mercredi 19 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2301904 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | MAILLARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 janvier 2023 et le 22 mars 2023, Mme A H C, représentée par Me Maillard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2020 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera reconduite ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation administrative dans un délai de quinze jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Maillard, son conseil, au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle, ou, si sa demande d'aide juridictionnelle devait être rejetée, de lui verser cette somme, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de délivrance de titre de séjour :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de production de l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration et dès lors que celui-ci n'a pas été pris au terme d'une délibération collégiale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tiré dès lors que le préfet de police s'est cru en situation de compétence liée au regard de l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 311-12 et L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard aux conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, à titre principal, que la requête est tardive et, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative au droit de l'enfant,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante ivoirienne née le 14 avril 1984, entrée en France le 8 septembre 2016, a sollicité le 30 janvier 2020 le renouvellement de son titre de séjour, sur le fondement des articles L. 311-12 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur. Par l'arrêté du 11 mars 2020, le préfet de police a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2020-0102 du 28 décembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de police a donné délégation à Mme F E pour signer tout acte, arrêté et décision nécessaire à l'exercice des missions de la direction de la police générale, parmi lesquelles figure la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il résulte des visas de l'arrêté attaqué que le préfet de police a indiqué les dispositions législatives qui constituaient le fondement légal du rejet de la demande de titre de séjour de la requérante. En outre, il ressort des motifs du même arrêté que le préfet s'est livré à un examen complet de la situation de Mme C avant de statuer sur sa demande. Dès lors, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen sont infondés et doivent être écartés.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : / () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article L. 311-12 dudit code, alors en vigueur : " Sauf si leur présence constitue une menace pour l'ordre public, une autorisation provisoire de séjour est délivrée aux parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions mentionnées au 11° de l'article L. 313-11, ou à l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. / L'autorisation provisoire de séjour mentionnée au premier alinéa, qui ne peut être d'une durée supérieure à six mois, est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues au 11° de l'article L. 313-11. Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites ".
5. Aux termes de l'article R. 313-22 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Pour l'application du 11° de l'article L. 313-11, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". L'article R. 313-23 du même code prévoyait que : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 313-22 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (). Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / () Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'office. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / () L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ".
6. Il résulte des dispositions précitées aux points 4 et 5 qu'il appartient à l'autorité administrative de se prononcer sur la demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade ou d'autorisation provisoire de séjour délivrée aux parents étrangers d'un mineur malade au vu de l'avis émis par un collège de médecins nommés par le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Préalablement à l'avis rendu par ce collège d'experts, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'intéressé et établi par un médecin instructeur, doit lui être transmis. Enfin, le médecin instructeur à l'origine de ce rapport médical ne doit pas siéger au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet.
7. En l'espèce, il ressort de l'attestation du directeur général de l'OFII, en date du
18 juin 2019, que le rapport médical a été rédigé le 2 avril 2019 et transmis le 5 avril 2019 par le Dr G, tandis que le collège ayant émis le 18 juin 2018 un avis sur la situation du requérant était composé des Dr B, Mettais-Cartier et Amoussou, désignés par le directeur général de l'OFII. En outre, aucun élément du dossier ne permet de remettre en cause la régularité de la procédure collégiale ni l'authenticité des signatures figurant sur l'avis précité, alors que Mme C n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations sur ce point. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
8. En quatrième lieu, la circonstance que la décision contestée mentionne le contenu de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'est pas de nature à établir que le préfet de police se serait considéré en situation de compétence liée par cet avis.
9. En cinquième lieu, pour refuser de délivrer une autorisation provisoire de séjour à Mme C, le préfet de police a estimé, suivant en cela l'avis du collège des médecins de l'OFII, que si l'état de santé de sa fille nécessite une prise en charge médicale dont le défaut est susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressée peut bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Pour contester l'appréciation du préfet de police, Mme C fait valoir que sa fille, née en 2014, souffre d'une malformation congénitale de la région cervico-faciale, laquelle nécessite un suivi régulier qui n'est pas disponible dans son pays d'origine. Toutefois, si Mme C produit pour en justifier un certificat médical, établi postérieurement à la décision attaquée, le 16 octobre 2020 par un praticien du service de chirurgie maxillo-faciale et chirurgie plastique de l'hôpital Necker à Paris qui mentionne une " absence de prise en charge satisfaisante dans son pays " ainsi qu'une décision de la MDPH de Paris reconnaissant à la jeune fille un taux d'incapacité compris entre 50 et 79%, ces documents, par leur absence de précision, ne sauraient suffire à remettre en cause l'appréciation portée par le préfet de police selon laquelle elle pourra bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Par suite,
Mme C n'est pas fondée à soutenir que le préfet de police a méconnu les dispositions des articles L. 313-11 11° et L. 313-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () " et aux termes des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur des enfants doit être une considération primordiale ".
