jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2223898 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ATGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 novembre 2022, Mme A C, représentée par Me Atger, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre la décision du 3 novembre 2022, par laquelle le préfet de police à refuser d'instruire sa demande d'asile en procédure normale ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en cas d'octroi de l'aide juridictionnelle, ou de lui verser à lui-même la même somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans le cas contraire.
Mme C soutient que :
- l'existence de la décision attaquée est attestée par l'intervenante sociale l'ayant accompagnée en préfecture le 29 septembre 2022 ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le refus d'enregistrement de sa demande d'asile constitue par lui-même une urgence et l'expose en outre à l'exécution de la décision de transfert ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée car :
• elle méconnait l'article 29 du règlement Dublin UE 604/2013, dès lors que la caducité de son arrêté de transfert a rendu la France responsable de l'examen de sa demande d'asile ; elle ne peut être regardée comme étant en fuite, dès lors qu'elle s'est rendue à toutes ses convocations ;
• la décision méconnait l'article 9-2 du règlement complémentaire d'application 1560/2003 dès lors qu'il n'est pas établi que la décision de prolongation de son délai de transfert ait été précédée d'une information par les autorités françaises aux autorités espagnoles avant l'expiration de son délai initial de transfert.
Le préfet a produit des pièces complémentaires, enregistrées le 18 novembre 2022.
Mme C a produit des pièces complémentaires enregistrées le 30 novembre 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n°2223895 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le règlement UE n°1560/2003 du 2 septembre 2003, modifié par le règlement UE n°118/2014 du 30 juin 2014 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 novembre 2022 à 10 heures tenue en présence de Mme Maurice, greffière d'audience :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Atger, qui développe les conclusions et moyens de ses écritures. Il fait en outre valoir que les pièces qu'il produit atteste que Mme C a souhaité se rendre à la convocation à l'aéroport le 26 octobre 2022 en vue de l'exécution de son transfert aux autorités espagnoles, mais qu'elle a subi un accident sur le trajet et a dû être hospitalisée. Elle ne peut donc être regardée comme ayant voulu se soustraire à ce transfert.
- et les observations de Me Floret, représentant le préfet de police, qui développe les éléments du mémoire en défense. Elle fait valoir que la requérante n'apporte aucun élément précis sur les circonstances de l'accident de trajet dont elle se prévaut pour justifier son absence de présentation à l'aéroport.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande et procède, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013 () ". Aux termes de l'article L. 572-1 du même code : " () l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre État peut faire l'objet d'un transfert vers l'État responsable de cet examen ". Par ailleurs, l'article 29 du règlement (UE) susvisé du 26 juin 2013 prévoit que : " 1. Le transfert du demandeur () s'effectue () au plus tard, dans un délai de six mois à compter de l'acceptation par un autre État membre de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée () 2. () Ce délai peut être porté () à dix-huit mois au maximum si la personne concernée prend la fuite. () ". Enfin, aux termes du paragraphe 2 de l'article 9 du règlement (CE) susvisé du 2 septembre 2003 : " Il incombe à l'État membre qui () ne peut procéder au transfert dans le délai normal de six mois à compter de la date de l'acceptation de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée, ou de la décision finale sur le recours ou le réexamen en cas d'effet suspensif, d'informer l'État responsable avant l'expiration de ce délai. À défaut, la responsabilité du traitement de la demande de protection internationale et les autres obligations découlant du règlement (UE) n°604/2013 incombent à cet État membre ".
4. Un demandeur d'asile peut, lorsque son transfert n'a pas été exécuté dans le délai de six mois défini aux paragraphes 1 et 2 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013, se présenter devant l'autorité administrative compétente, conformément à l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et se prévaloir de l'expiration du délai de six mois afin de demander l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale et, en cas de refus, de déférer immédiatement ce dernier devant le tribunal administratif pour en demander l'annulation pour excès de pouvoir ou la suspension de son exécution.
5. En l'espèce, Mme C, ressortissante malienne née le 1er janvier 2001, a fait l'objet le 27 juin 2022 d'un arrêté de transfert aux autorités espagnoles, responsables de sa demande d'asile, qui avaient accepté la prise en charge de l'intéressé le 26 avril 2022. Il n'est pas contesté en défense que Mme C s'est présenté le 3 novembre 2022 auprès du service asile de la préfecture de police, ainsi qu'en atteste le témoignage d'une intervenante sociale, afin de solliciter l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale, ce qui lui a été refusé. Le requérant demande la suspension de l'exécution de cette décision de refus.
Sur l'existence d'un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
6. La notion de fuite au sens de de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 cité au point 3, telle que donnée par la Cour de justice de l'Union européenne dans sa décision du 19 mars 2019 (C 163/17), doit s'entendre comme visant le cas où un ressortissant étranger non admis au séjour se soustrait délibérément aux autorités nationales compétentes pour procéder à son transfert, en vue de faire échec à ce dernier.
7. En l'état de l'instruction, aucun moyen n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Notamment, la requérante n'établit pas, par les éléments qu'elle produit à l'instance et qui n'apportent pas de précision sur la nature de l'accident qu'elle aurait subi le 26 octobre 2022, qu'elle aurait été empêché par un motif indépendant de sa volonté de se rendre à la convocation à l'aéroport le 26 octobre 2022 en vue de l'exécution de son transfert aux autorités espagnoles.
8. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, les conclusions de Mme C tendant à la suspension de l'exécution de la décision attaquée doit être rejetée, de même que celles présentées à fin d'injonction et au titre des frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet de police et au bureau d'aide juridictionnelle - section du tribunal administratif de Paris.
Fait à Paris, le 8 décembre 2022.
Le juge des référés,
B. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2223898/
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026