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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2224032

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2224032

mardi 23 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2224032
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4e Section - 1re Chambre
Avocat requérantWALTER & GARANCE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 novembre 2022, 20 février et 7 mars 2023, M. A E, représenté par Me Dalibard, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 avril 2022 par lequel la Ville de Paris n'a pas fait opposition à l'exécution de travaux portant sur " le ravalement de la façade et la création de trois lucarnes, sans extension au rez-de-jardin " au 109 rue du Ranelagh à Paris (16ème arrondissement), à la demande de M. D C ;

2°) d'annuler l'arrêté du 8 juin 2022 par lequel la Ville de Paris n'a pas fait opposition à l'exécution de travaux portant sur " le ravalement de la façade, la création d'une extension de 15,6 m2 et la création de trois lucarnes " à cette même adresse et au profit du même pétitionnaire, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux ;

3°) d'enjoindre à la Ville de Paris de lui communiquer le recours gracieux formé par le pétitionnaire le 2 mai 2022, accompagné de l'ensemble des pièces fournies ;

4°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les arrêtés attaqués sont entachés de l'incomplétude de leurs visas ; l'arrêté du 14 avril 2022 ne vise pas l'avis de l'architecte des Bâtiments de France (ABF) du 7 avril 2022 ; l'arrêté du 8 juin 2022 vise de manière erronée un précédent arrêté de non-opposition du 4 avril 2022 alors que celui-ci date du 14 avril 2022 ;

- l'accord de l'ABF prévu par les dispositions de l'article R. 423-54 du code de l'urbanisme n'a pas été recueilli ; la proximité de la villa classée La Roche à moins de 500 mètres du terrain d'assiette du projet n'est pas mentionnée par l'ABF ;

- le dossier de déclaration préalable est entaché d'incomplétude ; le plan de masse n'est pas coté dans les trois dimensions, en méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ; aucun document graphique ni photographique ne permet d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement ; le dossier ne permet pas d'apprécier l'emprise au sol préexistante des constructions ; il ne précise pas que le projet se situe dans les abords d'un monument historique ;

- les arrêtés attaqués méconnaissent les dispositions du 3° de l'article UG 11.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ; le projet autorise une véranda de style moderne sur une maison de type traditionnel ; la couleur noire retenue accentuera l'aspect contemporain de l'extension ; le projet est en totale contradiction avec le style des constructions avoisinantes ;

- ils méconnaissent l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme pour les mêmes motifs ;

- ils méconnaissent l'article UG 13 du règlement du PLU ; le projet aura pour effet d'aggraver la violation de l'article UG 13.1.2 du règlement, en réduisant l'espace libre, d'autant que les travaux préparatoires à l'exécution des travaux témoignent de ce que la terrasse projetée ira d'une limite séparative à l'autre ;

- l'exécution des travaux auxquels il n'a pas été fait opposition aura pour effet de supprimer des arbres sans les remplacer, en méconnaissance de l'article UG 13.2 du règlement ;

- aux termes du 3° de son article UG 13.3, aucune construction ne peut être admise dans l'emprise de l'espace libre à végétaliser (ELV) ; le projet aura pour effet d'imperméabiliser le sol et de dégrader le développement des arbres existants ; la prescription de la Ville de Paris relative à la perméabilité de la terrasse est insuffisante ;

- les dispositions relatives à l'emprise constructible maximale dans le secteur " Maisons et Villas " définie par le règlement du PLU sont méconnues ;

- la terrasse projetée au droit de l'extension n'était pas soustraite au régime de la déclaration préalable aux termes du j) de l'article R. 421-21 du code de l'urbanisme ; l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 421-6 et l'article R. 421-17 du même code ;

- l'arrêté du 8 juin 2022 est illégal en tant qu'il porte abrogation de l'arrêté du 14 avril 2022.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 février 2023, la Ville de Paris conclut au rejet pour irrecevabilité des conclusions dirigées contre l'arrêté du 14 avril 2022 et du rejet au fond du surplus des conclusions de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Par des mémoires enregistrés les 19 janvier, 17 février, 27 février et 15 mars 2023, M. D C et Mme B F, représentés par Me Baguet, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent qu'aucun des moyens invoqués par M. E n'est fondé.

