mercredi 15 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2222362 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Section 8 - Chambre 1 |
| Avocat requérant | PHILOUZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 26 octobre 2022, 31 décembre 2022, et 23 janvier 2023 M. A B, représenté par Me Philouze, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2022 par lequel le préfet de police de Paris lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale ", " salarié " ou " étudiant ", à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant cet examen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros à
Me Philouze, son avocate, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'inexactitude matérielle dès lors qu'il a été placé à l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre qu'elle assortit ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision accordant un délai de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre et de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre et de l'obligation de quitter le territoire français.
Par des mémoires en défense enregistrés les 8 décembre 2022, 19 décembre 2022,
18 janvier 2023 et 23 janvier 2023, le préfet de police, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les stipulations du titre III du protocole annexé à ce même accord doivent être substitués comme base légale du rejet de la demande des titres de séjour " vie privée et familiale " et " étudiant " de M. B aux dispositions des articles L. 423-23 et L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile sur lesquelles il s'est fondé ;
- l'exercice de son pouvoir de régularisation doit être substitué comme base légale du rejet de la demande de titre de séjour " étudiant " de M. B aux dispositions de l'article
L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile sur lesquelles il s'est fondé ;
- l'exigence d'un visa de long séjour est prévue par l'article 9 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de fonder son jugement sur le moyen relevé d'office tiré de ce que le préfet de police ne pouvait se fonder sur les dispositions de l'article L. 423-23, des deux premiers alinéas de l'article L. 422-1 et sur celles de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour refuser de délivrer à M. B un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale et en sa qualité " d'étudiant ", dès lors que la délivrance de tels titres de séjour est régie par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et le titre III du protocole annexé à ce même accord, et qu'il y a lieu de substituer à ces bases légales erronées celles tirées, respectivement, des stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, du titre III du protocole annexé à cet accord assorti du pouvoir dont le préfet de police dispose de régulariser ou non la situation d'un étranger, et de ce même pouvoir de régularisation.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de fonder son jugement sur le moyen relevé d'office tiré de ce qu'il y a lieu de substituer, en tant que de besoin, les stipulations de l'article 9 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, exigeant la détention d'un visa de long séjour pour les ressortissants algériens désireux de poursuivre des études en France, aux dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles le préfet de police semble s'être exclusivement fondé
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 23 août 2003 et entré en France le 5 mai 2019 selon ses déclarations, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 7 juillet 2022, le préfet de police a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité de la décision de refus de titre de séjour :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. La décision attaquée mentionne les dispositions des articles L. 422-1, L. 423-23 et
L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet de police a fait application pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à M. B. Il indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé. Ainsi, à sa seule lecture, cet arrêté permet à M. B de comprendre les motifs du refus de titre de séjour qui lui est opposé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
S'agissant du cadre juridique applicable :
3. Il ressort des termes de l'arrêté, ainsi qu'il a été dit au point 2, que pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. B, le préfet de police s'est fondé sur les dispositions des articles L. 422-1, L. 423-23 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La situation des ressortissants algériens étant néanmoins, régie exclusivement de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, le préfet de police a méconnu le champ d'application de la loi.
4. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.
5. En l'espèce, il y a lieu, de substituer les stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 aux dispositions du premier alinéa de l'article
L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le pouvoir de régularisation dont le préfet de police dispose à la fois aux dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 422-1 permettant de de déroger à l'obligation de visa de long séjour et à celles de l'article L. 435-3 du même code et les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien à celles de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que dans tous ces cas le préfet de police dispose du même pouvoir d'appréciation et que M. B ne se trouve privé d'aucune garantie. Par ailleurs, l'obligation de détenir un visa de long séjour prévue par les dispositions de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile trouve son fondement dans les stipulations de l'article 9 de l'accord franco-algérien qu'il y a lieu d'y substituer, en tant que de besoin, dès lors que le préfet de police dispose du même pouvoir d'appréciation et que M. B n'est pas davantage privé d'une garantie.
S'agissant des moyens invoqués :
6. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police a procédé à un examen particulier de la situation personnelle M. B avant de refuser de lui accorder un titre de séjour, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir que cela n'aurait pas été le cas.
7. En deuxième lieu, M. B soutient que c'est à tort que le préfet de police a estimé qu'il ne justifiait pas d'avoir été placé à l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité. Il ressort effectivement de l'attestation de prise en charge et de domiciliation établie le 14 octobre 2021 par la direction de l'action sociale, de l'enfance et de la santé de la Ville de Paris que le requérant a été effectivement pris en charge par l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité. Néanmoins, il ressort des pièces du dossier, et notamment du mémoire en défense, que le préfet de police aurait pris la même décision s'il n'avait pas entaché sa décision d'une inexactitude matérielle.
