jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2301452 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PUILLANDRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires enregistrés les 20 et 24 janvier et le 20 juin 2023, M. B A, représenté par Me Puillandre, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'arrêté du 4 novembre 2022 par lequel le préfet de police a fixé le pays à destination duquel il pourra être expulsé ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Puillandre au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ; l'arrêté lui a mal été notifié, il méconnaît les stipulations des articles 3, 8 et 9 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Des pièces complémentaires, enregistrées les 1er et le 3 juillet 2023, ont été produites par le préfet de police.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2224171 enregistrée le 23 novembre 2022 par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté contesté.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Viard, présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 3 juillet 2023 en présence de Mme Iannizzi, greffière d'audience, Mme Viard a lu son rapport et entendu :
- les observations de M. A,
- les observations de Me Dussault, représentant du préfet de police.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant vietnamien entré sur le territoire français le 13 février 1981, selon ses déclarations, a fait l'objet d'un arrêté en date du 5 janvier 1987 par lequel le ministre de l'intérieur l'a expulsé du territoire français. Par un arrêté en date du 4 novembre 2022, le préfet de police a fixé le pays à destination duquel il pourra être expulsé, à savoir le Vietnam. M. A demande la suspension de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 4 novembre 2022 :
3. M. A soutient qu'il possède la qualité de réfugié et ne peut être reconduit vers son pays d'origine, à savoir le Vietnam, dès lors que cela l'exposerait à des persécutions eu égard, notamment, à ses opinions politiques. Il ressort en effet des pièces du dossier que M. A a bénéficié, par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 30 juillet 1981, du statut de réfugié. Si, par une décision en date du 28 juillet 2021, l'OFPRA lui a retiré le bénéfice du statut de réfugié en application des dispositions de l'article L. 511-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce dernier est réputé avoir conservé la qualité de réfugié. En outre, il ressort de la fiche Telemofpra, non contestée en défense et dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que cette décision portant retrait du bénéfice de son statut de réfugié mentionnait le Vietnam comme " pays exclu ". Aussi, ce pays ne pouvait être au nombre de ceux vers lesquels le préfet de police pouvait légalement ordonner l'expulsion de M. A. Par suite, le moyen tiré d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle du requérant parait propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en date du 4 novembre 2022 par lequel le préfet de police a fixé le pays à destination duquel M. A pourra être expulsé, à savoir le Vietnam.
En ce qui concerne l'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté en date du 5 janvier 1987, M. A a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion et que, par arrêté en date du 4 novembre 2022, le pays à destination duquel M. A sera expulsé a été fixé. Aussi le préfet de police peut exécuter, à tout moment, la mesure d'expulsion précitée. Par suite, le requérant justifie d'une situation d'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 4 novembre 2022 par lequel le préfet de police a fixé le pays à destination duquel M. A pourra être expulsé, à savoir le Vietnam.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit à la demande de M. A tendant au remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1 : L'exécution de l'arrêté en date du 4 novembre 2022 par lequel le préfet de police a fixé le pays à destination duquel M. A pourra être expulsé est suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au préfet de police et à Me Puillandre.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La juge des référés,
M.-P. Viard
La greffière,
J. Iannizzi
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement./4-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026