Par une ordonnance du 7 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 22 mars 2023.

Les parties ont été informées le 21 avril 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre les arrêtés des 14 avril et 8 juin 2022, devenus sans objet.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le règlement du plan local d'urbanisme de la Ville de Paris ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Perrot,

- les conclusions de Mme Baratin, rapporteure publique,

- et les observations de Me Dalibard, représentant M. E, et de Mme F.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 14 avril 2022, la Ville de Paris n'a pas fait opposition à l'exécution de travaux portant sur " le ravalement de la façade et la création de trois lucarnes, sans extension au rez-de-jardin " au 109 rue du Ranelagh à Paris (16ème arrondissement), à la demande de M. C. Après un recours gracieux de M. C, formé le 2 mai 2022, la Ville de Paris a pris un nouvel arrêté de non-opposition, le 8 juin 2022, autorisant cette fois la totalité des travaux projetés par M. C et portant sur " le ravalement de la façade, la création d'une extension de 15,6 m2 et la création de trois lucarnes ". M. E, propriétaire d'un bien situé 111 rue du Ranelagh à Paris, a formé un recours contre cet arrêté auprès de la Ville de Paris, le 27 juillet 2022, sur lequel du silence conservé par l'administration est née une décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. E demande l'annulation de ces trois décisions. Un nouvel arrêté de non-opposition a été pris par la Ville de Paris le 11 janvier 2023, portant sur " l'extension d'une habitation au rez-de-jardin, la création de trois lucarnes au R+2 et le ravalement de la façade (Surface de planche créée : 10.62 m²) " et produit dans le cadre de la présente instance.

Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 14 avril 2022 et 8 juin 2022 :

2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. En revanche, les conclusions et moyens du requérant doivent être regardés comme dirigées contre la nouvelle décision.

3. L'arrêté du 14 avril 2022 de la Ville de Paris a été implicitement mais nécessairement retiré par l'édiction d'un nouvel arrêté de non-opposition le 8 juin 2022, puis ce dernier par l'arrêté de non-opposition du 11 janvier 2023, à la demande du bénéficiaire de l'autorisation. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre les décisions des 14 avril et 8 juin 2022. Toutefois, les conclusions et moyens du requérant doivent être regardés comme dirigés contre l'arrêté du 11 janvier 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 11 janvier 2023 :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'illégalité du retrait des arrêtés antérieurs :

4. Aux termes de l'article L. 242-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Sur demande du bénéficiaire de la décision, l'administration peut, selon le cas et sans condition de délai, abroger ou retirer une décision créatrice de droits, même légale, si son retrait ou son abrogation n'est pas susceptible de porter atteinte aux droits des tiers et s'il s'agit de la remplacer par une décision plus favorable au bénéficiaire ". Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire ".

5. Il résulte des dispositions citées ci-dessus que la Ville de Paris pouvait, à la demande de M. C, retirer les arrêtés de non-opposition des 14 avril et 8 juin 2022. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de ce retrait doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance des visas :

6. Aux termes de l'article A. 424-1 du code de l'urbanisme : " La décision expresse prise sur une demande de permis de construire, d'aménager ou de démolir ou sur une déclaration préalable prend la forme d'un arrêté. () ". Selon les dispositions de l'article A. 424-2 du même code : " L'arrêté prévu au premier alinéa de l'article A. 424-1 : a) Indique la collectivité au nom de laquelle la décision est prise ; b) Vise la demande de permis ou la déclaration et en rappelle les principales caractéristiques : nom et adresse du demandeur, objet de la demande, numéro d'enregistrement, lieu des travaux ; c) Vise les textes législatifs et réglementaires dont il est fait application ; d) Vise les avis recueillis en cours d'instruction et leur sens ".

