jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2223198 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ZIMMERMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 novembre 2022, M. C A, représenté par Me Zimmermann, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admette au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 14 février 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne a décidé de l'éloigner du territoire français ;
3°) d'enjoindre à l'administration de lui délivrer un récépissé de demande d'asile et une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat à la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence particulière est remplie dès lors qu'il est retenu en centre de rétention administrative et qu'un vol est prévu le 9 novembre 2022 à destination de la Côte d'Ivoire ;
- la décision porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit d'asile dès lors qu'il a formé un recours pendant devant la Cour nationale du droit d'asile et qu'il a le droit de demeurer en France le temps de son examen.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les observations de Me Zimmermann, avocat de M. A, présent, qui a conclu aux mêmes fins que sa requête et, en outre, à ce qu'il soit enjoint au préfet de police de mettre fin à la rétention du requérant dès lors que matériellement la Cour nationale du droit d'asile ne pourra pas statuer sur son recours avant l'expiration de sa rétention administrative le 18 novembre 2022, et a repris les mêmes moyens en soutenant, en outre, qu'il se prévaut de circonstances nouvelles depuis l'intervention de la mesure d'éloignement rendant sa requête recevable au regard de la jurisprudence, qu'en raison de son orientation sexuelle, la mesure d'éloignement vers la Côte d'Ivoire l'expose à un risque pour sa vie en violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et que, compte tenu de sa durée de présence en France et de la présence de sa famille, il est porté une atteinte manifestement grave et illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la même convention, les pièces produites sur ce point et qui ne l'avaient jamais été auparavant constituant des circonstances nouvelles justifiant la suspension de l'exécution de la mesure par le juge des référés ;
- et les observations de M. A, qui a indiqué qu'en raison de son séjour irrégulier, il a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français, assortie d'un délai de départ volontaire de trente jours, au cours de l'année 2020 ou 2021, qu'il n'a pas exécutée, qu'il a été ensuite interpelé au mois de septembre 2021 et placé rétention administrative, et que c'est à cette occasion qu'il a présenté sa demande d'asile, qu'il a entendu faire appel du jugement du tribunal administratif de Versailles rejetant sa demande d'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 14 février 2022 sans toutefois que son avocat désigné à l'aide juridictionnelle ait présenté de recours dans le délai de recours contentieux, qu'il n'est pas retourné en Côte d'Ivoire depuis plus de vingt ans, et qu'il craint pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine en raison de son orientation sexuelle.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né le 10 septembre 1989, a sollicité son admission au bénéfice de l'asile le 30 septembre 2021 alors qu'il était placé en rétention administrative. Il a vu sa demande d'asile rejetée en procédure accélérée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 5 octobre 2021, contre laquelle il a formé un recours devant la Cour nationale du droit d'asile le 4 ou le 5 novembre 2021. Par un arrêté du 14 février 2022, le préfet de l'Essonne a décidé de l'obliger à quitter le territoire français. Le 20 août 2022, il a été placé en rétention administrative par ce même préfet en vue de l'exécution de cet arrêté et il y est maintenu depuis, en dernier lieu en vertu d'une ordonnance du 3 novembre 2022 du juge des libertés et de la détention de Paris ayant prolongé sa rétention jusqu'au 18 novembre 2022. Faisant valoir qu'un vol à destination de la Côte d'Ivoire était prévu le 9 novembre 2022, M. A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 14 février 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne a décidé de l'éloigner du territoire français, et d'enjoindre à l'administration de lui remettre un récépissé de demande d'asile et une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile. Il a demandé par ailleurs, au cours de l'audience, à ce qu'il soit enjoint à l'administration de mettre fin à sa rétention administrative.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé de M. A il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
4. Par ses articles L. 613-1 à L. 614-19, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a organisé une procédure particulière de contestation de la légalité d'un arrêté obligeant un étranger à quitter le territoire français. Cette procédure se traduit notamment par le caractère non exécutoire d'un tel arrêté pendant le délai de recours ouvert à son encontre, par l'effet suspensif attaché à la demande formée devant le tribunal administratif jusqu'à ce que le président du tribunal ou son délégué ait statué, ainsi que par l'existence d'une procédure d'appel.
5. Par ces dispositions, le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédures contentieuses régissant la contestation devant la juridiction administrative d'un arrêté préfectoral obligeant un étranger à quitter le territoire français. Ainsi, un arrêté portant obligation de quitter le territoire français n'est pas justiciable en principe des procédures de référé instituées par le livre V du code de justice administrative. Le mécanisme particulier de contestation d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français ainsi décrit ne fait cependant pas obstacle à l'intervention du juge des référés dans le cas où les mesures par lesquelles il est procédé à l'exécution d'un tel arrêté comportent des effets qui, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait depuis l'intervention de cet arrêté, excèdent le cadre qu'implique normalement sa mise à exécution.
6. Il résulte de l'instruction, et ainsi qu'il l'a confirmé à l'audience, que M. A a exercé la voie de recours spéciale prévue par les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile contre l'arrêté du 14 février 2022 du préfet de l'Essonne portant, notamment, obligation de quitter le territoire français et fixation de son pays de renvoi d'office, en présentant devant le tribunal administratif de Versailles un recours tendant à son annulation qui a été rejeté par un jugement du 29 avril 2022 du magistrat désigné de ce tribunal devenu définitif. Si le requérant se prévaut, devant le juge des référés, de ce que le recours qu'il a formé le 4 ou le 5 novembre 2021 devant la Cour nationale du droit d'asile contre la décision de l'OFPRA du 5 octobre 2021 rejetant sa demande d'asile est toujours pendant, et qu'il dispose, dans ces conditions, du droit de se maintenir sur le territoire français, ce qui fait obstacle à l'exécution de son éloignement, il en allait déjà ainsi à la date d'intervention de l'arrêté du 14 février 2022 et cette situation ne saurait dès lors être regardée, en tout état de cause, comme une circonstance nouvelle. Par ailleurs, s'il a produit lors de l'audience devant le juge des référés divers documents de nature à attester l'ancienneté et l'intensité de sa vie privée et familiale en France qui n'avaient pas été tenues pour établies par le tribunal administratif de Versailles, en faisant valoir qu'il n'avait pas été en mesure de les fournir à l'appui de son recours contre l'arrêté du 14 février 2022, ces seuls documents, qu'il n'allègue pas se rattacher à des éléments de fait ou de droit postérieurs à la mesure d'éloignement et qui ne font que corroborer une situation préexistante dont il avait d'ailleurs déjà fait état à l'occasion de ce recours, ne sauraient davantage constituer une circonstance nouvelle. Enfin, s'il se prévaut des risques pour sa vie en raison de son orientation sexuelle en cas de retour en Côte d'Ivoire, ce qui ne saurait affecter que l'exécution de la décision fixant son pays de renvoi, il n'établit pas, ni même allègue, que ces risques résulteraient d'un changement de circonstances de droit ou de fait postérieur à l'intervention de l'arrêté, alors qu'il résulte au demeurant du jugement du 29 avril 2022 qu'il les avait déjà fait valoir devant le tribunal administratif de Versailles.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à ce que le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ordonne la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement intervenue le 14 février 2022, avec toutes conséquences de droit quant à son maintien en rétention, ne peuvent être accueillies et doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Zimmermann et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle, au préfet de police de Paris et au préfet de l'Essonne.
Fait à Paris, le 10 novembre 2022.
Le juge des référés,
H. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./9
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026