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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2222623

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2222623

jeudi 12 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2222623
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e Section - 2e Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A..., infirmière militaire, qui contestait son non-inscription au tableau d'avancement de 2022. La juridiction a estimé que le moyen tiré de l'absence de notation pour 2021 était infondé en fait, et que le ministre des armées n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en évaluant ses mérites comparés à ceux des autres candidats. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la défense, notamment les articles L. 4136-1 et L. 4136-3, relatives à l'avancement au choix et au rôle de la commission d'avancement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 octobre 2022 Mme B... A..., doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d’enjoindre au ministre des armées de communiquer au tribunal les informations pertinentes relatives aux infirmiers inscrits au tableau d'avancement au titre de l’année 2022 ;

2°) d’annuler la décision du 23 août 2022 laquelle le ministre des armées a rejeté le recours, présenté devant la commission des recours des militaires, dirigé contre la décision portant refus d’inscription au tableau d’avancement des militaires infirmiers et techniciens des hôpitaux des armées au titre de l’année établi le 10 janvier 2022 ;

3°) d’enjoindre au ministre des armées de procéder à son inscription sur ledit tableau avec reconstitution de carrière.

Elle soutient que :
- sa notation de 2020 n'a pas été reconduite en 2021 ;
- en ne l’inscrivant pas sur le tableau d’avancement, le ministre des armées a entaché sa décision d’une erreur manifeste d’appréciation de ses mérites.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 décembre 2025, la ministre des armées et des anciens combattants conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens invoqués pour Mme A... ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 décembre 2025, la clôture d’instruction a été fixée au 12 janvier 2026

Un mémoire a été produit le 15 janvier 2026 pour Mme A..., après clôture, et n’a pas été communiqué.


Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- le code de la défense ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Feghouli, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique.



Considérant ce qui suit :

1. Mme A..., infirmière en soins généraux de 1er grade, a été admise dans le corps des militaires infirmiers et techniciens des hôpitaux le 17 mars 2014 et affectée au 4ème centre médical des armées. Elle est en congé de longue durée depuis le 9 avril 2022. Par un recours en date du 5 mars 20022, elle a contesté la décision en date 10 janvier 2022 portant inscription au tableau d’avancement des militaires infirmiers et techniciens des hôpitaux des armées au titre de l’année 2022. Par une décision du 28 juillet 2022, le ministre a partiellement agréé son recours et enjoint au service de santé des armées de procéder à un nouvel examen de ses mérites professionnels, lequel service a rendu une décision le 23 aout 2022 qui confirme la non-inscription de la requérante au dit tableau. Par la présente requête, la requérante doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler cette décision.

Sur les conclusions à fin d’annulation

2. En premier lieu, si la requérante soutient que sa notation de 2020 n'a pas été reconduite en 2021, ce moyen manque en fait, en effet, la décision attaquée indiquant clairement que la notation 2021 de la requérante a été prise en compte dans l’examen de ses mérites.

3. En deuxième lieu, aux termes du second alinéa de l’article L. 4136-1 du code de la défense : « L'avancement de grade a lieu soit au choix, soit au choix et à l'ancienneté, soit à l'ancienneté. (…) les promotions ont lieu de façon continue de grade à grade et nul ne peut être promu à un grade s'il ne compte dans le grade inférieur un minimum de durée de service, fixé par voie réglementaire ». Aux termes de L. 4136-3 du code de la défense : « Nul ne peut être promu au choix à un grade autre que ceux d'officiers généraux s'il n'est inscrit sur un tableau d'avancement établi, au moins une fois par an, par corps. Une commission dont les membres, d'un grade supérieur à celui des intéressés, sont désignés par le ministre de la défense, présente à ce dernier tous les éléments d'appréciation nécessaires, notamment l'ordre de préférence et les notations données aux candidats par leurs supérieurs hiérarchiques (…). Sous réserve des nécessités du service, les promotions ont lieu dans l'ordre du tableau d'avancement. Si le tableau n'a pas été épuisé, les militaires qui y figurent sont reportés en tête du tableau suivant. Les statuts particuliers précisent les conditions d'application du présent article. »

4. Aux termes de l’article 10 du décret n°2002-1490 du 20 décembre 2002 fixant le statut des militaires infirmiers et techniciens des hôpitaux des armées : « L'avancement de grade a lieu au choix. Nul ne peut être promu s'il n'est inscrit sur un tableau d'avancement établi après avis d'une commission constituée dans les conditions prévues à l'article L. 4136-3 du code de la défense. Les membres de la commission prévue à l'article L. 4136-3 du code de la défense et leurs suppléants sont désignés par arrêté du ministre de la défense. Ils sont choisis parmi des officiers ayant au moins le grade de colonel ou grade correspondant. La commission est présidée par le chef d'état-major des armées ou son représentant pour les militaires infirmiers et techniciens des hôpitaux des armées soumis aux lois et règlements applicables aux officiers, et par le directeur central du service de santé des armées ou son représentant pour ceux soumis aux lois et règlements applicables aux sous-officiers. En cas de partage égal des voix, celle du président est prépondérante. La commission présente au ministre de la défense ses propositions d'inscription aux tableaux d'avancement ».

5. Le juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un recours tendant à l'annulation d'un arrêté portant inscription au tableau d'avancement et nomination dans un grade supérieur, ne peut se borner, dans le cadre de son contrôle restreint, à apprécier la valeur professionnelle d'un candidat écarté, et doit analyser les mérites comparés de cet agent à ceux des autres agents candidats à ce même grade.

6. En l’espèce, pour rejeter le recours administratif préalable obligatoire de la requérante, le ministre soutient sans être sérieusement contesté que compte tenu de l’importance du vivier des agents promouvables au grade d’infirmier en soins généraux de deuxième grade, lequel se compose de plus de 700 candidats, la sélection des promus est drastique, que la requérante se situe « à la fin du premier tiers du classement réalisé par son commandement ( …) que les personnels du 4ème CMA inscrits au tableau d’avancement ont tous reçus un meilleur classement que la requérante » et qu’enfin « sur les 84 personnels proposables et ayant vu leur notation de l’année 2020 reconduite en 2021 - comme Mme A... – aucun n’a été retenu à l’avancement ». S’il n’est pas contesté que Mme A... remplissait les conditions statutaires pour être promue, cette seule circonstance ne lui donnait pas un droit à cette promotion. Par ailleurs, en se bornant à faire valoir ses mérites et la diversité de son parcours professionnel, ces seuls éléments, à les supposer établis, ne suffisent pas à démontrer que, eu égard aux mérites respectifs que présentaient Mme A... et les candidats promus, le ministre aurait entaché son arrêté d’erreurs manifestes d’appréciation. Dès lors, le moyen doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de la requête de Mme A... doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fins d’injonction.


D É C I D E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et à la ministre des armées et des anciens combattants.


Délibéré après l’audience du 22 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

M. Gros, président,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 12 mars 2026.


Le rapporteur,
Signé
M. FEGHOULI
Le président,
Signé
L. GROS


La greffière,

Signé


C. CHAKELIAN


La République mande et ordonne à la ministre des armées et des anciens combattants, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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