mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2222428 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | ADELISE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 25 octobre 2022, le président du tribunal administratif de Grenoble a transmis au tribunal administratif de Paris la requête du syndicat Sud Lutte des Classes Education en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par cette requête, enregistrée le 24 octobre 2022, le syndicat Sud Luttes des Classes Education, représenté par Me Adelise et Me Paris, demande au tribunal d'annuler la décision du 20 octobre 2022 par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports et la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ont déclaré irrecevables les listes qu'il a présentées pour les élections professionnelles organisées en 2022.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 211-1 du code général de la fonction publique ;
- selon ses statuts, il tend à regrouper tous les personnels du secteur de l'éducation, quel qu'ils soient ;
- le syndicat Sud Education Académie de Grenoble a été créé en 1997 ; son changement de nom intervenu en juillet 2022 ne constitue pas une modification substantielle ayant pour effet de créer un nouveau syndicat ;
- le changement de nom entériné au congrès de juillet 2022 est intervenu parce que l'action de la fédération Sud ne reconnaît plus Sud Education Académie de Grenoble comme affilié à la fédération et que c'est donc à raison des décisions prises au niveau fédéral que Sud Education Académie de Grenoble a préféré modifier son intitulé ;
- la direction générale des ressources humaines de l'éducation nationale lui a ouvert le processus électronique d'inscription ;
- les statuts ont été modifiés seulement pour supprimer le rattachement à la fédération syndicale nationale ;
- le fonctionnement, le champ d'action, l'objet et ses moyens sont inchangés ;
- ses coordonnées bancaires et son organigramme n'ont pas été modifiés ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2022, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête du syndicat Sud Lutte des Classes Education est irrecevable dès lors qu'il ne justifie pas de l'identité de la personne habilitée à le représenter dans le cadre de l'instance, ni que cette personne aurait été valablement habilitée à ester en justice ;
- les moyens soulevés par le syndicat Sud Lutte des Classes Education ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- l'ordonnance n° 2021-1574 du 24 novembre 2021 portant partie législative du code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de M. Gandolfi,
- les conclusions de M. Lamy, rapporteur public,
- les observations de M. B, représentant le syndicat Sud Lutte des Classes Education,
- et les observations de M. A, représentant le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa du I de l'article 9 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée : " Les contestations sur la recevabilité des candidatures déposées sont portées devant le tribunal administratif compétent dans les trois jours qui suivent la date limite du dépôt des candidatures. Le tribunal administratif statue dans les quinze jours qui suivent le dépôt de la requête. L'appel n'est pas suspensif ". Aux termes de l'article 8 de l'ordonnance du 24 novembre 2021 susvisée : " L'abrogation des dispositions suivantes prend effet à compter de l'entrée en vigueur des dispositions réglementaires correspondantes du code général de la fonction publique : / () / Dans la loi n°83-634 du 13 juillet 1984 portant droits et obligations des fonctionnaires : / () b) Le dernier alinéa du I de l'article 9 bis ".
2. Aux termes de l'article L. 211-1 du code général de la fonction publique : " Peuvent se présenter aux élections professionnelles : / 1° Les organisations syndicales représentant les agents publics qui, dans la fonction publique où est organisée l'élection, sont légalement constituées depuis au moins deux ans à compter de la date de dépôt légal des statuts et satisfont aux critères de respect des valeurs républicaines et d'indépendance ; / 2° Les organisations syndicales représentant les agents publics affiliées à une union de syndicats de la fonction publique remplissant les conditions mentionnées au 1°. / Pour l'application du 2°, ne sont prises en compte en qualité d'unions de syndicats de la fonction publique que les unions de syndicats dont les statuts déterminent le titre et prévoient l'existence d'organes dirigeants propres désignés directement ou indirectement par une instance délibérante et de moyens permanents constitués notamment par le versement de cotisations par les membres. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative compétente, lorsque sont organisées les élections susmentionnées, de se prononcer sur la recevabilité des candidatures déposées par les organisations syndicales de fonctionnaires et notamment d'apprécier l'ancienneté de ces organisations syndicales sous le contrôle du tribunal administratif, saisi, dans les trois jours suivant la date limite de dépôt des candidatures, des contestations relatives à la recevabilité des candidatures non admises par l'administration.
4. Il ressort des pièces du dossier que, pour déclarer les listes présentées par le syndicat Sud Luttes des Classes Education irrecevables, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports et la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ont considéré que le syndicat requérant ne pouvait être regardé comme une organisation syndicale représentant les agents publics et que, compte tenu des modifications statutaires intervenues en juillet 2022, il ne pouvait être regardé comme étant légalement constitué depuis au moins deux ans.
5. L'article 4 des statuts du syndicat requérant indique qu'il " a vocation à regrouper tous les personnels du secteur de l'éducation (), de la formation, de la culture, de l'agriculture, de la recherche et des collectivités territoriales, de la Jeunesse et des Sports, quel que soit leur statut, exerçant leurs fonctions dans les établissements et les institutions publics ou privés. Il a vocation également à regrouper les travailleurs-travailleuses de ce champ de syndicalisation s'ils ou elles sont en disponibilité, retraité·es, stagiaires, chômeuses-chômeurs. ".
6. L'article 8 de ces statuts mentionne que : " La vocation première du syndicat est la défense des travailleurs-travailleuses contre l'exploitation dans le cadre de la lutte des classes. ". En vertu des articles 9 et 10 des mêmes statuts, ce syndicat a vocation à défendre " les intérêts des travailleurs-travailleuses devant toutes-tous les employeuses-employeurs, qu'ils-elles soient des représentant.es des administrations, des pouvoirs publics ou des établissements de droit privé et désigne ses représentants.es et ses délégué.es auprès des instances administratives et privée " et à participer " aux luttes sociales, interprofessionnelles et internationales " et est compétent pour toutes questions relevant " des organismes privés relevant de son champ d'activité ".
7. Il suit de là que le syndicat Sud Lutte des Classes Education, qui regroupe des personnels, quels que soient leurs statuts et exerçant dans des établissements et institutions publics ou privés, ne constitue pas une organisation syndicale représentant les agents publics au sens des dispositions précitées du code général de la fonction publique. Ainsi, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté. En outre, dès lors que le ministre de l'éducation nationale et la ministre de la recherche auraient pris la même décision s'ils s'étaient fondés sur ce seul motif, le moyen tiré de ce que le syndicat requérant devait être regardé comme ayant été légalement constitué depuis plus de deux ans ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête du syndicat Sud Lutte des Classes Education Grenoble doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat Sud Lutte des Classes Education Grenoble est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au syndicat Sud Lutte des Classes Education Grenoble, au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports et à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation.
Délibéré après l'audience du 16 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Ladreyt, président,
- M. Gandolfi, premier conseiller,
- Mme Leravat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 novembre 2022.
Le rapporteur,
G. Gandolfi
Le président,
J-P. Ladreyt
La greffière,
L. Sueur
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports et à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/5-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026