vendredi 6 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2226375 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LEBRUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Lebrun, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 21 octobre 2022 par laquelle le préfet de la région d'Ile-de-France a refusé de lui attribuer une " bourse Talents " ;
3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la région d'Ile-de-France de lui attribuer une bourse " talents ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de la région d'Ile-de-France de procéder au réexamen de son dossier, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
5°) de mettre à la charge du préfet de la région d'Ile-de-France le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- l'urgence est caractérisée dès lors que la décision attaquée, en refusant de lui attribuer une bourse, le place dans une situation financière difficile, ce dernier n'ayant aucune ressource, faisant ainsi obstacle à la préparation sereine du concours de l'agrégation de mathématiques ;
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 5 de l'arrêté du 5 août 2021 relatif au régime des bourses Talents ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2023, le préfet de la région d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 20 décembre 2022 sous le numéro 2226376 par laquelle
M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu
-le code de l'éducation,
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 janvier 2023 :
- le rapport de M. Bachoffer, juge des référés ;
- les observations de Me Lebrun pour M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
2. M. A, ressortissant togolais, a obtenu au sein de l'université Pierre et Marie Curie devenue Sorbonne Université, au titre de l'année universitaire 2005/2006, un Master 2 Mathématiques et applications, spécialité Mathématique de la modélisation, puis au titre de l'année universitaire 2006/2007, un Master 2 Mathématiques et applications, spécialité Mathématiques fondamentales. Il a été admis au concours de l'agrégation externe de mathématiques lors de la session de 2016. Toutefois, n'ayant pas la nationalité française, l'intéressé n'a pu accéder au corps des professeurs agrégés. M. A a alors déposé une demande de naturalisation le 2 juin 2022 et a été admis à la préparation à l'agrégation de mathématiques de l'université Paris-Cité le 8 septembre 2022, en vue de présenter le concours une nouvelle fois. Dès lors, l'intéressé a sollicité l'octroi d'une " bourse Talents ", demande rejetée par décision du préfet de la région d'Ile-de-France en date du 21 octobre 2022. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision.
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes des dispositions du premier alinéa de l'article
R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
4. La condition d'urgence à laquelle est subordonnée le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision litigieuse, M. A soutient que le refus du bénéfice d'une " bourse Talents " a pour conséquence de le placer dans une situation financière difficile lors de son année de préparation au concours de l'agrégation, en l'absence de toute autre ressource financière. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que M. A n'a pas été imposé sur les revenus de 2021, ni n'a perçu d'allocation sociale en 2022, ce dernier n'établit pas n'être pas en mesure de cumuler la formation dispensée par l'université Paris-Cité avec un emploi. Il ressort en effet des termes même de la requête que M. A a occupé deux emplois au cours de l'année 2016, année où il a été admis pour la première fois à l'agrégation de mathématiques, en tant que professeur particulier de mathématiques au sein de l'organisme Superprof et enseignant contractuel au sein de l'académie de Créteil. La condition d'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut, dès lors, être regardée comme remplie.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que les conclusions aux fins de suspension présentées par M. A ne peuvent qu'être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A à Me Lebrun
et au préfet de la région d'Ile-de-France.
Fait à Paris le 6 janvier 2023.
Le juge des référés,
B. C
La République mande et ordonne à la ministre, du travail, de l'emploi et de l'insertion ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026