8. En troisième lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir, en tout état de cause, des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont le préfet de police n'a pas fait application et qui ne sont pas applicables aux ressortissants algériens.
9. En quatrième lieu, aux termes du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire ". () ". Aux termes de l'article 9 du même accord : " () Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5,7, 7 bis al. 4 (lettre c et d) et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises () ". Il résulte de ces stipulations que la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " étudiant " est subordonnée à la production d'un visa de long séjour.
10. En l'espèce, pour refuser la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet de police s'est fondé sur la circonstance, d'une part, que M. B ne disposait pas d'un visa de long séjour sans qu'il soit justifié qu'il soit dérogé à cette exigence, et, d'autre part, qu'il n'attestait pas du caractère réel et sérieux de ses études de nature à justifier l'usage de son pouvoir de régularisation. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est pas allégué par
M. B, que ce dernier était titulaire d'un visa de long séjour à la date de l'arrêté, alors que cette condition est requise par les stipulations de l'article 9 de l'accord du 27 décembre 1968. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le requérant est entré en France le 5 mai 2019 selon ses déclarations, soit à l'âge de quinze ans, et a été placé à l'aide sociale à l'enfant à ses seize ans jusqu'à sa majorité avant de bénéficier d'un contrat d'aide à un jeune majeur depuis le 2 février 2022 jusqu'au 31 août 2022. Si M. B se prévaut de la poursuite d'études en deuxième année d'enseignement en lycée professionnel pour obtenir un certificat d'aptitude professionnelle (CAP) mention " électricien ", il ressort des relevés de notes de l'année scolaire 2021/2022 que M. B a été absent à de très nombreuses reprises et que l'équipe pédagogique a indiqué qu'il était en situation d'" abandon scolaire " à la fin de deuxième semestre, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ses absences soient causées exclusivement par les difficultés psychologiques dont il se prévaut. Dans ces conditions, et sans qu'il puisse d'ailleurs utilement se prévaloir des dispositions de la circulaire du 28 novembre 2012, le préfet de police n'a pas violé les stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 en refusant de lui accorder un titre de séjour en qualité d'étudiant et, quand bien même l'intéressé a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance depuis ses seize ans, n'a pas davantage commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage de son pouvoir de régularisation.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du
27 décembre 1968 : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; / (). ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
12. Si M. B se prévaut de ce qu'il vit en France depuis le 5 mai 2019, qu'il a été pris en charge à l'aide sociale à l'enfance à compter du 12 mai 2020, qu'il fait preuve d'une bonne intégration à la société française dès lors qu'il parle le français, qu'il poursuit ses études en France depuis 2020, étant actuellement inscrit en deuxième année en lycée professionnel pour préparer un CAP mention " électricien ", qu'il bénéficie d'un suivi médical pour l'affection psychologique, et qu'il a noué différentes relations privées en France. Toutefois, à supposer qu'il ait résidé de manière habituelle sur le territoire français depuis le 5 mai 2019, il n'y était présent que depuis un peu plus de trois ans à la date de l'arrêté, sans justifier de liens particuliers noués, que les seules attestations établies postérieurement à l'arrêté ne sont pas de nature à établir, et n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident sa mère et sa sœur et où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de quinze ans. Il ne justifie pas davantage l'impossibilité pour lui de poursuivre ses études en Algérie ni de ne pouvoir y bénéficier d'un suivi médical. Dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, le préfet de police, en refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. B, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de ce refus, en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Il n'a pas davantage fait une appréciation manifestement erronée des conséquences du refus de titre de séjour sur la situation personnelle de M. B.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 12, et de ce que le requérant ne présente aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité du refus de titre de séjour doit être écarté.
14. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police a procédé à un examen particulier de la situation personnelle M. B avant de l'obliger à quitter le territoire français, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir que cela n'aurait pas été le cas.
15. En troisième lieu, lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, le préfet de police n'a pas méconnu les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 en obligeant M. B à quitter le territoire français.
16. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, l'obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme portant une atteinte excessive au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou comme entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
Sur la légalité de la décision fixant un délai de départ volontaire :
17. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 16, et de ce que le requérant ne présente aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
18. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police a procédé à un examen particulier de la situation personnelle M. B avant de fixer un délai de départ volontaire de trente jours, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir que cela n'aurait pas été le cas.
19. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours ne peut être regardée comme portant une atteinte excessive au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sans qu'il puisse par ailleurs utilement soutenir qu'elle violerait celles du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
20. En l'espèce, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 16, et de ce que le requérant ne présente aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 dès lors que l'Etat n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de police de Paris et à Me Philouze.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Delesalle, président ;
- Mme Marik-Descoings, première conseillère ;
- M. Martin-Genier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2023.
Le président-rapporteur,
H. C
L'assesseure la plus ancienne,
N. Marik-DescoingsLa greffière,
A. Heeralall
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026