jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2301643 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FALALA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2023, Mme H D et M. I F, représentés par Me Joory, agissant tant en leur nom propre qu'au nom de leurs enfants mineurs, les jeunes C F et B, A, E F, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, de les prendre en charge, ainsi que leurs enfants, dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence et d'assurer leur accompagnement social, sans délai, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition relative à l'urgence est remplie, dès lors qu'ils sont sans domicile depuis le mois de décembre 2022, ce qui génère un risque pour leur santé et leur sécurité, notamment pour leurs deux enfants mineurs, malgré leurs tentatives sur la plateforme d'urgence sociale (115).
- la carence de l'administration à leur proposer un logement, porte une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales, que constituent le droit à l'hébergement d'urgence, le droit à la vie et à la protection de la santé, le droit de ne pas être soumis à un traitement inhumain et dégradant et, enfin, l'intérêt supérieur de leurs enfants mineurs, respectivement âgés de 3 et 1 an et demi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2023, le préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucune carence constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ne peut être reprochée à l'Etat compte tenu, d'une part, de la saturation du dispositif régional d'hébergement d'urgence alors même que l'Etat a mis en place des moyens structurels très importants et d'autre part, de ce que les requérants n'appellent le 115 que depuis décembre 2022 et que l'absence de satisfaction des demandes d'hébergement tient à la circonstance qu'il existe des familles en situation de détresse encore plus grande.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bachoffer, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 26 janvier 2023.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Koltcheva, greffière d'audience, M. G a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Joory, représentant Mme D, M. F et leurs enfants ;
- les observations de Me Gorse pour le cabinet Falala, représentant le préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
2. Aux termes de l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles : " Dans chaque département est mis en place, sous l'autorité du représentant de l'Etat, un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu'appelle leur état. Cette orientation est assurée par un service intégré d'accueil et d'orientation () ". L'article L. 345-2-2 de ce code dispose que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. () ". Aux termes de l'article L. 345-2-3 du même code : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation ".
3. Il appartient aux autorités de l'Etat, sur le fondement des dispositions précitées, de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique ou sociale. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission peut faire apparaître, pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour la personne intéressée. Il incombe au juge des référés d'apprécier dans chaque cas les diligences accomplies par l'administration en tenant compte des moyens dont elle dispose ainsi que de l'âge, de l'état de la santé et de la situation de famille des ou de la personne intéressée.
4. Il résulte de l'instruction que Mme D, ressortissante ivoirienne, née le 30 août 1998, bénéficie du statut de réfugiée depuis le 21 février 2022. Son compagnon, M. F, ressortissant ivoirien né le 27 août 1989, a sollicité le 31 octobre 2022 une carte de séjour en qualité de famille de réfugiée. Les requérants et leurs deux enfants, âgés de trois ans et d'un an et demi, sont sans abri. Depuis le 31 mai 2021, ils appelaient le 115 pour obtenir un hébergement : il a été fait droit à leurs demandes, du 2 au 30 juin 2021, du 1er au 5 juillet 2021, du 12 juillet au 27 septembre 2021, du 25 octobre au 1er décembre 2021. A partir de cette date, les requérants soutiennent que jusqu'au mois de décembre 2022, ils étaient hébergés par une personne contre un service de ménage effectué par Mme D, mais que depuis décembre 2022, ils ne disposent d'aucune aide familiale ou autre pouvant les accueillir même provisoirement. Dans ces conditions, compte tenu du très jeune âge de leurs enfants et des conditions climatiques actuelles, les requérants se trouvent, avec leurs enfants, dans une situation de détresse sociale au sens des dispositions précitées de l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles. Ils justifient, dès lors, d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5.Toutefois, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, fait état de la saturation du dispositif d'hébergement d'urgence dans la région d'Ile-de-France et rappelle, sans être utilement contredit, que les moyens structurels, saturés malgré leur importance, mis en place par l'Etat en région Ile-de-France, conduisent à l'hébergement d'urgence de plus de 100 000 personnes chaque jour. Ces moyens ont encore été temporairement accrus, notamment d'environ 400 places depuis le 12 décembre 2022 avec la mise en œuvre du plan grand froid. Ainsi, pour le seul territoire de Paris, dans la journée du 18 janvier 2023, 915 personnes ont vu leur demande d'hébergement rejetée dont 696 personnes en situation de famille avec enfants (dont 325 mineurs) représentant 215 familles différentes. Compte tenu des moyens dont dispose le préfet d'Ile de France et au vu du caractère récent des demandes des requérants dont la plus ancienne remonte à moins de trois semaines, l'absence de proposition d'hébergement ne peut en l'espèce être regardée comme constituant une carence caractérisée de la part des services de l'Etat constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. La requête de Mme D et M. F doit ainsi être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme D et M. F est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme H D, à M. I F et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie en sera adressée au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris.
Fait à Paris le 26 janvier 2023.
Le juge des référés,
B. R. G
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026