vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2224876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET MINIER, MAUGENDRE ET ASSOCIES (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1ee décembre 2022, Mme A B, représentée par Me Boukheloua, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 31 août 2022 par laquelle la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de l'hôpital universitaire Pitié-Salpêtrière, relevant de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, l'a définitivement exclue de ce centre de formation ;
2°) d'enjoindre à l'IFSI de l'hôpital universitaire Pitié-Salpêtrière d'exécuter l'ordonnance de référé suspension dans le délai de cinq jours à compter de sa notification, sous peine d'une astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'IFSI de l'hôpital universitaire Pitié-Salpêtrière la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors que la décision attaquée fait obstacle à la poursuite de sa scolarité et à son inscription dans d'autres établissements ; en outre, elle l'empêche de pouvoir continuer à bénéficier du financement de sa formation dans le cadre d'une subvention de la Région versée avec l'AP-HP ;
- il existe plusieurs moyens de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée tirés de ce que :
- cette décision est entachée de défaut de motivation et de violation des droits de la défense faute de communication du procès-verbal d'avis de la section pédagogique ;
-elle est illégale en ce qu'elle est rétroactive ;
- elle est entachée d'erreur sur la matérialité des faits, en l'absence de faits graves entraînant une dangerosité dans la réalisation des soins : il n'existe aucune précision sur ce point dans le rapport de saisine et dans la décision attaquée, un certificat médical atteste de ses problèmes de santé et les sanctions prononcées étaient sans rapport avec la dangerosité évoquée.
- elle est entachée de détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés le 8 décembre 2022 et le 9 décembre 2022, l'Assistance publique- Hôpitaux de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite par la requérante qui n'a pas saisi le juge des référés dans un délai rapide et ne justifie pas que la décision contestée préjudicie de façon suffisamment grave et immédiate à ses intérêts ;
- les moyens soulevés par Mme B, tirés du défaut de motivation, de la violation des droits de la défense, de la rétroactivité de la décision contestée, de l'inexactitude matérielle des faits, de l'erreur manifeste d'appréciation et du détournement de pouvoir ne sont pas fondés et que celui titré de la disproportion de la mesure infligée est inopérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête n°2223049, enregistrée le 4 novembre 2022, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision litigieuse.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Perfettini, vice-présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 9 décembre 2022 en présence de Mme Gaonach-Nee, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Perfettini, juge des référés,
- les observations de Me Boukheloua, assistant Mme B, qui reprend et développe les moyens de la requête, ajoute que le retard pris à introduire cette dernière est dû aux graves problèmes de santé qui l'ont affecté, précise les problèmes de santé de la requérante, se traduisant, en particulier, par un gonflement des mains expliquant des actes reprochés à cette dernière, notamment des manquements aux règles d'asepsie lors de son stage en oncologie du semestre 5 et souligne le risque de perte du financement consenti dans le cadre de son projet de réinsertion ;
- les observations de Mme B, qui rappelle son parcours antérieur, couronné par l'obtention du diplôme d'aide-soignante, évoque, se référant à un planning du semestre 5, des questions d'encadrement et, pour elle, de solitude et rappelle qu'elle a fait diligence pour s'informer des possibilités de poursuivre sa formation dans d'autres établissements ;
- et les observations de Me Guardiola représentant l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) qui reprend et développe le mémoire en défense, relève que, si la requérante s'est présentée auprès notamment de l'hôpital Saint-Joseph, elle n'établit ni n'allègue avoir formé une demande d'inscription, ajoute que la requérante est responsable de l'urgence invoquée dès lors qu'elle a refusé la suspension pour raisons de santé et les mesures de soutien proposées, indique que la cessation du financement de la formation n'est pas établie et qu'en tout état de cause, le retard pris du fait de la nécessité d'effectuer treize stages au lieu des onze stages requis est imputable à la requérante, relève qu'étant en 3ème année, elle est appelée à une plus grande autonomie et doit s'attendre à un encadrement moins présent, et expose, enfin, que la mesure prononcée est justifiée.
Par ordonnance du 12 septembre 2022, l'instruction a été rouverte et sa clôture fixée au même jour, à 13 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, entrée en formation le 2 septembre 2019 à l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de l'hôpital universitaire Pitié-Salpêtrière et étudiante de 3ème année en 2021-2022, demande au juge des référés de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 31 août 2022 par laquelle la directrice de cet institut l'a définitivement exclue du centre de formation à compter de cette même date.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article R. 522-1 du même code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 521-1 et R. 522-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance. Ainsi, pour justifier de l'urgence à suspendre la décision litigieuse, les parents qui souhaitent instruire en famille leur enfant au regard de l'existence d'une situation propre à celui-ci doivent, d'une part, expliciter et démontrer le caractère propre de la situation de leur enfant et, d'autre part, établir en quoi l'absence d'instruction en famille préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à cette situation.
4. En l'espèce, si Mme B produit devant le tribunal des pièces attestant qu'elle s'est renseignée en novembre 2022 sur sa poursuite d'études, notamment auprès de l'Hôpital Saint-Joseph, elle n'établit pas qu'elle aurait été dans l'impossibilité de s'inscrire, à la rentrée 2022, dans cet établissement ou un autre ne dépendant pas de l'AP-HP, en vue de parfaire sa formation théorique, dont elle a acquis la majeure partie, et d'accomplir les stages dont elle n'a pas encore obtenu la validation, pas plus qu'elle ne démontre que lui aurait été opposé un refus à raison des motifs de la décision attaquée, alors, au demeurant, que cette dernière a été prise par la section pédagogique et non par la section disciplinaire de l'institut. Elle n'établit pas davantage qu'elle ne pourrait être ultérieurement admise dans l'un de ces établissements. Par ailleurs, il résulte de l'instruction et n'est pas sérieusement contesté que la requérante n'a pas donné suite à des propositions qui lui ont été faites de suspendre sa formation, compte tenu de son état de santé, et de bénéficier d'un soutien pendant ses périodes de présence, ce qui lui aurait permis de suivre sa scolarité dans de meilleures conditions et d'éviter le risque de perdre le bénéfice du financement accordé, dont il n'est d'ailleurs pas établi qu'elle ne pourrait obtenir l'équivalent, auprès de la Région Île-de-France et de Pôle Emploi. Dans ces conditions, la condition l'urgence posée par les dispositions précitées de l'article L 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Dès lors, les conclusions de la requête à fin de suspension ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, ainsi que, par voie de conséquence, les autres conclusions. Il s'ensuit que la requête doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête susvisée de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Fait à Paris, le 16 décembre 2022.
La juge des référés,
D. PERFETTINI
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2224876/1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026