LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2300603

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2300603

jeudi 2 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2300603
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5e Section - 3e Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantCHAIB HIDOUCI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, transmise le 9 janvier 2023 par le tribunal administratif de Melun et enregistrée le 10 janvier 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 22 février 2023,

M. D E, représenté par Me Chaib Hidouci, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision portant obligation de quitter le territoire français prise par la préfète du Val-de-Marne en date du 29 novembre 2022 ;

2°) d'annuler la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire prise par la préfète du Val-de-Marne en date du 29 novembre 2022 ;

3°) d'annuler la décision fixant le pays de destination prise par la préfète

du Val-de-Marne en date du 29 novembre 2022 ;

4°) d'annuler la décision portant interdiction de retour sur le territoire français prise par la préfète du Val-de-Marne en date du 29 novembre 2022 ;

5°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :

- elles sont illégales en raison de l'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont illégales en raison du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et de la méconnaissance de l'accord franco-algérien ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision constitue une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision constitue une violation de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 ;

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il appartenait à l'administration de la justifier par des motifs propres à sa situation personnelle, compte tenu notamment de l'existence de garanties de représentation ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision est entachée d'illégalité en raison de l'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision du président du Tribunal désignant M. C, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. Ladreyt, magistrat désigné, a présenté son rapport au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 22 février 2023 en présence de M. Ayari, greffier d'audience.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant algérien, né le 25 juillet 1994, est entré en France

le 28 janvier 2019. Il s'est maintenu sur le territoire de façon ininterrompue depuis lors.

Par un arrêté du 29 novembre 2022, notifié le même jour, la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Par la présente requête, M. E demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

2. En premier lieu, M. E fait valoir que l'ensemble des décisions contestées sont illégales en raison de l'incompétence de l'auteur de l'acte. Aux termes de l'article R. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français est le préfet de département et, à Paris, le préfet de police. ". Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractère lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".

3. Or, par un arrêté de délégation de signature de la préfète du Val-de-Marne n°2021/656 en date du 1er mars 2021 et un arrêté de délégation de signature de la préfète

du Val-de-Marne n°2022/02671 en date du 25 juillet 2022, régulièrement publiés au recueil spécial des actes administratifs, et visés dans l'arrêté contesté, la préfète du Val-de-Marne a donné à M. A B, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions. Sa signature est lisible et suffisamment précise. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté.

4. En second lieu, M. E soutient que l'ensemble des décisions contestées sont illégales en raison de l'insuffisance de motivation. Aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

5. Or, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que la préfète du Val-de-Marne n'aurait pas suffisamment motivé les décisions prises à l'encontre de M. E. L'arrêté vise notamment l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et ses avenants, contrairement à ce que soutient le requérant, ainsi que les articles applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les règlements européens sur le système d'information Schengen et sur le code frontières Schengen, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le procès-verbal d'audition du 29 novembre 2022 et les observations formulées par l'intéressé le même jour. L'arrêté indique par la suite que M. E ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français et n'a jamais sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il est célibataire et sans charge de famille, que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas intenses et stables, notamment eu égard à sa date d'entrée en France en janvier 2019, et qu'il ne justifie d'aucune circonstance particulière. L'arrêté contesté contient ainsi l'exposé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par ailleurs, la préfète du Val-de-Marne n'était pas tenue de faire état de tous les éléments relatifs à sa situation personnelle dont elle avait connaissance mais seulement des faits qu'elle jugeait pertinents pour justifier le sens de sa décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions contestées doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. Aux termes de l'article L. 611-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ".

7. En premier lieu, M. E fait valoir que la décision contestée constitue une violation du droit au respect de sa vie privée et familiale. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :

" 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

8. M. E se prévaut d'une ancienneté de sa présence sur le territoire français, faisant valoir qu'il y est entré le 28 janvier 2019, et de son activité professionnelle continue. Toutefois, il ne produit aucune pièce probante de nature à établir l'intensité et la stabilité des liens personnels qu'il aurait noués en France. De plus, M. E est célibataire et sans charge de famille. Il n'établit pas d'avantage être dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la décision contestée n'a pas porté au droit de M. E au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut, par suite, qu'être écarté.

9. En deuxième lieu, M. E soutient que la décision contestée constitue une violation de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968. Il soutient que la décision contestée est illégale en raison du défaut d'examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé et de la méconnaissance de l'article 5 de l'accord franco-algérien.

