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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2226028

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2226028

vendredi 27 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2226028
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2e Section - 1re Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantPAPAZIAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Papazian, demande au tribunal d'annuler les arrêtés du 14 décembre 2022 par lesquels le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;

- elles ne sont pas suffisamment motivées ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :

- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle se réfère à un arrêté du préfet du Val d'Oise dont la date est incertaine.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 25 janvier 2023, en présence de Mme Maurice, greffière d'audience, le rapport de M. C, et les observations de Me Papazian, pour M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant bangladais né en 1987, a vu sa demande de protection internationale rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 21 septembre 2020, puis par la Cour nationale du droit d'asile le 18 juin 2021. Par un arrêté du 14 décembre 2021, le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par deux arrêtés du 14 décembre 2022, dont M. A demande l'annulation, le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner en France pendant une durée de douze mois.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-01166 du 3 octobre 2022 régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture de police n° 75-2022-707 du 3 octobre 2022, le préfet de police a donné à Mme E D, attachée de l'administration de l'Etat, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que les arrêtés attaqués auraient été signés par une autorité incompétente doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, les arrêtés attaqués énoncent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit par suite être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, le requérant, qui se borne à faire état de ce qu'il a travaillé quatorze mois en qualité de technicien dans la téléphonie n'établit pas avoir tissé en France des liens tels qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de police a porté à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise.

5. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncées au point précédent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

6. Alors que tant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides que la Cour nationale du droit d'asile ont définitivement rejeté la demande de protection internationale du requérant et que celui-ci ne fait état d'aucun élément particulier au soutien de son moyen, il n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

7. Si la décision portant obligation de quitter le territoire français du préfet du Val d'Oise sur laquelle est fondée la décision d'interdiction de retour sur le territoire français litigieuse a en effet été prise le 14 décembre 2021 et non le 13 janvier 2022, ainsi que l'a mentionné à tort le préfet de police, cette erreur matérielle résulte seulement de ce qu'il a tenu compte de la date de notification et non d'édiction de cet arrêté et reste sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête présentée par M. A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2023.

Le magistrat désigné,

G. CLa greffière,

A. MAURICE

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2226028/2-1

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