7. Les dispositions citées ci-dessus ne sont pas prescrites à peine de nullité de l'autorisation d'urbanisme délivrée. M. E ne peut donc pas utilement se prévaloir de l'insuffisance des visas pour demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis de l'architecte des bâtiments de France (ABF) :

8. Aux termes de l'article R. 425-30 du même code : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée par l'article L. 341-1 du code de l'environnement. Les travaux ne peuvent être entrepris avant l'expiration d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de la demande ou de la déclaration. / La décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable intervient après consultation de l'architecte des Bâtiments de France ". Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " I. - Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords. La protection au titre des abords a le caractère de servitude d'utilité publique affectant l'utilisation des sols dans un but de protection, de conservation et de mise en valeur du patrimoine culturel. II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci ".

9. En l'espèce, l'architecte des Bâtiments de France (ABF) a rendu un avis favorable le 5 janvier 2023, sur la base du dossier de déclaration préalable déposé auprès des services instructeurs le 12 décembre 2022, lequel faisait apparaître sur un plan l'ensemble des monuments historiques situés dans un rayon de 500 mètres autour du terrain d'assiette du projet. En outre, si M. E fait valoir que l'ABF n'a pas visé la villa La Roche, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ce monument, dont il est constant qu'il se situe à 494 mètres du projet, serait en situation de co-visibilité avec le projet, au demeurant de taille modeste, situé côté cour, et qui n'apparaît pas de nature à altérer les vues sur quelque monument historique situé à proximité. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire :

10. La circonstance que le dossier de déclaration préalable de travaux ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité l'autorisation qui a été accordée que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

11. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu ".

12. Il ressort des pièces du dossier que le plan de masse joint au dossier de déclaration préalable du 12 décembre 2022 est coté dans les trois dimensions. Au demeurant, les plans joints à l'appui du dossier de déclaration préalable initial faisaient apparaître toutes les dimensions de la construction projetée. Par suite, la branche du moyen relative à l'incomplétude du plan de masse doit être écartée.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain () ".

14. D'une part, aucune disposition n'imposait la production d'un document photographique représentant la façade côté cour, qui n'est pas visible depuis l'espace public et dont il n'est dès lors pas nécessaire de justifier de l'insertion par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages. D'autre part, en tout état de cause, le dossier de déclaration préalable du 12 décembre 2022 comporte de tels documents d'insertion. Par suite, la branche du moyen relative à l'insuffisance des documents graphiques d'insertion doit être écartée.

15. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, l'emprise au sol du projet est parfaitement appréciable à la lecture des plans du dossier de déclaration préalable. Cette branche du moyen doit donc être écartée.

16. En dernier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 9, la localisation du projet dans les abords d'un monument historique est précisée dans un plan joint au dossier de déclaration préalable du 12 décembre 2022. Cette branche du moyen ne peut donc qu'être écartée, ainsi que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de déclaration préalable dans son ensemble.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des articles R. 111-27 du code de l'urbanisme et UG 11.1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) :

17. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'article UG. 11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'aspect extérieur des constructions et aménagement de leurs abords, protection des immeubles et éléments de paysage : " UG.11.1. Dispositions générales : () L'autorisation de travaux peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de prescriptions si la construction, l'installation ou l'ouvrage, par sa situation, son volume, son aspect, son rythme ou sa coloration, est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () UG 11.1.1 Constructions existantes () 3°- Couronnement : Les travaux doivent chercher à restituer l'aspect d'origine ou améliorer la volumétrie de la partie supérieure des constructions. L'adjonction de volumes bâtis (lucarnes, prolongements de façades, vérandas) ne peut être autorisée que dans la mesure où ils s'intègrent de façon harmonieuse dans la composition d'ensemble ".

18. Les dispositions de l'article UG. 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Paris ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, qui sont d'ailleurs reprises au point UG. 11.1, et posent des exigences qui ne sont pas moindres que celles, également invoquées par les requérants, résultant de l'article R. 111-27. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.

