lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2223221 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | JASLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrées les 9 et 18 novembre 2022, M. D F et Mme A E, représentés par Me Jaslet, demandent au juge des référés :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 12 septembre 2022 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a prononcé leur sortie du centre d'hébergement Huda SOS Pyrénées ;
3°) d'enjoindre au directeur territorial de l'OFII de prendre les mesures nécessaires afin d'une part, de rétablir et de régulariser le versement de leur allocation pour demandeur d'asile et, d'autre part, de les maintenir dans leur hébergement ou de leur en proposer un autre pour demandeur d'asile, dans un délai de quarante-huit heures et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 200 euros à verser à leur conseil au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission de l'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Ils soutiennent que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'exécution de la décision attaquée les place dans une situation de grande précarité ; ils ne disposent d'aucune ressource pour se nourrir et se vêtir alors qu'ils doivent subvenir aux besoins de leur enfant âgé de deux ans ; enfin, M. F qui souffre du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) nécessite un suivi médical régulier ;
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 552-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de leur situation de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2022, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- la requête enregistrée le 9 novembre 2022 sous le no 2223222 par laquelle M. D F et Mme A E demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de justice administrative,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 18 novembre 2022, en présence de Mme Nguyen, greffière d'audience :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Jaslet, représentant les requérants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D F et Mme A E, ressortissants algériens nés les 9 octobre 1993 et 7 avril 1990, se sont vus notifier une décision du 12 septembre 2022 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a prononcé leur sortie du centre d'hébergement Huda SOS Pyrénées. Par la présente requête, M. F et Mme E demandent au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire des requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
5. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin :1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : a) une décision d'irrecevabilité prise en application des 1° ou 2° de l'article L. 531-32. ". Et aux termes des dispositions de l'article L. 531-32 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut prendre une décision d'irrecevabilité écrite et motivée, sans vérifier si les conditions d'octroi de l'asile sont réunies dans les cas suivants :1° Lorsque le demandeur bénéficie d'une protection effective au titre de l'asile dans un Etat membre de l'Union européenne ; ".
6. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article L. 552-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions de sortie d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile sont prises par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, après consultation du directeur du lieu d'hébergement, sur la base du schéma national d'accueil des demandeurs d'asile et, le cas échéant, du schéma régional prévus à l'article L. 551-2 et en tenant compte de la situation du demandeur. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que par une décision du 30 juin 2022, notifiée le 26 juillet suivant, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté comme irrecevable la demande d'asile présentée par M. D F et Mme A E au motif qu'ils avaient obtenu la protection subsidiaire en Grèce. Il ressort de cette décision de l'OFPRA, qu'invité à expliquer dans quelle mesure la protection par la Grèce ne serait plus effective, M. F a indiqué qu'il éprouvait des difficultés à trouver un travail et un logement et à bénéficier d'un suivi médical en Grèce. Les requérants ne contestent cependant pas que l'accès aux soins est garanti aux personnes protégées en Grèce.
8. Les requérants produisent à l'appui de leur requête un avis du médecin de l'OFII, en date du 6 juillet 2022 indiquant que M. F souffre d'une pathologie chronique nécessitant un hébergement stable et des bilans médicaux semestriels et annuels ciblés ainsi qu'un certificat médical, en date du 9 novembre 2022 émanant du Docteur C de la direction de la Santé Publique de la Ville de Paris, certifiant que l'enfant du couple, Moussa F, né le 11 février 2020 : " a besoin de soins (orthophonie et CMP) dans le cadre d'un trouble du développement manifeste avec un trouble des interactions et du langage dans un contexte d'importante vulnérabilité familiale. ". Ils se prévalent également d'un recours effectué auprès de la Cour nationale du droit d'asile, en date du 20 septembre 2022, mais n'apporte toutefois à l'appui de leur requête aucun élément nouveau permettant d'établir l'ineffectivité de la protection subsidiaire en Grèce par rapport à la décision de l'OFPRA rejetant leur demande d'asile comme irrecevable.
9. Dès lors, M. F et Mme E, qui peuvent bénéficier des droits accordés aux réfugiés politiques en Grèce, ne sont pas fondés à soutenir que la décision dont ils demandent la suspension, prise en conformité avec les dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, serait entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 551-14 du même code qui édictent que les décisions de sortie d'un lieu d'hébergement sont prises en tenant compte de la situation du demandeur. Ils ne sont pas non plus fondés à soutenir que la décision contestée aurait été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, du fait de la non prise en compte de leur situation de vulnérabilité dès lors qu'en vertu des dispositions de l'article L. 522-1 de ce code, l'OFII n'est tenu de réaliser un entretien de vulnérabilité qu'à l'enregistrement d'une première demande d'asile.
10. Il résulte de ce qui précède que les requérants n'établissant pas que la décision contestée serait entachée d'un doute sérieux quant à sa légalité, leurs conclusions aux fins de suspension sont rejetées sans qu'il soit besoin d'examiner la condition de l'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Les conclusions qu'ils présentent à fin d'injonction sont rejetées par voie de conséquence ainsi que, M. F et Mme E étant les parties perdantes à l'instance, leurs conclusions relatives au remboursement des frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. F et Mme E sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. F et Mme E est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D F et Mme A E, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Jaslet.
Fait à Paris, le 21 novembre 2022.
Le juge des référés,
P. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
No 2223221/6-5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026