mercredi 4 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2223729 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Section 8 - Chambre 2 |
| Avocat requérant | DESPRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 14 novembre 2022, enregistrée le 17 novembre 2022 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal
administratif de Paris la requête présentée par M F B.
Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2022 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés les 12 et 14 décembre 2022 au greffe du tribunal administratif de Paris, M. B, représenté par Me Desprat, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à
Me Desprat, son conseil, au titre de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle, ou, si sa demande d'aide juridictionnelle devait être rejetée, de lui verser cette somme, sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable.
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
- elles ont été prises par une autorité incompétente ;
-elles lui ont été notifiées sans l'assistance d'un interprète, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent son droit de présenter des observations et d'être entendu ;
- elles sont insuffisamment motivées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire national :
-elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et administrative, notamment de son identité et ses démarches de régularisation au titre du travail, dès lors qu'elles ne mentionnent pas qu'il est parfaitement intégré en France, tant d'un point de vue personnel que professionnel ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, notamment quant à sa présence continue sur le territoire national et au regard de son droit de mener une vie privée et familiale normale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne menace pas l'ordre public et présente des garanties de représentation suffisante, notamment une adresse à Paris.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, notamment de disproportion, dès lors qu'il vit en France depuis quatre ans et fait état d'une intégration irréprochable sur le territoire français, tant d'un point de vue personnel que professionnel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. H,
- les observations de Me Desprat, avocate de M. B, assistée de M. E, interprète en soninké, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant mauritanien, né le 31 décembre 1982 à Gakbou, alias G B, né le 12 juillet 1982 à Ghabou, déclare être entré irrégulièrement en France en 2018. Le 10 novembre 2022, il a été interpellé à Levallois-Perret (92) pour un accident corporel sur la voie publique par les services de police. Par un arrêté du même jour, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :
" Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être
prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide
juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Eu égard aux
circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées,
l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la légalité de l'arrêté pris dans son ensemble :
3. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-093 du 13 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture des Hauts-de-Seine le même jour, le préfet des Hauts-de-Seine a donné délégation à M. I D, adjoint au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'il a signé l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire manque en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque les dispositions du présent code prévoient qu'une information ou qu'une décision doit être communiquée à un étranger dans une langue qu'il comprend, cette information peut se faire soit au moyen de formulaires écrits dans cette langue, soit par l'intermédiaire d'un interprète. L'assistance de l'interprète est obligatoire si l'étranger ne parle pas le français et qu'il ne sait pas lire (). "
5. M. B soutient que l'arrêté attaqué lui a été notifié sans l'assistance d'un interprète, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Toutefois, d'une part, si l'arrêté attaqué a été porté à la connaissance de l'intéressé sans le truchement d'un interprète, il ressort des pièces du dossier, notamment des procès-verbaux établis le 10 novembre 2022 par la police judiciaire antérieurement à l'arrêté attaqué, que M. B a été informé de son droit d'être assisté par un interprète et qu'il a déclaré comprendre le français. L'intéressé n'est donc pas fondé à soutenir que cet arrêté lui a été irrégulièrement notifié, faute pour lui d'en comprendre le sens. D'autre part, et en tout état de cause, si l'irrégularité de la notification de l'arrêté attaqué est de nature à faire obstacle au déclenchement du délai de recours contentieux, elle est en revanche sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".
7. Si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
8. Il ressort des pièces du dossier, notamment des éléments produit en défense, que le requérant a été entendu dans le cadre de son interpellation par les services de police le 10 novembre 2022, préalablement à l'arrêté attaqué, et qu'il a pu notamment s'exprimer sur sa situation en France. S'il se borne à soutenir que son droit de présenter des observations a été méconnu alors qu'il justifie avoir obtenu un rendez-vous auprès de la préfecture de police afin de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre du travail le 25 septembre 2023, il ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il a été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la décision attaquée et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à celle-ci. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il aurait été privé de son droit à être entendu et de la méconnaissance de l'article 41, paragraphe 2, de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.