10. Aux termes de l'article 5 de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens s'établissant en France pour exercer une activité professionnelle autre que salariée reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur justification, selon le cas, qu'ils sont inscrits au registre du commerce ou au registre des métiers ou à un ordre professionnel, un certificat de résidence dans les conditions fixées aux articles 7 et 7 bis. ". Aux termes de l'article 7 du même texte : " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord : / a) Les ressortissants algériens qui justifient de moyens d'existence suffisants et qui prennent l'engagement de n'exercer, en France, aucune activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent après le contrôle médical d'usage un certificat valable un an renouvelable et portant la mention " visiteur " ; / b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ; / c) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent, s'ils justifient l'avoir obtenue, un certificat de résidence valable un an renouvelable et portant la mention de cette activité ; / () e) Les ressortissants algériens autorisés à exercer à titre temporaire, en application de la législation française, une activité salariée chez un employeur déterminé, reçoivent un certificat de résidence portant la mention " travailleur temporaire ", faisant référence à l'autorisation provisoire de travail dont ils bénéficient et de même durée de validité ; () ". Aux termes de l'article 7 bis dudit accord : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient une résidence ininterrompue en France de trois années. () ".

11. Il est constant que les stipulations précitées de l'accord franco algérien ont pour but de faciliter la promotion professionnelle et sociale des travailleurs algériens. Toutefois, l'obtention d'un certificat de résidence au titre de l'activité professionnelle autre que salariée n'est pas de plein droit, mais est conditionnée à la satisfaction par l'intéressé au contrôle médical d'usage, à l'inscription au registre du commerce ou au registre des métiers ou à un ordre professionnel ainsi qu'à l'obtention d'un visa de long séjour. M. E demeure sur le territoire français depuis quatre ans et a exercé plusieurs activités professionnelles depuis

février 2019, en tant que livreur notamment. Il produit aussi un certificat d'inscription au répertoire des entreprises et des établissements (SIRENE) en date du 4 juin 2019, l'activité principale exercée correspondant à " Autre activités de poste et de courrier ". Or, l'obligation de quitter le territoire français a été prise à l'encontre de M. E sur le fondement de l'article L. 611-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit le cas où l'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. M. E ne fournit aucun élément de nature à prouver qu'il aurait effectué des démarches afin d'obtenir un titre de séjour tel que celui visé aux articles susvisés de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968. M. E ne produit pas de pièces permettant d'établir qu'il aurait accès à un titre de séjour de plein droit et de nature à faire obstacle à l'obligation de quitter le territoire français édictée à son encontre. Dès lors, M. E n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Val-de-Marne a fait une inexacte application des stipulations citées ci-dessus de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Il n'est pas non plus fondé à soutenir que la décision serait illégale en raison d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :

12. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ".

13. M. E soutient que la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire est entachée d'illégalité en raison d'un défaut d'examen de la situation personnelle du requérant. Or, une telle décision est conforme aux dispositions précitées.

En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier de M. E justifierait de circonstances particulières liées à sa situation administrative et personnelle, de sorte que la préfète

du Val-de-Marne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation. La circonstance qu'il dispose d'une adresse connue et ne représente pas un trouble à l'ordre public est sans influence sur la légalité de la décision, qui a été prise sur le fondement des dispositions précitées. Ainsi, en l'absence de circonstances particulières liées à sa situation administrative et personnelle, il existe ainsi un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français édictée à son encontre, en application des dispositions susvisées. Dès lors, en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire au motif que l'intéressé présenterait un risque de fuite, la préfète

du Val-de-Marne n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit ou d'appréciation sur la situation de M. E.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

14. Il est constant qu'a été décidé par la préfète du Val-de-Marne que M. E sera éloigné à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout pays dans lequel il est légalement admissible. M. E demande l'annulation de cette décision fixant le pays de destination. Or, il ne soulève aucun moyen de nature à établir que la décision fixant le pays de renvoi serait entachée d'illégalité.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, M. E soutient que la décision est entachée d'illégalité en raison de l'incompétence de l'auteur de l'acte pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français. Par un arrêté de délégation de signature de la préfète du Val-de-Marne n°2021/656 en date du 1er mars 2021 et un arrêté de délégation de signature de la préfète du Val-de-Marne n°2022/02671 en date du 25 juillet 2022, régulièrement publiés au recueil spécial des actes administratifs, la préfète du Val-de-Marne a donné à M. A B, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève l'interdiction de retour sur le territoire français.

Par suite, le moyen tiré de son incompétence pour signer la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est infondé.

16. En second lieu, M. E soutient que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée. Or, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". La décision attaquée vise les textes dont elle fait application, en particulier l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Elle indique en outre, que l'intéressé ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière qui s'opposerait au prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français. Enfin, après avoir indiqué la date d'entrée en France de l'intéressé, la circonstance qu'il est célibataire, sans charge de famille et qu'il ne justifie pas de liens personnels et familiaux intenses et stables, la décision indique que la durée de l'interdiction de retour de deux ans ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au regard de sa vie privée et familiale.

Par suite, la motivation de la décision est suffisante. Dans ces conditions, la préfète

du Val-de-Marne a pu, sans méconnaître les dispositions précitées, prononcer à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'acte attaqué. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D E et à la préfète

du Val-de-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.

Le magistrat désigné,

J-P. CLe greffier,

K. AYARI

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions