jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2300762 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | COLMANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2023, la ville de Paris demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion, sans délai, de la société E, représentée par Me Deslorieux, liquidateur judiciaire, et de M. E et de tout occupant de leur chef, du blockhaus qu'ils occupent sans droit ni titre au 43, avenue du Maréchal Fayolle à Paris (16ème arrondissement), côté Bois de Boulogne ;
2°) d'autoriser la ville de Paris à reprendre immédiatement possession des lieux aux frais, risques et périls des occupants, si besoin est avec le concours d'un serrurier et de la force publique.
EIle soutient que :
- elle est propriétaire du blockhaus ;
- le juge administratif est compétent pour connaître des litiges relatifs à une occupation du domaine public ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'occupation irrégulière des lieux fait obstacle à ce que M. B bénéficiaire d'une convention d'occupation du domaine public régularisée le 30 juin 2021 s'installe et exerce son activité commerciale ;
- la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse, M. E et sa société ne disposent plus d'aucun titre pour occuper légalement le blockhaus, l'autorisation temporaire du domaine public ayant expiré le 30 avril 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2023, M. C E, représenté par Me Colmant, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la ville de Paris la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le blockhaus n'appartient pas au domaine public de la ville de Paris de sorte que seul le juge judiciaire est compétent pour se prononcer sur la régularité de son expulsion ;
- la convention qu'il a conclue avec la ville de Paris peut être requalifiée en bail commercial ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que l'activité projetée par M. B est sans rapport avec l'association qu'il représente et incompatible avec sa forme juridique ;
- la ville de Paris peut lui demander de s'acquitter d'un loyer pour compenser les revenus attendus.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la propriété publique des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Le Roux, vice-présidente de la 4ème section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Roux, juge des référés ;
- les observations de Mme A, représentant la ville de Paris et de Me Colmant, représentant M. E.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes d'une convention d'occupation du domaine public signée le 1er octobre 2015, M. D a été autorisé par la ville de Paris à occuper pour une durée de 5 ans un blockhaus situé 43, avenue du Maréchal Fayolle à Paris (16ème arrondissement), côté Bois de Boulogne. Pour permettre de mener la procédure de mise en concurrence visant à attribuer un titre d'occupation domaniale pour le local dans la perspective de la fin de la convention, un arrêté du 9 février 2021 a autorisé la société D à occuper les lieux du 1er octobre 2020 au 30 avril 2021. La ville de Paris demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et sous astreinte, l'expulsion de la société E, représentée par Me Deslorieux, liquidateur judiciaire et de M. E et de tout occupant de leur chef, du blockhaus qu'ils occupent sans droit ni titre au 43, avenue du Maréchal Fayolle à Paris (16ème arrondissement), côté Bois de Boulogne depuis le 1er mai 2021.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
En ce qui concerne la compétence de la juridiction administrative :
3. Le juge administratif ne peut être saisi d'une requête tendant à la mise en œuvre de l'une des procédures régies par le livre V du code de justice administrative que pour autant que le litige principal auquel se rattache ou est susceptible de se rattacher la mesure d'urgence qu'il lui est demandé de prescrire n'échappe pas manifestement à la compétence de la juridiction administrative. Lorsque le juge administratif est saisi d'une demande tendant à l'expulsion d'un occupant d'une dépendance appartenant à une personne publique, il lui incombe, pour déterminer si la juridiction administrative est compétente pour se prononcer sur ces conclusions, de vérifier que cette dépendance relève du domaine public à la date à laquelle il statue.
4. Le Bois de Boulogne constitue une promenade publique affectée à l'usage public et aménagée à cette fin. Ce parc appartient au domaine public. Le terrain sur lequel est implanté le blockhaus est inclus dans cette promenade publique et fait partie, par voie de conséquence du domaine public de la ville de Paris. Si ce terrain n'a fait lui-même l'objet d'aucun aménagement spécial à destination du public et si la société D n'est investie d'aucune mission de service public, ces circonstances sont sans influence sur son appartenance au domaine public qui résulte, ainsi qu'il vient d'être dit, de son inclusion dans ce domaine.
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'expulsion :
5. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement des dispositions de l'article
L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, à la date à laquelle il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
6. D'une part, il n'est pas contesté que M. E et la société E ne sont plus titulaires d'aucun titre les autorisant à occuper les locaux en litige depuis le 1er mai 2021, date à laquelle est arrivée à échéance l'autorisation d'occupation du domaine public du 9 février 2021, qui ne prévoit aucune clause de reconduction tacite. A cet égard, si M. E soutient que l'autorisation d'occupation du domaine public peut être requalifiée en bail commercial en raison de l'appartenance au domaine privé de la ville de Paris du local en litige, il résulte de ce qui vient d'être dit au point 4 que ce moyen ne peut utilement prospérer. Si M. D soutient que la convention d'occupation du domaine public au bénéfice de M. B, signée le 30 juin 2021, est irrégulière dès lors que l'activité projetée par son bénéficiaire est sans rapport avec l'association qu'il représente et incompatible avec sa forme juridique, ce moyen inopérant ne peut être regardé comme soulevant une contestation sérieuse de la mesure d'expulsion demandée par la ville de Paris. La mesure d'expulsion ne se heurte, dès lors, à aucune contestation sérieuse.
7. D'autre part, le maintien sur les lieux de la société E fait obstacle à ce que
M. B bénéficiaire d'une convention d'occupation du domaine public signée le 30 juin 2021 s'installe et exerce son activité et, ce alors même que ce contrat pourrait faire l'objet d'une annulation par le juge du contrat. Dans ces conditions, tant l'urgence que l'utilité de la mesure d'expulsion demandée par la ville de Paris sont justifiées.
8. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la société E, par Me Deslorieux, liquidateur judiciaire, à M. E et à tout occupant de leur chef, de libérer, sans délai le blockhaus qu'ils occupent sans droit ni titre au 43, avenue du Maréchal Fayolle à Paris (16ème arrondissement), côté Bois de Boulogne.
Sur les conclusions tendant à autoriser la ville de Paris à reprendre immédiatement possession des lieux aux frais, risques et périls des occupants, si besoin est avec le concours de la force publique et d'un serrurier :
9. Il n'entre pas dans l'office du juge administratif d'autoriser la ville de Paris à demander le concours d'un serrurier ou de la force publique pour l'exécution du présent jugement. Les conclusions présentées par la ville de Paris doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de cet article font obstacle à ce qu'il soit fait droit à la demande de
M. D présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la société E, représentée par Me Deslorieux, liquidateur judiciaire, à M. E et à tout occupant de leur chef, de libérer, sans délai le blockhaus qu'ils occupent sans droit ni titre au 43, avenue du Maréchal Fayolle à Paris (16ème arrondissement), côté Bois de Boulogne.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la ville de Paris est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la ville de Paris, à la société E représentée par Me Deslorieux, liquidateur judiciaire et à M. E.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
Le juge des référés,
M-O. LE ROUX La greffière,
E. MOUCHON
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, chacun en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026