19. M. E fait valoir que le projet aura pour effet de rompre, par son style contemporain, avec le style plus traditionnel des constructions avoisinantes. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les façades côté cour des constructions avoisinantes ainsi que la façade de la propriété du requérant ne présentent pas le même intérêt architectural que celles situées côté rue. En outre, l'ensemble formé par la façade projetée, de teinte blanc crème, et l'extension, sobre et épurée, est discret et ne sera donc pas de nature à porter atteinte à l'environnement bâti. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 11.1.1 du règlement du PLU doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UG 13 du règlement du PLU :

20. L'article UG 13.1.2 du règlement du PLU dispose : " 1°- Dispositions générales : Sur tout terrain dont la profondeur est supérieure à celle de la bande Z*, les espaces libres, situés ou non dans la bande Z, doivent présenter une surface au sol au moins égale à 50% de la superficie S correspondant à la partie du terrain située hors de la bande Z. () 6°- Dispositions particulières applicables dans certains secteurs : Secteurs de Maisons et villas* (SL) sauf SL.16-31 et SL.17-04 ; terrains des Magasins généraux (19e arrondissement) : Les prescriptions localisées inscrites aux documents graphiques du règlement (et notamment les Emprises constructibles maximales*) se substituent aux dispositions du présent article UG.13.1.2 énoncées ci-avant ".

21. Il résulte de ces dispositions que M. E ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article UG 13.1.2 du règlement du PLU, le projet attaqué étant situé dans le secteur de Maisons et villas. Cette branche du moyen doit donc être écartée comme inopérante.

22. Aux termes de l'article UG 13.2.1 du règlement du PLU : " Dans les Secteurs de Maisons et villas*, les arbres existant sur le terrain doivent être maintenus ou remplacés, sauf si leur quantité ou leur disposition sur le terrain rend impossible leur développement convenable sur la surface réglementaire des espaces libres qui résultent de l'application du présent article UG.13 ".

23. Il ressort des pièces du dossier que le plan de masse à l'état projeté prévoit autant d'arbres que l'existant. Dès lors que la légalité d'une autorisation d'urbanisme s'apprécie exclusivement au regard des pièces composant le dossier, dont les mentions s'imposent au pétitionnaire, M. E ne peut utilement soutenir que M. C n'aurait pas l'intention de s'y conformer. Cette branche du moyen doit donc être écartée.

24. D'une part, aux termes de l'article UG 13.3 du règlement du PLU : " 3°- Espace libre à végétaliser* (E.L.V.) : Les documents graphiques du règlement délimitent, en bordure de voie ou à l'intérieur des terrains, des Espaces libres à végétaliser (E.L.V.), en application des articles L.151-19 et L.151-23 alinéa 1 du Code de l'urbanisme, pour améliorer la qualité du paysage urbain. La modification de l'état d'un terrain grevé d'une prescription d'E.L.V. est soumise aux conditions suivantes : 1 - Aucune construction ou installation n'est admise dans l'emprise de l'E.L.V., ni en élévation ni en sous-sol. Toutefois, la réalisation d'émergences d'ouvrages en sous-sol, d'escaliers ou d'autres ouvrages d'accès aux bâtiments peut y être admise pour des motifs d'accessibilité, d'hygiène ou de sécurité. Le surplomb de l'E.L.V. par des ouvrages en saillie (balcons, marquises, etc.) est admis () 3 - La perméabilité du sol aux précipitations doit être privilégiée dans l'E.L.V. Les éléments minéraux (allées piétonnières, trémies d'accès aux sous-sols, voies d'accès aux services de secours notamment) doivent représenter une proportion mesurée de l'espace et participer par leur traitement à son aménagement paysager et écologique. La création de cours anglaises n'est pas admise ".

25. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-2 du code de l'urbanisme : " Sont dispensées de toute formalité au titre du présent code, en raison de leur nature ou de leur très faible importance, sauf lorsqu'ils sont implantés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, dans les abords des monuments historiques ou dans un site classé ou en instance de classement : () j) Les terrasses de plain-pied ; ". Aux termes de l'article R. 421-27 du même code : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R*421-14 à *R. 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : () d) Les travaux exécutés sur des constructions existantes ayant pour effet de modifier ou de supprimer un élément que le plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu a identifié, en application de l'article L. 151-19 ou de l'article L. 151-23, comme présentant un intérêt d'ordre culturel, historique, architectural ou écologique ; ".

