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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2300802

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2300802

lundi 6 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2300802
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCHRETIEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2023, Mme C D B, épouse A, représentée par Me Chrétien, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner la suspension de la décision en date du 15 décembre 2022 par laquelle le préfet de police de Paris a refusé de renouveler sa carte de séjour ;

3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, une carte de séjour " vie privée et familiale " et de lui remettre, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, et ce dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de police d'examiner de nouveau sa demande de renouvellement de carte de séjour " vie privée et familiale ", et ce dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui remettre, dans cette attente, une autorisation de séjour l'autorisant à travailler, et ce dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 600 euros hors taxes à verser à son avocat au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, lequel renoncera à percevoir la part contributive de l'Etat, ou à verser à la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative si le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui est pas accordé.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- cette condition est présumée remplie dès lors que la décision de refus d'un renouvellement de titre de séjour l'empêche de séjourner sur le territoire national, ce qui l'expose à un éloignement, d'une part, l'empêche de travailler, d'autre part.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- l'auteur de la décision est incompétent ;

- la décision est entachée d'un défaut de base légale ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- en refusant de lui délivrer le récépissé afférent à la première demande de titre de séjour, tandis que son dossier était complet, le préfet de police a méconnu l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;

- elle méconnaît l'article L. 432-2 et suivants du CESEDA ;

- elle méconnaît l'article 3.1 de la Convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2023, le préfet de police conclut à un non-lieu à statuer.

Il fait valoir que Mme D B sera convoquée le 30 janvier 2023 en vue de réexaminer sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Par un mémoire enregistré le 19 janvier 2023, Mme D B maintient les demandes présentées dans sa requête introductive d'instance. Elle fait valoir, d'une part, que le préfet de police ne précise pas que le récépissé qui lui sera délivré lors de son passage en préfecture l'autorisera à travailler, d'autre part, qu'elle sollicite à titre principal la délivrance d'un titre de séjour et non le seul réexamen de sa situation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête, enregistrée le 12 janvier 2023 sous le numéro 2300803, par laquelle Mme D B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rohmer, vice-président de section, pour statuer sur les demandes en référé.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 23 janvier 2023 en présence de Mme Parewyck, greffière d'audience :

- le rapport de M. Rohmer, juge des référés ;

- les observations de Me Chrétien, pour Mme D B, qui reprend et développe les éléments de sa requête et de son mémoire ;

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D B, ressortissante congolaise née le 25 décembre 1989 à Kinshasa, a bénéficié d'un visa long séjour " conjoint de français " lors son arrivée en France, en 2021. Le 1er juillet 2022, elle a déposé, auprès de la préfecture, une demande de renouvellement de titre de séjour " vie privée et familiale ". Le 15 décembre 2022, la préfecture lui a envoyé un courriel dans lequel il est indiqué que sa demande " a été classée sans suite " car les éléments communiqués ne permettent pas de donner une suite favorable à sa demande. Mme D B n'ayant pas obtenu satisfaction concernant le renouvellement exigé, elle demande, en conséquence, au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision en date du 15 décembre 2022 portant classement sans suite de sa demande tendant à renouveler son titre de séjour.

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de Mme D B.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

4. Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2023, le préfet de police indique que Mme D B a été convoquée le lundi 30 janvier 2023, à 9 h 20, en vue de réexaminer sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le préfet de police doit ainsi être regardé comme ayant retiré sa décision du 15 décembre 2022 portant classement sans suite de la demande présentée par l'intéressée. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requérante présentées aux fins de suspension et d'injonction sont devenues sans objet et qu'il n'y a, en conséquence, plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés à l'instance :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme D B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme D B, épouse A est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte présentées par Mme D B, épouse A.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D B, épouse A, à Me Chrétien et au préfet de police de Paris.

Fait à Paris, le 6 février 2023.

Le juge des référés

B. ROHMER

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./1

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