jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2225810 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SINGH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 décembre 2022, M. C A, représenté par Me Singh, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour assorti d'une autorisation de travail dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de police de Paris de réexaminer sa situation et de lui remettre une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à verser à Me Singh en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- l'urgence de sa situation est avérée dès lors que la préfecture de police ne lui a pas délivré son titre de séjour mention " vie privée et familiale " et qu'il ne parvient pas à renouveler son autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler qui a expiré le 11 décembre 2022, ce qui le place en situation irrégulière, le prive de toute possibilité de travailler dès lors que l'employeur auprès duquel il était engagé en tant qu'intérimaire depuis le 19 septembre 2022 a refusé de reconduire son contrat et que l'entreprise Engie est dans l'attente de son titre de séjour pour finaliser le contrat à durée indéterminée qui lui a été proposé, qu'il est privé des ressources indispensables pour subvenir à ses besoins essentiels, qu'il risque de se retrouver à la rue ne pouvant plus payer son loyer et qu'il est exposé à un risque d'être placé en rétention administrative ;
- cette situation porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit de travailler, à son droit de mener une vie privée et familiale normale et à son droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants, alors qu'il a droit à un récépissé l'autorisant à travailler en application des articles R. 431-12 et R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le rendez-vous proposé pour le 21 décembre 2022 est tardif dès lors qu'il risque de perdre définitivement son emploi et l'offre d'embauche en contrat à durée indéterminée avec la société Engie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2022, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que M. A est convoqué le 21 décembre 2022 à 9h00 à la préfecture de police en vue de la remise d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
L'affaire a été radiée du rôle de l'audience publique du 15 décembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né le 8 juin 1996, est entré en France en août 2013 à l'âge de dix-sept ans et a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance. Il a bénéficié de plusieurs titres de séjours portant la mention " étudiant " régulièrement renouvelés. Par un courrier du 10 juillet 2020, il a demandé le renouvellement de son titre de séjour, en sollicitant la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Le 11 janvier 2021, le préfet de police lui a délivré une nouvelle carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", révélant ainsi son intention de ne pas lui accorder un titre portant la mention " vie privée et familiale ". Par une ordonnance du 24 mai 2022, le juge des référés a suspendu la décision implicite de refus de titre de séjour et a enjoint au préfet de police de délivrer à M. A une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, qui lui a été remise et renouvelée jusqu'au 11 décembre 2022. M. A a vainement multiplié les démarches pour renouveler son autorisation provisoire de séjour entre le 15 octobre 2022 et le 12 décembre 2022, en tentant d'introduire sa demande sur le site de l'ANEF ou par l'intermédiaire du site internet de la préfecture de police. En l'absence de réponse de la préfecture de police et alors que son autorisation provisoire de séjour a expiré le 11 décembre 2022, ce qui le place dans une situation de précarité administrative et financière dès lors qu'il ne peut signer un contrat à durée indéterminée auprès de l'entreprise Engie et qu'il risque de se retrouver sans ressources, M. A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à titre principal, d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour assorti d'une autorisation de travail dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de police de Paris de réexaminer sa situation et de lui remettre une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte .
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé de M. A il y a lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
4. Il résulte de l'instruction que le préfet de police a convoqué M. A le 21 décembre 2022 à 9h00 dans les locaux de la préfecture de police afin de lui remettre une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail. Il est par ailleurs loisible à l'intéressé de se prévaloir de cette convocation pour un rendez-vous prévu dans un délai de moins d'une semaine à la date de la présente ordonnance auprès, notamment, de l'agence d'intérim qui l'employait et de la société Engie auteur de la promesse d'embauche. Il s'ensuit que les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte de la requête de M. A doivent être regardées comme ayant perdu leur objet et qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
5. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A aux fins d'injonction et d'astreinte.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Singh et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au bureau de l'aide juridictionnelle et au préfet de police de Paris.
Fait à Paris, le 15 décembre 2022.
Le juge des référés,
H. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./9
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026