26. M. E fait valoir que le projet méconnaît l'article UG 13.3 du règlement du PLU, dès lors qu'il aura pour effet de diminuer l'emprise de l'espace libre à végétaliser. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, éclairées par les documents graphiques du PLU, que la véranda projetée sera située dans l'emprise constructible maximale, sans empiéter sur l'ELV, et que seule la terrasse du rez-de-jardin sera située sur l'emprise de l'ELV. En outre, cette terrasse, dont les lames de bois seront posées sur plots, doit être regardée, compte tenu de sa situation à la base de la maison d'habitation à laquelle elle se rattache et de son caractère précaire, comme une terrasse de plain-pied non constitutive d'emprise au sol et dispensée de formalité d'urbanisme au sens du j) de l'article R. 421-2 du code de l'urbanisme, et non comme une installation en élévation au sens du 3° de l'article UG 13.3 du règlement du PLU. Par ailleurs, si M. E fait également valoir que la prescription de la Ville de Paris relative à la perméabilité de la terrasse est insuffisante, il ne l'établit pas. Dans ses conditions, la branche du moyen relative à la méconnaissance de l'article UG 13.3 du règlement du PLU doit être écartée.

En ce qui concerne le moyen tiré de ce que la terrasse aurait dû faire l'objet d'une déclaration préalable :

27. M. E fait valoir que, en dépit des dispositions du j) de l'article R. 421-2 du code de l'urbanisme, la terrasse du rez-de-jardin aurait dû faire l'objet d'une déclaration préalable, au motif qu'elle n'est pas divisible de l'extension projetée. Toutefois, au regard de ces dispositions, la terrasse située de plain-pied, non constitutive d'emprise au sol, ne peut être regardée comme une construction et, par suite, l'ensemble formé par la véranda et la terrasse ne peuvent être qualifiés d'" ensemble immobilier unique ". Le moyen ainsi invoqué doit donc être écarté.

28. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que l'arrêté contesté ne porte pas sur l'autorisation de la terrasse de plain-pied, dès lors qu'elle ne requiert aucune autorisation. Ainsi, M. E ne peut utilement soutenir que le pétitionnaire projetterait, pour permettre l'installation de cette terrasse, d'abattre un magnolia et un palmier, en violation de l'article UG 13.3 du règlement du PLU et, alors, en tout état de cause, que de tels projets, à les supposer établis, ne figurent pas dans le dossier de déclaration préalable enregistré le 12 décembre 2022 et ne concerneraient que les conditions d'exécution des travaux par le pétitionnaire, sans aucune incidence sur la légalité de l'acte attaqué. Il appartient au requérant, s'il s'y croit fondé, de saisir le juge compétent en cas de constat d'une infraction au règlement du PLU de cette nature.

En ce qui concerne le moyen tiré du non-respect par le pétitionnaire des plans fournis à l'appui de sa déclaration préalable :

29. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 26, 27 et 28, M. E ne peut utilement faire valoir que la terrasse que projette de construire M. C ne respectera pas les dimensions renseignées dans le dossier de déclaration préalable, lesquelles s'imposent au pétitionnaire.

30. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 11 janvier 2023 présentées par M. E doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

31. Il ressort des pièces du dossier que le recours gracieux formé par M. C le 2 mai 2022 et réceptionné le lendemain par la Ville de Paris, a été produit à l'appui du mémoire en défense de celle-ci le 20 février 2023. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction présentées par M. E.

Sur les frais du litige :

32. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la Ville de Paris, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de M. E une somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme C sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction de la requête de M. E.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.

Article 3 : M. E versera la somme de 1 500 euros à M. D C et B F au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, M. D C, Mme B F et à la Ville de Paris.

Délibéré après l'audience du 27 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Simonnot, président,

M. Perrot, conseiller,

M. Palla, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.

Le rapporteur,

V. PERROT

Le président,

J-F. SIMONNOTLa greffière,

L. THOMAS

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2224032

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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