9. Enfin, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
10. En l'espèce, l'arrêté attaqué vise, entre autres, les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il précise que M. B ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire national, n'apporte pas la preuve de démarches en vue d'une régularisation de sa situation administrative et n'est pas titulaire d'un titre de séjour régulièrement délivré. Il rappelle, en outre, que l'intéressé, qui se déclare marié avec trois enfants, sans charge de famille sur le territoire national, ne démontre pas y avoir établi des liens personnels et familiaux à caractère ancien, intense et stable, que l'arrêté ne porte pas ainsi atteinte aux droits qui lui sont garantis par les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et que rien ne s'oppose par suite à ce qu'il soit éloigné. Enfin, il mentionne le refus du requérant de se conformer à la mesure d'éloignement et, eu égard à l'absence d'attaches fortes sur le territoire et de circonstances humanitaires particulières, qu'il est justifié que soit prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'un an. L'arrêté mentionne, par suite, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est suffisamment motivé.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire national :
11. En premier lieu, contrairement à ce que soutient M. B, d'une part, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine se serait abstenu de procéder à un examen particulier de sa situation avant de prendre la décision litigieuse. La circonstance qu'il ne mentionne pas certains faits n'étant pas de nature à l'établir. D'autre part, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir d'un défaut d'examen de son identité dès lors que le préfet a adopté sa décision sur la base des informations résultant des procès-verbaux d'audition du 10 novembre 2022 aux cours desquels M. B n'a pas présenté de documents d'identité ou de voyage et s'est sciemment présenté sous une fausse identité. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen ne peut qu'être écarté.
12. En second lieu, aux termes des stipulations l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
13. Il ressort des pièces du dossier, plus précisément des procès-verbaux produits en défense, que M. B, qui se maintient irrégulièrement en France depuis 2018, à supposer cette date établie, n'y justifie d'aucune insertion particulière, tant familiale que sociale, et s'il se prévaut d'une intégration dans la société française par l'emploi en tant qu'agent de service, il ne l'établit pas. De plus, d'une part, il est constant que son épouse et ses trois enfants âgés de 5 ans, 7 ans et 12 ans résident en Mauritanie et, d'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait développé sur le territoire français des liens personnels d'une intensité telle que le centre de ses intérêts privés et familiaux devrait être regardé comme se trouvant désormais en France et s'imposerait aux autorités administratives. Par ailleurs, il est également constant que M. B s'est rendu coupable le 10 novembre 2022 d'une infraction de blessures involontaires avec manquement délibéré à une obligation de sécurité et de prudence commis sur la voie publique dans la commune de Levallois-Perret au volant d'un véhicule à moteur. Cette infraction ainsi que le fait que l'intéressé exerce illégalement une activité salariée sous l'identité de M. C A, et qu'il a organisé sa clandestinité en mentionnant une fausse identité, ne peuvent pas être regardés comme constitutifs d'une intégration sur le territoire national. Dans ces conditions, et nonobstant la circonstance que l'intéressé dispose d'une convocation auprès de la mairie du 13 arrondissement à Paris pour le 25 septembre 2023 dès lors que le dépôt d'une telle demande ne faisait pas obstacle en tout état de cause à ce que l'autorité administrative décide de prendre une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger qui se trouve, à l'instar de M. B, dans l'un des cas mentionnés au 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'arrêté attaqué ne peut être regardé comme portant une atteinte excessive aux intérêts privés et familiaux du requérant. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision d'éloignement sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.
Sur la légalité de la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
14. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () ".
15. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté que le préfet ne s'est pas fondé sur les dispositions combinées du 1° de l'article L. 612-2 et du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour prendre la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.
Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :
16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
17. En l'espèce, M. B a fait l'objet d'une interdiction de retour qui, en application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a assorti l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français dès lors qu'aucun délai de départ volontaire ne lui a été accordé. Le requérant, d'une part, ne justifie d'aucunes circonstances humanitaires au sens de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile justifiant qu'il soit dérogé à l'édiction d'une décision d'interdiction de retour et, d'autre part, compte tenu de l'ensemble de sa situation personnelle telle que rappelée au point 13, n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine a commis une erreur d'appréciation en fixant à un an la durée de cette interdiction, sans qu'il puisse utilement se prévaloir en tant que telle d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 10 novembre 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, d'astreinte et les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1 : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
J-C. H
Le greffier
R. DRAI La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2223729/8
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026