11. Pour soutenir que la décision attaquée porterait atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaîtrait l'intérêt supérieur de ses enfants, Mme C fait valoir qu'elle est entrée en France en septembre 2016 et y réside continuellement depuis cette date et qu'elle vit avec sa fille née en 2014 et scolarisée depuis la rentrée scolaire 2017 et son fils né en 2019. Toutefois, la circonstance que sa fille soit scolarisée et que son fils soit né en France ne caractérise pas l'existence d'attaches personnelles sur le territoire français alors, au demeurant, qu'il n'est pas établi ni même soutenu que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer dans le pays d'origine de la requérante. Par ailleurs, elle n'établit pas, en l'absence de pièces, son intégration et ses attaches en France, ni être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-deux ans. Enfin, ainsi qu'il a été dit précédemment, Mme C n'établit pas que sa fille ne pourrait pas bénéficier d'un suivi médical approprié à son état de santé en Côte d'Ivoire. Dans ces conditions, alors même que l'intéressée a exercé une activité professionnelle dans le secteur de la restauration pendant deux ans et demi, le préfet de police a pu sans commettre d'erreur d'appréciation estimer que la décision contestée ne portait pas au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, la décision contestée n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle n'a pas davantage méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Pour les mêmes motifs, le préfet de police n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. ()".
13. Si Mme C se prévaut de sa durée de séjour sur le territoire français, de son insertion professionnelle et de la nécessité pour sa fille de bénéficier d'un suivi médical en France, une durée de présence de trois ans et demi à la date de la décision attaquée ne constitue pas, par elle-même, une circonstance exceptionnelle d'admission au séjour. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit précédemment, l'intéressée n'établit ni la stabilité et l'intensité de sa vie privée et familiale en France ni l'absence d'accès effectif à un suivi médical pour sa fille dans son pays d'origine. En outre, si la requérante justifie d'une activité en qualité d'employée de restauration de juillet 2018 à janvier 2021, cette expérience professionnelle, par sa durée et par les caractéristiques de cet emploi, ne constitue pas un motif de nature à permettre son admission exceptionnelle au séjour. Ainsi, eu égard, tant à l'absence d'insertion professionnelle de Mme C qu'à sa situation privée et familiale, le préfet de police n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa situation ne relevait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels d'admission au séjour au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas entachée d'illégalité, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence.
15. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux précédemment énoncés au point 11, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
16. Aux termes du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de la décision attaquée : " L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ".
17. Mme C, qui se borne à se prévaloir de ses liens sociaux et familiaux en France et de l'existence d'un suivi médical pour sa fille pour soutenir qu'elle aurait dû bénéficier d'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours, ne justifie d'aucune circonstance particulière relative à sa situation personnelle qui justifierait une prolongation du délai de départ volontaire. En particulier, l'intéressée, qui est célibataire, n'établit pas, ainsi qu'il a été dit précédemment, que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer dans son pays d'origine ni que sa fille ne pourrait pas y bénéficier d'un suivi médical approprié à son état de santé. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police aurait, dans les circonstances de l'espèce, commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation en n'accordant pas à Mme C un délai de départ volontaire supérieur à trente jours.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
18. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, Mme C n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée par voie de conséquence.
19. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de police en défense, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 11 mars 2020 doivent être rejetées. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles relatives aux frais du litige doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article : Le présent jugement sera notifié à Mme A H C, à Me Maillard et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
M. Guiader, premier conseiller,
M. Lenoir, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2023.
Le rapporteur,
V. D Le président,
B. ROHMER
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. /1-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026