle de meneur que de la réalisation d'une vidéo qui aurait été versée sur les réseaux sociaux par un de ses amis. En outre, les craintes alléguées par l'intéressé en cas de renvoi à Cuba, où résident sa femme et son enfant, tous deux de nationalité cubaine, apparaissent peu circonstanciés, le requérant se bornant à évoquer de manière évasive un risque d'expulsion au Congo où son père, militaire, et sa mère, médecin, auraient rencontré des difficultés professionnelles liées à sa participation aux protestations de la Havane. Dans ces conditions, c'est par une exacte appréciation des dispositions de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le ministre de l'intérieur a estimé que le risque de persécutions ou d'atteintes graves était dépourvu de toute crédibilité, rendant par suite la demande d'asile de M. C manifestement infondée.
6. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que les moyens tirés, à l'encontre de la décision de renvoi, de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 33 de la convention de Genève doivent être écartés.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur en date du 25 octobre 2022 refusant sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées également.
D E C I D E :
Article 1er : la requête de M. C est rejetée
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Lu en audience publique, le 28 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
J. ALe greffier,
N. DUPOUY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026