jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2226711 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre - OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | CABINET ANGLADE & PAFUNDI A.A.R.P.I |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrés le 26 décembre 2022 et 31 janvier 2023, le , M. C représenté par Me Pafundi demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du le 12 décembre 2022 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de son éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure accélérée dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté attaqué :
- est entaché de l'incompétence de son signataire ;
- est insuffisamment motivé ;
- méconnait l'article L. 541-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- méconnaît les stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, le préfet de police, représenté par Me Tomasi conclut au rejet de la requête.
Par une décision du 11 janvier 2023 du président du bureau d'aide juridictionnelle M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. D a donné lecture de son rapport et entendu les observations de Me Kalifa susbtituant Me Pafundi, représentant M. C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, de nationalité afghane, né le 20 janvier 2002, est entré en France, selon ses déclarations, le 25 décembre 2021 et y a sollicité une protection internationale. Par une décision du directeur général de l'office français de protection des réfugiés et apatrides du 29 juillet 2022, notifiée le 12 août suivant, sa demande a été rejetée. Le préfet de police au vu de cette situation par son arrêté attaqué a placé M. C dans l'obligation de quitter le territoire français, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris du 11 janvier 2023, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis provisoirement à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 541-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent. ". Aux termes de l'article L. 542-1 de ce code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la demande de protection internationale présenté par M. C a été rejetée par une décision du directeur général de l'OFPRA du 29 juillet 2022, notifiée le 12 août suivant. Dès le 16 août 2022, M. C a déposé une demande d'aide juridictionnelle au bureau d'aide juridictionnelle près la cour nationale du droit d'asile (CNDA) , laquelle demande a eu pour effet de suspendre le délai de recours contentieux d'un mois prévu à l'article L. 532-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette demande a fait l'objet d'une décision d'admission par une décision du 16 septembre 2022 et M. C a introduit devant la CNDA le 13 octobre 2022 un recours contre la décision du directeur général de l'OFPRA, soit dans le délai d'un mois à compter de la date de la décision d'admission dont la date de notification a été nécessairement postérieure. Si le préfet de police, en défense, relève que M. C ne produit pas l'accusé de réception de son recours devant la CNDA, il résulte des mentions portées sur la copie de cette requête, en particulier du rapport de transmission par fax qui y est reproduit, que cette dernière a été réceptionnée à la cour le 13 octobre 2022 à 16 heures 44. Dans ces conditions M. C, qui doit être regardé comme justifiant l'exercice d'un recours devant la CNDA, dont il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas seulement soutenu en défense, qu'il y aurait été statué par une décision notifiée ou lue. M. C est ainsi fondé à soutenir, qu'à la date de l'arrêté attaqué, il disposait du droit de se maintenir en France et ne pouvait pas, légalement, faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 12 décembre 2022 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le jugement qui annule l'arrêté attaqué en raison de la qualité de demandeur d'asile de M. C, qui, en conséquence, dispose du droit de se maintenir en France jusqu'à ce que lui soit notifié par la CNDA une ordonnance ou que soit lue en audience publique une décision par laquelle il aura été statué sur son recours dirigé contre la décision du directeur général de l'OFPRA du 29 juillet 2022, implique nécessairement qu'il soit mis en possession d'un document autorisant son séjour en France. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet de police de délivrer à M. C, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, une autorisation provisoire de séjour valide jusqu'à la date de notification ou de lecture en audience publique d'une décision de la CNDA, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. M C, admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, est représenté par Me Pafundi, qui peut, ainsi, se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros à Me Pafundi, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridique.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. C tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet de police du 12 décembre 2022 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à M. C, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, une autorisation provisoire de séjour valide jusqu'à la date de notification ou de lecture en audience publique d'une décision de la CNDA.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 000 (mille) euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, combinés, à Me Pafundi sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridique.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
Le magistrat désigné,
J.-F. DLa greffière,
S. RAHMOUNI
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026